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Les tendres plaintes, Yôko Ogawa

Ecrit par Victoire NGuyen 31.01.15 dans La Une Livres, Les Livres, Japon, Critiques, Roman, Actes Sud

Les tendres plaintes, traduit du Japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle et Yukari Kometani, septembre 2014, 256 pages, 7,70 €

Ecrivain(s): Yoko Ogawa Edition: Actes Sud

Les tendres plaintes, Yôko Ogawa

 

« La ballade de l’impossible »

Une calligraphe de Tokyo, Ruriko, vient de prendre la fuite. Elle quitte précipitamment son appartement pour aller se réfugier dans la maison de son enfance. Au fil de la lecture, on apprend qu’elle a été une épouse bafouée, maltraitée et trompée. « Je m’étais rendu compte trois ans auparavant que mon mari avait quelqu’un d’autre dans sa vie, mais notre relation s’était déjà détériorée. L’un de nous avait suggéré de vivre séparément et nous avions même parlé de divorce. En soustrayant ces années de nos douze ans de vie commune, il ne restait plus qu’une courte période sans discorde ».

La demeure, perdue dans la forêt, devient un abri, un lieu pour se cacher : « Lorsque je n’y étais pas allée depuis plusieurs années, le vaste mais sobre chalet m’était apparu avec fraîcheur jusque dans ses moindres recoins. Là-bas, je serais certainement accueillie. Il s’occuperait bien de moi ».

Son séjour s’avère être un des plus étranges. Ruriko fera connaissance avec une troupe insolite composée d’un fabricant de clavecin, Nitta, son apprentie, Kaoru, et d’un chien aveugle. Ce trio prend progressivement de l’importance dans la vie de Ruriko jusqu’à ce que celle-ci s’attache à Nitta et forme un insolite « ménage à trois ». Mais le bonheur est capricieux et il n’est pas certain que Ruriko trouvera de l’apaisement dans sa fuite…

Les tendres plaintes n’a pas la perfection et la maîtrise littéraire des derniers romans de l’auteur (Le petit joueur d’échec, Petits oiseaux). Cependant, derrière le bavardage incessant et un certain sentimentalisme, le roman est empreint de poésie et de mélancolie. Il est intéressant de le parcourir car il contient déjà tous les thèmes chers à l’auteure : la perte de soi, la folie, la tristesse et la solitude des êtres qui ne parviennent à communiquer.

 

Victoire Nguyen

 


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A propos de l'écrivain

Yoko Ogawa

 

Yōko Ogawa, née le 30 mars 1962, est une auteure japonaise, auteur de nombreux romans – courts jusqu’en 1994 – ainsi que de nouvelles et d’essais. Elle est diplômée de l’université Waseda et elle vît à Ashiya, Hyōgo, avec son mari et son fils. Elle a remporté le prestigieux Prix Akutagawa pour La Grossesse en 1991, et également les Prix Tanizaki, Prix Izumi, Prix Yomiuri, et le Prix Kaien pour son premier court roman, La désagrégation du papillon.

 


A propos du rédacteur

Victoire NGuyen

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Un peu de moi…

Je suis née au Viêtnam en 1972 (le 08 Mars). Je suis arrivée en France en 1982.

Ma formation

J’ai obtenu un Doctorat es Lettres et Sciences Humaines en 2004. J’ai participé à des séminaires, colloques et conférences. J’ai déjà produit des articles et ai été de 1998 – 2002 responsable de recherche  en littérature vietnamienne dans mon université.

Mon parcours professionnel

Depuis 2001 : Je suis formatrice consultante en communication dans le secteur privé. Je suis aussi enseignante à l’IUT de Limoges. J’enseigne aussi à l’étranger.

J'ai une passion pour la littérature asiatique, celle de mon pays mais particulièrement celle du Japon d’avant guerre. Je suis très admirative du travail de Kawabata. J’ai eu l’occasion de le lire dans la traduction vietnamienne. Aujourd’hui je suis assez familière avec ses œuvres. J’ai déjà publié des chroniques sur une de ses œuvres Le maître ou le tournoi de go. J’ai aussi écrit une critique à l’endroit de sa correspondance (Correspondance 1945-1970) avec Mishima, auteur pour lequel j’ai aussi de la sympathie.