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Maison littéraire ; témoin d’une nouvelle ère

Ecrit par Ahmed Slama le 27.04.16 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Maison littéraire ; témoin d’une nouvelle ère

Un site cette fois-ci dans LittéWeb, un site gratuit, expérience littéraire inédite, toute empreinte de mystère, un mystère que l’on a voulu partager… entrez donc avec nous dans la maison témoin…

La maison[s]témoin, pages en constante évolution, gratuit

L’entrée du site :

Entrez, oui, entrez dans La maison[s]témoin, par ici, je vous en prie, c’est gratuit, visitez les limbes de cette maison inquiétante à l’agencement singulier, par où fait-on son entrée ? qu’importe, les sens de la visite sont multiples, expérience inédite comme seule le Web la permet. Il ne s’agit plus là de lire de manière linéaire, l’agencement global du texte est aléatoire…

L’adresse de la maison ? www.maisonstemoin.fr Page d’accueil, façade La maison[s]témoin, on est intrigué, ces couleurs sobres, vert, noir et blanc, notre regard reste collé, en haut trois onglets s’y dessinent, « nos/vos questions ? », « sens de la visite » et « Notre Agence »… on clique sur le premier, histoire de piocher quelques informations, des questions s’affichent avec le rituel « Qui sommes-nous ? » ; réponse : « La maison[s]témoin n’est pas un exercice de style ». Des réponses toutes négatives, la maison témoin se définit essentiellement par ce qu’elle n’est pas. Et déjà cette maison paradoxale de nous contredire car apparemment La maison[s]témoin n’est pas « gratuite », mais elle n’est pas « payante » non plus…

Une maison qui héberge l’imaginaire :

Avec plus de trouble, nous revenons sur nos pas, page d’accueil où sont répertoriées les pièces en petits carrés : entrée, cuisine, coin repas, cellier salon… etc. Cliquez, au choix, selon votre envie, et vont s’afficher des textes, tous ayant trait à la pièce sur laquelle votre curseur s’est porté ; le curseur hésite, oscille, et puis pourquoi pas, coin repas, on clique… les archives de cette pièce se déroulent, tout ce que les auteurs ont pu écrire au sujet de la pièce sélectionnée, non pas une cuisine par exemple, mais une multitude de cuisines, toujours ce réseau de la signification que nous avonsprécédemment vus chez Anne Serre ; premier texte à lire dans cette archive, celui de Pierre Ménard, son titre Cuisine équipée sur mesure, sorte de pastiche d’un « catalogue unique de vraies cuisines tendances : cuisine brillante, cuisine mate, cuisine esprit bois » et le narrateur de faire le lien avec le site La maison[s]témoin, où chaque auteur agence les pièces selon les désirs de son écriture propre, et le narrateur, peu à peu, de construire avec nous sa cuisine « Couleur d’ambiance : neutre, chaud ou froid ? Je choisis neutre. Pour l’aménagement de la pièce, ma préférence va vers un design moderne, original avec une forme de L. et un îlot central. Pour les matières et les coloris, je retiens clair et mat. Avec une surface et coin repas pour 4 personnes. Une cuisine aux tons neutres qui jouent avec les matières (façades acryliques brillantes, plan granit aspect cuir, bois, inox…) ». Avec cette écriture minutieuse qui n’est pas sans nous rappeler celle de Perec. Et puis ce décor posé, Pierre Ménard le fait se mouvoir, « J’imagine parfois qu’un vendeur aura un jour eu l’irrépressible envie de manger son sandwich entre deux visites de clients, et n’aura pas pris le temps de sortir de la maison pour le faire, laissant sans s’en rendre compte quelques miettes sur la table de travail, miettes qu’un visiteur en les voyant trouvera sales, indécentes et déplacées, dans cet univers aseptisé, où tout est rangé, calme et propreté ». Pour nous dire que La maison[s]témoin est ouverte à tous, à toutes les histoires ; La maison[s]témoin pourrait bien être ce que Foucault appelle une hétérotopie, espace concret qui héberge l’imaginaire.

L’écriture numérique :

Oui, ce site héberge l’imaginaire spatial, des myriades d’histoires et de styles, celui d’Emmanuel de la Branche, concis, précis, semblable aux haïkus, à l’entrée de La maison[s]témoin, nous retrouvons cetexteLa porte entrouverte, il ne s’agit plus là de décrire une maison fantasmée, plutôt d’évoquer un épisode à l’aide d’une écriture toute empreinte d’un rythme particulier, une vitesse, notez ce vers « à peine la porte entrouverte elle m’échappa pris le large disparut au coin de la rue de ma vie » la succession des combinaisons r+t, celles de porte et entrouverte, qui indiquent une fermeture, un second mouvement à partir du elle, où les syllabes s’ouvrent, voyelles du a, i, la résonance entre les i de pris et vie ; celle disparut et rue, résonances qui donnent une vitesse au texte, celle de la disparition.

Et puisque nous sommes dans un texte numérique, nous noterons également la présence de liens hypertextes, d’images, de vidéos et de musiques… à vous de les découvrir, nous nous ne sommes là que pour défricher cette maison littéraire ; témoin d’une nouvelle ère…

 

Ahmed Slama

 

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A propos du rédacteur

Ahmed Slama

 

Ahmed Slama,

Agenceur de mots littéraire : finaliste du Prix du Jeune Ecrivain Français 2015 et 2016, lauréat du prix de la revue Rue Saint-Ambroise, retrouvez son feuilleton Topologie des Clopes. Agenceur de mots journalistique au BondyBlog. Il se propose, chaque semaine, de cartographier le réseau littéraire numérique à travers sa chronique, LittéWeb, à retrouver dans La Cause Littéraire.