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Thomas Kelly, le virtuose romancier des « bâtisseurs » de New York

le 01.04.15 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Thomas Kelly, le virtuose romancier des « bâtisseurs » de New York

 

« Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères […] bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité ».

Colum McCann, Les saisons de la nuit

 

« En découvrant des immeubles plus grands que tous ceux qu’il avait pu admirer à Memphis […], et aussi des rues grouillant de voitures et de passants, Luther se dit qu’un siècle au moins aurait dû être nécessaire pour bâtir un endroit pareil, sauf que ce pays n’avait décidément plus le temps d’attendre, plus la moindre envie ni d’ailleurs la moindre raison de patienter ».

Dennis Lehane, Un pays à l’aube

 

« Thomas Kelly a écrit le Grand Roman New-Yorkais » : l’affirmation est du romancier T.J. English (1) à propos de Metropolis, dernier roman de Thomas Kelly (inédit en France), en référence au fameux « Grand Roman Américain ».

Sauf que… qui est Thomas Kelly ? Quasiment inconnu chez nous (où son premier roman a été publié il y a plus de dix ans…), aucun média francophone ne s’est encore donné la peine d’interviewer cet écrivain. Et c’est bien dommage.

Son univers ? Quelque part entre Emile Zola, Dennis Lehane, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, Martin Scorsese et James Gray.

Pas moins.

Muni de tout ce qui fait un chef-d’œuvre – profondeur narrative et psychologique, connaissances historiques impressionnantes, dialogues qui font mouche, sens du rythme, un point de vue sans concession sur le monde qui le rapproche autant de Cormac McCarthy – « Je crois fermement aux enseignements de l’histoire, Paddy, et ceux qui l’oublient sont condamnés à la répéter (2) » – que de Dennis Lehane – « Les gens ne veulent pas la vérité, ils veulent une certitude (3) » –, de l’humanisme, de l’humour et, enfin, une peinture du monde ouvrier criante de vérité –, Kelly raconte avec maestria la Grosse Pomme.

New-yorkais d’ascendance irlandaise, Thomas Kelly, c’est trois romans pour trois époques : Le ventre de New York et les années 1980 sous l’ère Reagan ; Rackets pour l’après-Reagan ; les années 1930 et la construction de l’Empire State Building dans Les bâtisseurs de l’empire. Trois histoires, mais une même ville et des thématiques communes : le milieu ouvrier, la diaspora irlandaise, les luttes syndicales, l’emprise du crime organisé (impliquant les mafias irlandaise, italienne et russe).

« Personne ne se souvenait d’avoir vu autant de grues s’activer dans le ciel new-yorkais. Partout où portait le regard, les énormes structures métalliques oscillaient au-dessus de la ville tels des animaux préhistoriques, hissant bois et acier, béton et briques. […] Le vacarme et les cris des chantiers de construction retentissaient partout. New-York était redevenue une ville en plein essor ».


Pour avoir écumé un nombre impressionnant de boulots comme tout bon romancier qui se respecte – ouvrier sur des chantiers, chauffeur de camion, membre du syndicat des ouvriers des tunnels, auteur de discours et préparateur de campagne pour deux Maires de la ville, consultant auprès de la police de New-York, journaliste, scénariste… – décrochant au passage deux diplômes (licence d’économie politique à Fordham, master en droit public de… Harvard), son expérience est donc palpable lorsqu’il raconte les bas-fonds de l’histoire de la ville, surtout du point de vue de ceux dont « les mains ont bâti l’Amérique » pour reprendre le titre de la chanson du groupe U2 (4).

Une œuvre tour à tour violente, drôle, épique, poignante, « trash », magnifique, fouillée… bref passionnante, irriguée de ce bon vieux sang irlandais qui donne à l’ensemble une saveur aussi singulière qu’attachante.

Le ventre de New York (Payback en version originale (5), premier de la série, mêle habilement polar et roman noir. L’histoire : Paddy Adare et son frère, Billy, ont tous deux été élevés dans un quartier ouvrier du Bronx. Alors que Billy est resté en contact avec la famille et a suivi un chemin exemplaire tout en restant vivre avec son grand-père, Paddy, lui, a tracé une voie plus bringuebalante et grandi auprès de son oncle avant de devenir le bras armé d’un chef de gang irlandais, rompant peu à peu les liens avec sa famille, notamment son frère afin de lui épargner les « dommages » liés à ses « activités ».

