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Une prière à la mer, Khaled Hosseini (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel 29.04.19 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Albin Michel, Récits

Une prière à la mer, septembre 2018, ill. Dam Williams, 48 pages, 12 €

Ecrivain(s): Khaled Hosseini Edition: Albin Michel

Une prière à la mer, Khaled Hosseini (par Tawfiq Belfadel)

 

Hommage aux migrants morts en mer

Un père syrien quitte son pays à bord d’une barque, portant son enfant Marwan dans les bras. Le père soliloque. D’une part, il évoque les beaux souvenirs de Homs : la ferme, les souks et ruelles animés, les gens chaleureux de différentes religions… La ville était un paradis.

« Si seulement tu avais de Homs le même souvenir que moi, Marwan. Dans les rues animées de la vieille ville, il y avait une mosquée pour nous autres musulmans, une église pour nos voisins chrétiens, ainsi qu’un vaste souk ou nous nous mêlions tous afin de marchander des pendentifs en or, des produits frais et des robes de mariée ».

D’autre part, il évoque les images noires dues le la guerre : les bombardements, les décombres, le sang… La ville devient un enfer. Ainsi, le père choisit la mer pour fuir la guerre et trouver un foyer ailleurs.

« Ta mère est ici ce soir, Marwan, avec nous sur cette plage froide baignée par le clair de lune, au milieu des bébés en pleurs et des femmes qui s’inquiètent dans les langues que nous ne comprenons pas. (…) Nous sommes tous impatients de voir le soleil se lever, et tous effrayés aussi, tous en quête d’un foyer ».

Marwan dans les bras, le père prie la mer de protéger son enfant. En attendant d’atteindre un ailleurs ensoleillé.

Le récit est illustré. Les peintures de Dan Williams, mêlant lumière et obscurité, donnent plus de beauté et de profondeur au texte de Khaled Hosseini. Ce qui n’est pas dit par des mots, est dit par des couleurs.

L’auteur s’inspire, comme il le révèle lui-même à la fin du récit, d’une histoire vraie. Celle d’Alan (dit Alyan aussi), un enfant syrien d’origine kurde mort à l’âge de trois ans en mer, en 2015. Son cadavre a été rejeté par les vagues sur une plage turque, sa photo a fait le tour du monde et secoué l’humanité. Des mois après, des milliers de migrants dont des Syriens de différentes origines, ont subi le même malheur qu’Alan.

Le livre est dédié « aux milliers de refugiés morts en mer en fuyant la guerre et les persécutions ».

Le texte est bref. L’écriture est nourrie de poésie et de métaphores. C’est un récit où cohabitent la laideur et la beauté, le mal et l’espoir. En s’inspirant d’une histoire réelle, Khaled Hosseini fustige la guerre et rend hommage aux réfugiés engloutis par la mer. Une belle lettre ouverte à l’humanité !

 

Tawfiq Belfadel

 


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A propos de l'écrivain

Khaled Hosseini

 

Né en 1965 à Kaboul, Khaled Hosseini est un auteur américain d’origine afghane. Il a écrit Les Cerfs-volants de Kaboul (Belfond, 2005), Mille soleils splendides (Belfond, 2007), Ainsi résonne l’écho infini des montagnes (Belfond, 2013). En 2006, il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

 

A propos du rédacteur

Tawfiq Belfadel

 

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Jeune écrivain algérien de langue française, auteur de Kaddour le facebookiste (éd. Edilivre). A suivi des études de Lettres à l’université de Mostaganem.