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Les coups de coeur 2014 de la Rédaction - Liste complète

Ecrit par La Rédaction 20.12.14 dans La Une Livres, Les Livres

Les coups de coeur 2014 de la Rédaction - Liste complète

Les rédactrices et rédacteurs de la Cause Littéraire vous proposent leurs « coups de cœur » de l’année 2014.

38 livres à offrir et à déguster ! Bonnes fêtes à tous nos lecteurs !

Nadia AGSOUS : L'Ecole et les Enfants de l'immigration, Abdelmalek Sayad, (Seuil)

A travers cet ouvrage posthume, le sociologue Abdelmalek Sayad déconstruit, d'un point de vue intellectuel, les perceptions dominantes relatives à la scolarisation des enfants issus de l'immigration. Ecrits entre 1977 et 1997, ces textes figuraient, sous forme manuscrite ou dactylographiée, dans les archives du sociologue confiées à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI).

 

Odile ALLEGUEDE : Le Manuel d’Alfred, Emmanuel de Careil (éditions Dangles)

Un essai ludique et « interactif » pour petits et grands sur les fabuleux pouvoirs de la pensée. « Alfred » distribue ses conseils dans un guide sympa pour réussir ses études, sa carrière, son couple, sa vie quoi !

Elisa AMARU : Yvain et Lancelot illustré par la peinture préraphaélite, Chrétien de Troyes, (Diane de Selliers Editeur)

Une vision inédite et illustrée dans la célèbre « grande collection » chez Diane de Selliers de deux textes mythiques de l’art médiéval du récit par Chrétien de Troyes.

 

Théo ANANISSOH : Alpha Abidjan – Gare du Nord, Bessora et Barroux (Gallimard)

Certains faits infériorisent une époque aux yeux de celle qui suivra. Ils vexent notre orgueil pour après, si l’on ose dire. « Ça se passait quotidiennement ainsi au début du XXIè siècle… ». L’émigration ou l’immigration clandestine à bord d’embarcations de fortune, les corps gonflés d’eau salée échoués sur les côtes sud de l’Europe sont de ces faits. Un écrivain et un dessinateur en témoignent dans ce roman graphique. Texte et dessins autonomes et solidaires à la fois. Sobres et justes.

 

Frédéric ARIBIT : Quels sont ces chevaux qui jettent leur ombre sur la mer ?, Antonio Lobo-Antunes (Bourgois)

Un livre étourdissant de style, de poésie noire, une écriture virtuose du ressassement où les lieux, les époques, les scènes s'entrechoquent et font éclater les brisures muettes des personnages d'une même famille qui assistent, impuissants, à l'agonie de la mère sous la pluie lisboète.

 

Avi BARACK : Moisson, Jim Crace (Rivages)

« L’écriture de Jim Crace et la superbe traduction de Laetitia Devaux se sont mis au service de cette histoire qui semble sortie du XIXème siècle : style romantique, exalté, limpide. » LM. Levy In « La Cause Littéraire »

 

Jeanne de BASCHER : La Condition pavillonnaire, Sophie Divry, (Noir sur Blanc)

Pour ne jamais se réveiller dans de confortables draps Habitat qui réchauffent une vie faussement parfaite, lisez La condition pavillonnaire. Ce récit de vie ordinaire, hommage à Emma Bovary, est une grande leçon de littérature. L’important n’est pas d’être constant mais de se sentir vivant.

 

Didier BAZY : Guerrier sans poudre, Guy Darol (édition Maurice Nadeau, juillet 2014)

Darol nous fait comprendre du dedans le grand Dehors de Mai 68.

Cet événement historique, actuel et éternel, tant frelaté est ici relaté avec la force d'un mouvement qui ne dira jamais son dernier mot.

 

Lionel BEDIN : Les barrages de sable - Traité de castellologie littorale, Jean-Yves Jouannais (Grasset)

Quelles sont les raisons qui poussent petits et grands à bâtir des châteaux de sable? Mythologie? Rite ou pratique oubliés ? Sens perdu dans le temps et l'histoire ? Un sujet hautement (in)utile et pourtant passionnant, et une écriture impeccable dans un genre indéfinissable, entre enquête ethnologique, fiction, journal intime, essai, roman... Un livre pour se perdre.

 

Tawfiq BELFADEL : Le miel de la sieste, Amin Zaoui. (Barzakh, Alger)

C'est un roman-labyrinthe et jubilatoire ou  se mêlent amour, absurde, et fantasmes. Un roman qui célèbre la poésie et l'Algérie plurielle.