Roman noir oblige, le destin va les réunir : pour financer ses études de Droit, Billy commence en effet à travailler dans les tunnels destinés à alimenter la ville en eau potable, tunnels gérés par la tentaculaire Harkness & Compagnie, machine à engranger de l’argent (sale) au sein de laquelle Paddy, son frère, fait en sorte qu’il n’y ait pas de grabuge…

« Le puits s’obscurcissait au fur et à mesure qu’ils descendaient et laissaient derrière eux les lumières de la surface. […] La plate-forme atteignit le fond du puits et s’immobilisa. Billy resta un instant sans bouger à regarder le tunnel creusé à la dynamite à travers les soubassements millénaires de Manhattan. Il se trouvait à deux cent cinquante mètres en dessous de la ville ».

Les superbes descriptions du monde ouvrier font évidemment penser à Germinal, de notre Zola national, mais aussi au fabuleux Les saisons de la nuit de Colum McCann (6). Quant aux liens du sang, mis en péril par les destins de deux frères que tout oppose et entraînés dans une spirale, leurs atours shakespeariens (La famille ? Ma famille tout entière, elle est là, dit-il en pointant le doigt sur son frère), font écho aux chefs d’œuvre Little OdessaThe Yards, et La nuit nous appartient, tous réalisés par James Gray, tous situés à New-York. Et tous inspirés de Shakespeare.

Dans ce prenant croisement d’histoires, le lecteur est ainsi ballotté entre deux frères qui se retrouvent à un moment-clé de leur existence, des malfrats qui jouent les informateurs auprès du FBI (on pense au film Les Infiltrés de Martin Scorsese), enquêteurs qui eux-mêmes cherchent à démanteler le réseau d’entreprises du bâtiment aux mains de la mafia, tandis que des gros bras sont payés pour semer la zizanie dans les tunnels.

En filigrane, c’est toute une atmosphère « underground » qui est génialement dépeinte, celle des faux-semblants et autres basses œuvres.

« Vito pouvait presque palper les marchés qui se concluaient là. Avocats, membres de groupes de pression, hommes d’affaires et représentants de l’Administration, tous étaient présents pour la même raison. L’argent ».

Un monde souterrain dont la narration dresse le portrait d’une ville, d’une nation, d’une époque, à mille lieues des discours et mythes « Made in America » (« quand on veut on peut », etc.) déversés à foison depuis des décennies. Kelly balaie ces inepties du revers de sa plume et raconte une « certaine Amérique », celle « d’en bas », décimée par l’idéologie ultralibérale de Ronald Reagan (Quand les ventres grondent, la colère aussi), acteur devenu Président pour qui le billet vert orné du visage d’un des « Pères Fondateurs » (7) était, quitte à protéger les plus riches, le seul Graal. Un Président, ce n’est pas un hasard, cité en exemple par feu Tom Clancy, auteur de romans d’action suintant d’omnipuissance américaine et qui lui dédiera l’un de ces romans, le désignant comme « l’homme qui a gagné la guerre »… (8)

Bien plus modeste et humaniste que Clancy et Reagan, l’écriture de Kelly, grâce à ses descriptions et dialogues ancrés dans l’âpre réalité des pavés de l’Amérique urbaine et des sous-sols de New-York, est particulièrement percutante. En cela, l’auteur est parfaitement comparable à l’impressionnant Né sous les coups du britannique Martyn Waites : à travers trois personnages, ce roman publié en 2013 et inspiré des émeutes d’Orgreave, scrute, des années 1980 aux années 2000, les ravages de la politique menée en Grande-Bretagne par l’alter-ego féminin de Ronald Reagan, Margaret « Miss Maggie » Thatcher (9).

« – […] Tu sais parfaitement que ce qui me rend malade, c’est le nombre de gens du coin qui ont voté pour cet abruti.

– Ils se poignardent eux-mêmes dans le dos. Il y a des gens qui ont besoin de croire qu’on leur raconte des choses vraies alors qu’ils savent bien qu’elles ne sont pas vraies. Ça leur rend la vie un peu plus facile à vivre ».

