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Revue Carré N°1, éditeur Rhubarbe

26.03.12 dans La Une Livres, Recensions, Les Livres, Revues, Rhubarbe

Revue Carré n°1 (le noir), mars 2012, 80 pages, 15 €

Edition: Rhubarbe

Revue Carré N°1, éditeur Rhubarbe


La revue Carré, comme son nom l’indique, propose une première livraison de 80 pages de 17 cm x 17 cm. Un beau papier glacé, de belles photographies en noir et blanc. Le sous-titre, « revue intéressante », donne le ton d’ensemble : ce que l’on y trouve est effectivement intéressant, tout en ne se prenant que moyennement au sérieux, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La contrainte imposée aux rédacteurs dans chaque livraison sera celle de la couleur, sous forme de nouvelles ou de récits, de poèmes, de maximes… Pour le noir, les déclinaisons s’inspirent de la petite robe noire, de la peur du noir, de la Mer Noire, de la Série Noire… La nouvelle d’Edgar Poe, Le Chat noir, y est en bonne place, dans sa traduction par Baudelaire, lequel Baudelaire nous incite, dans la page suivante, à nous enivrer, autant dire à « être noir ».

Quelques apophtegmes, proverbes, sentences, poussent allègrement à la réflexion : « le savon noir est une imposture ! », « humour noir ou clown blanc, à vous de choisir ! » tandis que dans d’autres pages on revient sur l’étymologie de « blackbouler » ou de « nigelle ».

À n’en pas douter, la couleur noire est propice à la méditation culinaire. Un carré noir, c’est un carré de chocolat. Un petit noir, un café serré. Et ce que l’on mâche et remâche le mieux, ce sont les idées noires. Dans sa nouvelle Un dîner presque parfait, Jean-Paul Rousseau décline tout un menu en noir, du caviar en entrée au gâteau au chocolat en dessert, en passant par un curieux brouet spartiate et une poularde endeuillée. Cette nouvelle noire est complétée par les recettes des plats évoqués, parmi lesquelles la recette des chipirones en su tinta (encornets farcis dans leur encre), le plat le plus noir, visuellement, que l’on puisse servir à table.

Ce premier numéro de la revue Carré, revue « auxerroise et géométrique » est une très bonne surprise. On attend impatiemment la livraison de juin, consacrée au rouge, qui devrait être plus épaisse d’une vingtaine de pages. Suivront ensuite, on s’en doute, le vert, le bleu, le jaune…


Christine Bini


(Contributions de M.-Cl. Contrault, G. Courtois, A. Kewes, V. Millan, A. Moret, J. Morin, F. Robert et J.-P. Rousseau)


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