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Sous la coupole spleenétique du ciel (21)

28.12.11 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique, Chroniques Ecritures Dossiers

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Sous la coupole spleenétique du ciel (21)

 

« SI tu veux avancer dans l'étude de la sagesse,

ne refuse point, sur les choses extérieures,

de passer pour imbécile et pour insensé. »

Épictète


Derrière la porte, toujours d’autres portes sont là, nous le savons bien. Et pourtant nous franchissons, comme si le libre espace nous appartenait enfin.

Il y eut un nomade qui nomadait depuis tant de temps que somme toute il se retrouva un jour, à la même place. Il reconnut le lieu. Se dit qu’il avait rêvé sa vie. Puis s’endormit dans la réalité du songe.

J’ai lu certains livres qui ressemblaient à des bouteilles pleines d’envie. J’en ai lu d’autres qui ressemblaient à des bouteilles vides : prêts à se remplir, de l’essence même du lecteur.

Il y eut un casanier qui casanait tant, qu’à la fin du compte, il avait pris racine au cœur même de l’absence. Personne ne s’aperçut qu’il était mort depuis longtemps. Pas plus qu’on ne sut, qu’il n’avait jamais vécu.

Je collectionne les couvertures des livres. Surtout celles qui ne portent aucun titre. Je les classe en désordre. J’en tire une, au hasard – les soirs de solitude.


*****


La fenêtre, ce n’est pas qu’un œil vers l’extérieur, mais un reflet du jour qui pointe du fond de la caverne.

J’entends, par le regard ; je perçois la lumière, par les sons qui percutent.

Il n’y a pas que des oiseaux sur le bord de la rétine, il y a des sifflements inaudibles qui proviennent de leurs chants. Et sur la macula, des froissements d’ailes se conjuguent au frémissement du cœur.

L’être tout entier est une vision sonore

par lequel

résonnent

les altercations du monde.


*****


L’escalier qui s’élève est bien celui qui déboule dans les profondeurs ; le pas qui monte sera celui qui tantôt descendra.

Avec mon bras j’ai fait un cercle autour d’un point qui se déplace ; j’ai figuré le langage dans son tourbillonnement.

La rue était déserte, elle paraissait encombrée des froissements de la vie ; il y avait sur les trottoirs des espaces, d’ombres opaques.

Je rejoindrai les dernières marches avant le bond.

Sur l’escalier en colimaçon je tournerai comme une vis

qui s’enfonce

dans le lointain.


Daniel Leduc


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