Deuxième volet, le bien-nommé Rackets (10) est le plus virulent des trois, dans la mesure où Kelly concentre son histoire sur les violentes bisbilles politiques. Situé à des années-lumière de la chaleur et de l’optimisme imprégnant la magistrale série danoise Borgen, le roman a plutôt des allures de House of CardsBoardwalk Empire ou de la série française Les hommes de l’ombre, le tout transposé dans les années post-Reagan et mâtiné de zestes de John le Carré, pour ses répliques saillantes et sa plongée nauséeuse dans les coulisses du monde politique.

Le ton est donné avant même la première phrase du roman, avec en guise de hors d’œuvre la fameuse citation de Jimmy Hoffa : « Chaque homme a son prix ; le vôtre, c’est combien ? ».

Point de départ de Rackets : Jimmy Dolan, responsable des relations publiques du Maire de New-York, est pris à partie lors d’une réception officielle par Frankie Keefe, chef de la section locale du syndicat des camionneurs (et un brin mafieux sur les bords…). Sauf que la « prise à partie » se transforme en altercation, qui coûte doublement cher à Jimmy : il perd son poste, et son père se trouve être le rival de Keefe à la prochaine élection syndicale. En prime, à la différence de Keefe, le père de Jimmy n’a pas de sang sur les mains et a fait d’un syndicalisme intègre son principe cardinal. Tout le contraire de Keefe, qui n’a pas non plus les mêmes soutiens que Dolan père…

« – Bon Dieu. Il ne s’agit pas d’être du côté des bons ou des méchants, de ce qui est juste ou injuste, ce n’est pas un conte de fées à la con. Ce qui est juste et injuste, ce genre de conneries, ça n’existe pas dans la vie. Vous n’êtes pas naïf à ce point ? Vous voulez jouer les idéalistes ? Les idéalistes, ça s’achète ou ça passe sous une voiture. C’est une question de pouvoir, une question d’argent ».

Au milieu de ce champ de bataille politique – qui fait aussi penser à L’emprise de Marc Dugain (11) –, Jimmy retrouve une ancienne petite amie, Tara O’Neil, devenue officier de police. Les pages décrivant son quotidien de flic des rues, aussi réalistes que remuantes, font penser à la série Patrick Kenzie & Angela Gennaro de Dennis Lehane.

Last but not least : Les bâtisseurs de l’empire – ou Empire Rising (12) –, troisième roman, moins « trash » que les deux autres même si la verve est toujours là. Avertissement aux lecteurs : c’est un chef d’œuvre. Fresque épique, l’histoire se déroule en 1930, année de la construction pharaonique de l’Empire State Building. Notez au passage le double-sens du titre « Empire » qui, en français comme en anglais, désigne aussi bien l’immeuble lui-même que l’Empire au sens large…

L’édification de l’« Empire », un moment exceptionnel immortalisé par Lewis Hine, et qui deviendra l’un des plus célèbres clichés de l’histoire de la photographie.

« – Et maintenant que vous avez découvert l’Amérique, vous en êtes où ?

– Je ne roule pas sur l’or, mais j’ai un bon boulot, et rémunéré au tarif syndical. Pas d’angoisse.

– Je ne crois pas que ça va durer, à voir comment tournent les choses. Les distributions de soupe populaire et les bidonvilles. Pas terrible, le rêve américain.

– Il y a des problèmes partout dans le monde. Ici, au moins, on peut marcher dans la rue et être…

Il indiqua du geste le trottoir inondé de soleil devant eux comme s’il tentait d’exprimer une idée.

– Qui on a envie, compléta Grace avec un hochement de tête.

– Exactement » (13).

Etabli à New York après avoir quitté son Irlande natale, Briody n’en demeure pas moins un soutien actif de la cause républicaine. Les pages relatant ses activités de combattant rappellent, parmi les meilleurs romans sur le sujet, La brume et la rosée de Vincent Karle (14), Toute la famille sur la jetée du paradisde Dermot Bolger (15), les excellents romans de Sorj Chalandon – « Mon traître » ; « Retour à Killybegs» (16) –, ou encore la trilogie « noire » signée Stuart Neville (17).

