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Un notaire peu ordinaire, Yves Ravey

04.04.13 dans La Une Livres, Recensions, Les Livres, Roman, Les éditions de Minuit

Un notaire peu ordinaire, 2013, 112 pages, 12 €

Ecrivain(s): Yves Ravey Edition: Les éditions de Minuit

Un notaire peu ordinaire, Yves Ravey

 

S’il y a des quatrièmes de couverture édifiantes, c’est bien celles des éditions de Minuit. « Madame Rebernak ne veut pas revoir son cousin Freddy à sa sortie de prison. Elle craint qu’il ne s’en prenne à sa fille Clémence. C’est pourquoi elle décide d’en parler à maître Montussaint, le notaire qui lui a déjà rendu bien des services ». Ici, inutile de manier les mots mystère, inquiétude, énigme, ce serait aussitôt les saborder.

Comme l’absurde de l’excès s’était insidieusement et progressivement invité dans les pages de Monparnasse reçoit – un précédent livre d’Yves Ravey dont les scènes restent des années en mémoire – c’est le cousin de Madame Rebernak, Freddy, donc, qui s’invite chez cette dernière à sa sortie de prison. Inutile de dire que cette visite ne fait pas plaisir à Madame Rebernak, qui voit en ce cousin plutôt le gros moustique que le sang commun.

Pourtant, Freddy a purgé ses quinze ans de prison pour le viol de la petite Sonia ; pourtant, il suscite la sympathie des gendarmes ; pourtant, il semble passer ses journées à pêcher tranquillement au bord de la rivière. Rien à faire : Madame Rebernak, qui est sa seule famille, refusera de l’héberger. Elle craint, à bon droit, pour sa fille Clémence.

Clémence aime bien lire au bord de la rivière où pêche aussi son cousin (c’est qu’il n’y a pas non plus mille points d’eau). Madame Rebernak les espionne. Ce soir, Clémence doit aller à la soirée de son petit ami, Paul. Mais sa mère craint pour sa vie, elle veut la surveiller. Elle aimerait s’en ouvrir au notaire, maître Montussaint, qui est aussi le père de Paul. Est-il le mieux à même de l’aider ? Le problème, avec les gens qui « rendent bien des services », c’est que la plupart en demandent contreparties.

Dans ce petit roman, Yves Ravey parvient simultanément à peindre quelques beaux tableaux, et à nous faire trembler de crainte et d’indignation. Un texte concis qui pourtant parvient à déployer un grondement sourd, comme dans Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier. Et qui donne foi en la rédemption.

 

Clément Bénech


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A propos de l'écrivain

Yves Ravey

 

Yves Ravey est professeur d’arts plastiques et de français au collège Stendhal de Besançon. La plupart de ses livres ont été publiés aux éditions de Minuit.