Identification

Les délices abjurées, par Julien Quittelier

Ecrit par Julien Quittelier 27.08.19 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Les délices abjurées, par Julien Quittelier

 

I

Le rose raturé de la tête rebelle,

En ténèbres que cime un baptême, au-delà

Paraphrase l’amour plue en Maris Stella

Que tel dab point ignée et sacrificielle.

 

Un vocable de feu des combes se martèle,

Et messeux tant de Graal en se nombrant smala

Exhale le summum qui jadis s’égala ;

Ô chaste vétusté de vrai cœur se muselle !

La bribe des toujours est haineuse d’aimance

Qu’arc-en-cielise un flot de prêtre d’inclémence ;

Roi dont l’hymen puceau gît au plumard rital ;

 

Et l’oméga des fonts se castre et plus qu’abstraire

D’iris à la chasuble entonne scripturaire :

Fantasmatique encor cet amen de morphal.

 

II

L’enfer de mon regard dans l’exil se consume ;

De l’abandon chrétien le mystique constat ;

Le soleil croît sélène au joug d’un résultat

Et j’en étreins l’idée au cilice posthume ;

 

Cet astre citoyen exhale l’amertume,

Filé d’art et d’oubli par mon œil apostat,

Récrivant dans mon être un rayon de diktat :

Prisonnier presque ailleurs dans l’ici qui s’exhume,

 

Telle par l’innommé vermeil de mes Vestales

La vocalise advient, ciel des pénombres mâles ;

Une entité séante aux combes de la nuit

 

Gît où la peindre d’âme, encre des ergastules,

Et je sens telle angoisse effleurir les formules

Du baptême tant feu de ce Styx qui bénit.

 

III

Au fief balisé d’yeux, volage synodique,

Gît divin le dab d’art sifflant l’ivre causé,

Qui le bénit par plombs des Jourdain, sclérosé,

Ivre hors de chair sainte et d’archange aphasique.

 

Puis vient pleurer mielleux son fer d’Ophir modique !

En bruine qui sourd et par spectres, glosé,

S’éclot d’ainsi soit-il en chœur, ankylosé,

Folie où telle aimance est pré-sens spasmodique.

 

Il fut d’élégiaque… À présent cette églogue

L’aide comme diktat de sacral apologue

Au feu qui néantise en pur tel qu’au rouleau.

 

Il fait mille parloirs les rixes de bête alme ;

Surnageant au reflux psychique qui l’espalme

En orfèvre flammé baptismal d’un brûlot.

 

IV

Comme igné récital tant qu’il lorgne la flamme

En trituré du prêtre, élément élusif,

Larve de bible et crypte un désespoir natif,

Flambe sa femme en rut, fielleux s’il la diffame.

 

Comme abonnir Madone aux cieux, déclaratif

À nombrer ses atours sur quelque idéogramme !

C’est qu’il récence au kief ses destins qu’il programme

À n’être que prieur d’un tel préparatif !

 

En vie ! Et s’il s’en vante en fièvres tutélaires,

Il n’est qu’extase en proie aux livres, tels pesteux

Que leur encre exogène enrouille ses molaires !

 

Et voilà qu’il se mine et d’essences, quinteux

Effleurit son éther dont l’art se crisse chaires ;

Aux combes sa droiture et grêlé disetteux.

 

V

Veille du corps au sang le cilice de Cène,

Ère de rouille et d’arts des penseux de l’amor

Grêlés, presque aphasie, épurés de stertor ;

Tout l’est, l’écho que fait leur rixe qui les veine.

 

Amen populacier mais de farce mondaine,

D’ainsi soit-il aux cieux s’il s’invertit d’angor ;

Scalpe l’autre spectral sitôt la tombe au mort

Valse de choir au dab qui la fit sa marraine !

 

Lavis de la morale et maux des tout songeux

Qu’ourdissent les espoirs tissés néants des jeux,

Hymnes des recausés qu’en fables carcérales.

 

Comme se croit mystique, et cætera d’azurs,

Tel enfouir l’église en opiums plus pâles ;

Le mangeur s’effleurit d’Alcyon par cieux mûrs.

 

VI

Vous crachez votre amour qu’Aphrodite expectore

D’yeux déclos de ciel vide où l’ivraie est bon grain,

Pour du seuil des raisons flammer l’insigne gain :

Celui de nitescence, aqueuse métaphore…

 

Par un temps des Salem puis vers l’âme indolore,

La croix vous semble astrale, et trop fiers d’un Jourdain

Vous vous drillez au puits d’un confort anodin

Pour sembler tels que purs, au feu qui vous tortore !

 

Les exils las en mille inversent l’un des vôtres,

Chus vous perdez l’orteil des impressifs apôtres

À vos sens les mimant par l’art d’un bâillement.

 

À veuver votre enfance en confesse et maldonne,

Tout se démêle au pire à ce cher élément :

Votre cœur au bûcher et l’âme qui bedonne !

 

VII

Bien vers le mieux, je prie ! Ô voici la belle âme,

Quelle bonté, quelle ode ! Et suprême prélat :

Pour qu’il soit mien et m’aide à sacrer scélérat,

Je le clamse science et même je m’affame !

 

De tous temps, devers peine et joie, en tout climat…

Ah c’est si peu mais riche ! Et je détiens la flamme ;

Moi seul la sais réelle au divin scintigramme ;

Car je suis baptismal emmêlé renégat !

 

L’autre ? Ah, comme je l’âme ! Et d’Ophir je le mire,

Comme il est pauvre et sale et de feux ignorants !

Fatuité : c’est Dieu qui m’a dit qu’il m’admire !

 

Blasphématoire il l’est, moi je suis des orants…

Mais encor je le sais c’est une âme à maudire !

C’est Dieu qui m’a récrit qu’il ne sied pas aux rangs…

 

VIII

Ma fièvre cléricale est comme l’ectoplasme,

Bien que bravée en nef vers l’enfer aimanté

À mon corps scriptural des hosannas hanté ;

Tout peint conflictuel le dieu baveux qui spasme.

 

Le mal s’y fleurdelise en saillant pléonasme,

Il s’y feint en apôtre et d’azur segmenté

Par abysses humains dans le noir lamenté

Aux blanches gravités que sont les pages d’asthme.

 

Le té s’assainit d’encre et trame solennel ;

Orgueil, présomption, chu des mots l’opinel :

Je tue un dieu pour l’autre où tels suppôts s’exhument,

 

Car des combes natif je récris mille amen

Pour m’en faire l’offrande aux mains jointes qui hument

Les trinités qu’enfreint Satan dès leur crimen.

 

Julien Quittelier

 

Extrait du recueil de poésie Sonnets du levant lacrymal, Éditions Stellamaris, 2019.

 

  • Vu : 553

Réseaux Sociaux

A propos du rédacteur

Julien Quittelier

Lire les textes de Julien Quittelier

 

Né à Mons (Belgique) en 1991, Julien Quittelier est un poète. Il publie, en 2019, une œuvre poétique de 900 pages en quatre volumes : Vespéral de l’être, Sonnets du levant lacrymal, Héliotrope aux enfers et Antécédences nocturnes. L'auteur travaille actuellement à un roman et à un essai sur le symbolisme belge.

Bibliographie

Vespéral de l’être, poésie, éditions ÉLP, juin 2019.

Sonnets du levant lacrymal, poésie, éditions Stellamaris, juin 2019.

Mail : quittelierjulien@hotmail.fr