« Les missions étaient organisées avec cartes et itinéraires pour favoriser la fuite, il s’agissait d’attaques ciblées visant le cœur de l’Empire britannique. Mais ils étaient très désorganisés, infiltrés par des espions, consternés et abattus de devoir combattre non seulement les Anglais mais aussi les partisans de l’Etat libre d’Irlande. Des luttes de pouvoir intestines les détournaient de leurs objectifs. Les services secrets anglais ne les lâchaient pas ».

Dur retour à la réalité cependant pour Briody : Grace est la compagne de Johnny Farrell, en cheville avec le Maire de la ville et le parti Démocrate. Et lié à la mafia irlandaise. Un personnage semblable à celui de Nucky Thompson dans la série Boardwalk Empire, et dont les intérêts sont directement liés à l’avancée du chantier de construction de l’Empire.

« Et il avait obtenu la signature du maire après en avoir, bien sûr, doublé le prix pour parvenir à un joli million de dollars tout rond. Et ce n’était qu’un début. Il allait y avoir des dizaines de sous-traitants sur le chantier qui devraient payer ce privilège, pour ne pas mentionner les travaux auxiliaires, tels que conduites d’égouts, chaussées, ainsi qu’une station de métro flambant neuve. […] Farrell contrôlait tout ».

Tandis que Briody travaille sur l’Empire State Building et que Johnny Farrell « veille au grain », Grace, elle, en profite pour mettre à profit ses compétences artistiques ; depuis un immeuble voisin du chantier qui lui offre une vue panoramique sur celui-ci, elle entreprend de peindre les ouvriers en action.

Et là, le romancier nous livre des pages magnifiques, où le titre du roman (Les bâtisseurs…) trouve sa plus parfaite expression et le terme « épique » prend tout son sens ; pour accompagner la lecture des extraits qui suivent, l’auteur de ces lignes propose cette superbe musique, reprise dans la bande-originale du film Gangs of New York de Martin Scorsese :

https://www.youtube.com/watch?v=NuzmTfj4cJA.

« Elle avait découpé un dicton affirmant que construire un gratte-ciel était ce qui se rapprochait le plus de l’état de guerre en temps de paix. Elle avait tendance à partager cette opinion ».

« Tandis que Briody, agrippé au câble, s’élevait au-dessus de la ville, il sentit une exaltation dont il savait que peu de gens pouvaient la concevoir : la métropole s’étendait sous ses pieds, des dizaines d’étages en dessous de lui, les gens comme les voitures désormais réduits par la distance à la taille de fourmis. Ici, dans le ciel, il se sentait presque chez lui ».

« Chacun s’appliquait à surpasser les autres, car tout en travaillant ils avaient conscience que ce chantier-là était exceptionnel, partageaient une profonde déférence pour cette entreprise et une grande fierté d’y prendre part. […] Même les plus jeunes d’entre eux savaient pertinemment que dans plusieurs décennies ils se retourneraient pour dire : C’est moi qui l’ai construit ».

Ce roman se démarque des deux autres de superbes manières : d’abord, il opère un passionnant retour aux premières décennies du XXe siècle, questionne les conséquences de la crise de 1929 sur les classes les plus modestes (« C’est une honte la situation dans ce pays, une foutue honte »), faisant écho auxRaisins de la colère de John Steinbeck (18), tout en évoquant l’immigration irlandaise aux Etats-Unis ; ensuite, bien que le sujet soit déjà abordé dans les volets précédents, la « question ouvrière » est abordée ici dans un sens bien plus épique : la construction de l’Empire State Building symbolise à elle seule toutes les notions superlatives (défi humain et technique ; prouesse urbaine ; dangers mortels pour les ouvriers, à qui le roman est d’ailleurs dédié), le terreau propice à une narration d’ampleur et que le romancier déploie à merveille (« Si le choix m’appartenait, je continuerais de bâtir cet immeuble jusqu’à la lune, tout là-haut »).

