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Revue Carré N°2, éditions Rhubarbe

30.01.13 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Éditions Rhubarbe, Revues

Revue Carré n°2, ROUGE, hiver 2012/2013, 128 pages, 12 €

Edition: Éditions Rhubarbe

Revue Carré N°2, éditions Rhubarbe

 

 

Le rouge au cœur de l’hiver. Entre le blanc de la neige et la nuit qui tombe trop vite. La revue Carré nous revient, écarlate, plus étoffée qu’à sa première livraison qui nous poussait vers le noir. Le rouge, ça inspire. C’est le vin et le sang, le crime et la corrida, la viande, la passion. Le rouge. Celui qui monte au front, qui fleurit aux joues, qui aveugle et enflamme. On ne s’en lasse pas. Le rouge, c’est la couleur par excellence, une sorte d’évidence. D’ailleurs, en espagnol, l’adjectif colorado signifie tout simplement rouge.

Dans cette revue de mélanges, on trouve de la fiction, des notules, de la poésie et des considérations, des réflexions sur l’art et des illustrations. Entre autres. Le parti pris est celui de la couleur des mots et des idées, de l’alacrité, de la diversion et l’érudition. Une jolie livraison, vraiment, dont le centre est réservé au… petit chaperon rouge (bien sûr !) dans une section intitulée « cartons à desseins ».

Vingt nuances de rouge sont déclinées dans le chapitre « carré-ment ». Vingt nuances, de l’amarante au vermillon, où l’on retrouve le « ponceau » du coquelicot et la Garance de Carné et Prévert. Revue auxerroise (et/mais universelle), Carré consacre une « chronique d’ici » au rapport Quinquet, qui nous emporte à Saint-Fargeau dans l’Histoire du deuxième versant du XIXe siècle. La part belle est faite à la cuisine, aux plats, aux mets. Le rouge, ça se mange (on se demande, par anticipation, ce que seront les recettes du numéro consacré au bleu…) : le texte Le Chapeau de monsieur de Bernis, dans la rubrique « mots et mets » nous sert du homard, des rougets, des pigeonneaux, des meringues et du coulis de framboise, tout cela en compagnie de la marquise de Pompadour. Mais la lectrice carnivore se doit d’avouer qu’elle a frémi et soupiré (d’aise) à la seule lecture de l’évocation de la cuisson de la côte de bœuf (p.122). Et la même lectrice, italianophile (italianolâtre…) s’est retrouvée à Pienza dans la page suivante, consacrée aux pommodori.

On trouvera également dans ce numéro la Louise Michel de Paul Verlaine et l’encrier rouge d’Henri de Régnier. Et sous la plume d’Alain Kewes, dans un texte intitulé Le Palais rouge, une évocation de l’oncle boucher-charcutier : « Car si la boucherie était l’art du nouvelliste, la charcuterie était celui du poète ». Et Kewes de conclure : « J’ai beaucoup lu chez mon oncle. Je m’y suis pénétré de la chair des mots. J’y ai appris la patience et la rigueur d’écrire. Mon oncle était un artiste ».

Il y a bien d’autres choses encore à découvrir dans cette revue dense, surprenante, réjouissante. Finissons sur la partie intitulée « la petite bibliothèque », qui recense quelques titres de la littérature ayant utilisé le mot « rouge ». Et puisqu’on nous y incite, complétons-là en citant le roman de Tonino Benacquista Trois carrés rouges sur fond noir… Et donnons-nous rendez-vous bientôt, pour une livraison verte. J’en serai.

 

Christine Bini


  • Vu : 2014

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