Son écriture, pleine de beauté et de vigueur, aussi puissante que tous ces bras qui s’agitent dans les hauteurs de la ville mythique (« Seigneur, regarde un peu ça. Pareil immeuble, on a jamais vu ça »), évoque le cinéma de Sergio Leone comme les plus belles pages de Don DeLillo (« L’ardeur à grande échelle, voilà ce qui fait l’histoire », écrit-il dans Outremonde) et s’inscrit idéalement dans le registre du roman noir par ses intrigues sous-jacentes. Un angle de vue, les cieux de New-York, que l’auteur met avec un talent stupéfiant au service des lecteurs : les pages sur la dangerosité extrême du travail sont saisissantes, celles décrivant le panorama sur la ville sont à couper le souffle (« Elle était incapable de rien faire d’autre que contempler la vue, bouche bée, tandis qu’ils s’élevaient dans les airs »). Un parfait contraste avec la superbe noirceur utilisée dans Le ventre de New York pour dépeindre les ouvriers s’activant dans les soubassements de la ville.

Avec, en prime, ce point commun avec le cinéaste new-yorkais James Gray : viser chez le public « l’intelligence et la vérité émotionnelle » (19).

Si cette histoire-là, comme les précédentes, devait un jour devenir un scénario en vue d’une adaptation à l’écran, au cinéma ou à la télévision (20), gageons d’abord qu’une production indépendante s’en charge (HBO, BBC, Wild Side, Arte…), afin de ne pas trahir l’esprit de l’auteur ni édulcorer les différentes facettes de chaque histoire. Ensuite, sachant que du sang irlandais irrigue toute l’œuvre de Kelly, le bons sens (et la grande attirance de l’auteur de ces lignes pour cette culture !) voudrait que la musique s’accorde avec l’ambiance, notamment, ici, les scènes fabuleuses relatant la construction de l’« Empire », ou celles dans les bars, présentes dans les trois romans, scènes grandioses et pleines de chaleur humaine que l’auteur transcrit admirablement.

Dès lors, rêvons un peu et imaginons qu’un cinéaste ait l’intelligence de proposer, non pas à Lord of the Dance ou Riverdance, mais plutôt aux musiciens Martin Hayes et Dennis Cahill de composer un accompagnement digne de ce nom : par pur plaisir musical, voici trois aperçus de ce qui permettrait de « prendre son pied » ici (conseil : commencer à 2mn14) :

https://www.youtube.com/watch?v=GbNfKXt7hGc

là, une performance mémorable avec le guitariste John Doyle (nouveau conseil : commencer à 1mn40) :

https://www.youtube.com/watch?v=kAEsZvBv0kQ

ou encore là (dernier conseil : commencer à 3mn08) :

https://www.youtube.com/watch?v=96bKIE37gwQ&list=FLGGz8MM5KzoaGChXmwaHsYQ&index=1.

Le ventre de New YorkRacketsLes bâtisseurs de l’Empire : trois romans géniaux, indépendants mais complémentaires, qui font de Thomas Kelly, Américain d’origine Irlandaise, un auteur qu’il serait vraiment, vraiment temps de faire connaître en France.

 

Jérôme Diaz

 

(1) La phrase complète et en version originale est ici : http://hypolib.typepad.com/the-hypothetical-library/2010/03/thomas-kelly.html. Pour en savoir plus sur l’œuvre de T.J. English : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/LEMOINE/19583.

(2) On peut lire quasiment la même phrase dans De si jolis chevaux de Cormac McCarthy.

(3) Extrait d’Un pays à l’aube (p.608), publié au format poche chez Rivages Noir en 2010, traduit par Isabelle Maillet.

(4) Traduction de The Hands That Built America, titre qui clot le film Gangs of New York de Martin Scorsese.

(5) Publié en France au format poche chez Rivages/Noir en 2001, traduit par Danièle et Pierre Bondil.

(6) Dans Les saisons de la nuit (publié en 1998 chez Belfond, traduit par Marie-Claude Peugeot), Colum McCann raconte la vie dans les tunnels de New-York à deux époques différentes : aux débuts du XXe siècle (1916, 1930) avec le personnage de Nathan, un jeune ouvrier noir, et durant les années 1990, en suivant Treefrog, un SDF vivant dans ce qui reste de ces mêmes tunnels. Thomas Kelly est remercié par Colum McCann à la fin du roman.

(7) Les « Pères Fondateurs » (Founding Fathers) font l’objet d’un vrai mythe aux Etats-Unis. Toutefois, comme l’explique Howard Zinn dans Une histoire populaire des Etats-Unis (publié en 2002 aux Editions Agone, traduit par Frédéric Cotton), leur philosophie peut se résumer ainsi : puissance et argent vont de pair pour gouverner (et dominer), et seuls les plus riches, donc puissants, ont voix au chapitre électoral. Elitiste et inégalitaire, cette conception en matière de politique est, d’après les témoignages recueillis par Zinn, présente tout au long de l’Histoire des Etats-Unis, depuis la signature de la Constitution de 1776. A cet égard, Zinn écrit : Si l’on considère les intérêts économiques dissimulés derrière les dispositions politiques inscrites dans la Constitution, ce document n’est plus simplement l’œuvre d’hommes sages tentant d’instituer une société honnête et justement organisée, mais la tentative de certains groupes de sauvegarder leurs privilèges tout en accordant juste ce qu’il faut de droits et de libertés à un nombre suffisant de gens pour s’assurer un soutien populaire (p.117).

(8) Cité dans Sur ordre de Tom Clancy, publié en 1997 chez Albin Michel.

(9) Ce roman « coup de poing », publié chez Rivages/Thriller (traduit par Alexis Nolent), a reçu le Prix du Roman Noir Etranger au Festival International du Film policier de Beaune ; critique ici :http://blogs.mediapart.fr/blog/jerome-diaz/140414/ne-sous-les-coups-quand-james-ellroy-rencontre-ken-loach.

(10) Publié au format poche chez Rivages/Noir en 2010, traduit par Pierre Bondil.

(11) Publié chez Gallimard en 2014.

(12) Publié au format poche chez Rivages/Noir en 2013, traduit par Pierre Bondil.

(13) Les « bidonvilles » en question étaient surnommés « Hooverville », en référence au président des Etats-Unis Herbert Hoover et à sa gestion désastreuse de la crise économique de 1929, comme le montre le chef-d’œuvre Les raisins de la colère de John Steinbeck. Pour approfondir le sujet, voir Une histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn, en particulier le chapitre 15 intitulé De l’entraide par gros temps.

(14) Publié en 2006, ce magnifique roman, auquel une suite est prévue en 2016, raconte le parcours de Liam, jeune combattant irlandais chargé de traverser Dublin en pleine guerre civile (1916). Le titre, La brume et la rosée, correspond à la traduction en français de The Foggy Dew, « rebel song » relative à l’insurrection, rendue célèbre notamment par l’interprétation superbe de Sinéad O’Connor et The Chieftains.

(15) Critique ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/jerome-diaz/180614/toute-la-famille-sur-la-jetee-du-paradis-de-1915-1946-la-fabuleuse-chronique-d-une-famille-irlandai.

(16) Romans inspirés d’une histoire vraie, celle d’un jeune français visitant l’Irlande du Nord et sa rencontre avec Denis Donaldson (rebaptisé Tyrone Meehan), membre important de l’IRA. Ce dernier jouera les espions pour le MI5 – services secrets britanniques – et la police secrète nord-irlandaise durant plus de vingt ans, avant d’être assassiné en 2006. L’auteur de ces lignes ne peut que recommander la lecture de ces romans, ainsi que Mon traître, la magistrale adaptation au théâtre qu’en a tirée le comédien et metteur en scène Emmanuel Meirieu.

(17) Trilogie incluant Les fantômes de BelfastCollusion, et Âmes volées publiés respectivement en 2011, 2012 et 2013 chez Rivages/Noir, traduits par Fabienne Duvigneau.

(18) L’une de ses références littéraires, comme il l’explique dans un entretien accordé à un média américain ici : http://thenewwildgeese.com/profiles/blogs/in-his-own-words-writer-thomas-kelly

(19) Propos de James Gray extraits d’un entretien (passionnant) réalisé pour Télérama ; l’article est consultable ici : http://www.telerama.fr/cinema/une-journee-entiere-avec-james-gray,47563.php.

(20) Quelques sites américains parlent d’options prises par certains studios ou scénaristes en vue d’une adaptation (parmi lesquels David Mamet), sans qu’aucun de ces projets n’ait pour l’instant vu le jour. Thomas Kelly a toutefois été associé comme scénariste à plusieurs séries documentaires sur l’histoire de New-York.

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