 

Gilberte BENAYOUN : Le Portique du front de mer », Manuel Candré (éditions Joëlle Losfeld)

On entre dans ce livre comme on plonge avec des ailes dans un rêve. Du rêve de la poésie de l’intrigue de la magie des couleurs des sensations des sentiments des mirages et bien d’autres plaisirs inattendus. Le tout en apesanteur pendant 157 pages, avec une écriture belle comme un dieu ! Les pieds ne touchent plus le sol et on part avec Manuel Candré pour une incroyable et onirique aventure. Depuis Julien Gracq, Romain Gary, et bien d’autres grandes joies littéraires, je n’avais ressenti un tel choc.

 

Myriam BENDHIF-SYLLAS : La Captive aux yeux clairs, A.B. Guthrie (Actes Sud)

L'excellente collection dirigée par Bertrand Tavernier, "L'Ouest, le Vrai", met à l'honneur A.B. Guthrie et sa Captive aux yeux clairs. Avec un art consommé de la composition, du rythme et de la description, l'écrivain nous propulse au cœur d'un Ouest encore peuplé de ses Indiens farouches mais bientôt voué à être envahi par les commerçants. A travers le périple de Summers le vieux briscard, de Boone le fugitif rêvant de devenir trappeur et de Teal Eye, la mystérieuse jeune fille emprisonnée, se raconte une humanité rude, mise à nu jusqu'à l'os, sous toutes ses facettes, au cœur des territoires les plus fascinants qui soient."

 

Laurence BIAVA : Anaïs Nin, genèse et jeunesse, Sophie Taam (Le Chèvrefeuille étoilé)

 

Sophie Taam présente, entre biographie romancée et essai, l’histoire émouvante d’une femme hors-norme, ou bien adulée, ou bien haïe – c’est selon – qui a dû se battre bec et ongles toute sa vie pour sa reconnaissance.

la trajectoire de cette femme émancipée est une belle inspiration pour toutes les femmes d'aujourd'hui.

 

Olivier BLEUEZ : Un homme amoureux, Karl Ove Knausgaard (Denoël)

Un homme se raconte jusque dans les détails les plus ordinaires. Il est question de l’écriture, de la vision du monde, de la vie quotidienne, domestique, d’une relation amoureuse, de la lecture, du temps contraint passé à s’occuper des enfants, des amitiés, de la vie dans une grande ville suédoise ; et par-dessus tout de l’articulation de tout ça. Le récit des souvenirs (leurs imbrications) est impressionnant. Est-ce cela qui lui a valu une comparaison avec Proust ?"

 

Frédérique-Sophie BRAIZE : Une vie de lumière et de vent, Christian Signol (Albin Michel)

C’est l’histoire d’un enfant abandonné qui va trouver des raisons d’espérer pendant la seconde guerre mondiale. Ce roman pose un ensemble de questions sur la petite enfance et y apporte une réponse simple : elle est déterminante pour la suite. Lumineux et réconfortant.

 

Emmanuelle CAMINADE : Les chiens de l'aube, Anne-Catherine Blanc, (éditions D'un noir si bleu)

Un roman haut en couleurs plein de vitalité et d'humanité. Entretenant habilement le suspense d'une double intrigue dans une langue forte et singulière, l'auteur nous entraîne dans un bordel sud-américain.

 

Philippe CHAUCHÉ : 140 au carré, La Révolution en 140 tweets ou Les lendemains qui gazouillent, Marc-Emile Thinez (Editions Louise Bottu septembre 2014)

Jean Thinez met la Révolution au risque de ses tweets et de la course à pied. Il court, il tweete, croise Montaigne, Marx et Cioran – grand spécialiste de la propulsion de l’aphorisme –, Echenoz et son Zátopek, dont le corps au carré se glisse entre les pages de ce réjouissant tout petit livre.

 

Stéphane CHEMIN : Chimay. Histoire/Produits/Recettes, Stefaan Daeninck (éditions Lannoo)

Un livre de recettes inventives et récréatives autour du mariage fromages/bières de Chimay, trésor du Nord de la France !

 

Murielle COMPÈRE-DEMARCY : Le chien d'un immortel suivi par le chef de dieu, de Lionel Mazari (Jacques Lucchesi éditeur/éditions du Port d'Attache à Marseille ; automne 2014 [50 p.])-

Durant une période de cinq à six mois le poète a suivi le chien d'un immortel, donnant à naître au-delà d'une spontanéité dans l'écriture par le fil ténu de ce qui pourrait ressembler à une chronique, le regard d'une écriture sur un monde prêt de disparaître où poser sans concession le Poème tenu sans collier ni laisse. Auprès de l'absence durable du poète, le chien d'un immortel ronge l'âme de quelqu'un, en arrachant des morceaux d'étoiles.

 

Fabrice DEL DINGO : Karina Sokolova, Agnès Clancier (éditions Arléa)

Le destin de Karina Sokolova, abandonnée quelques jours après sa naissance dans les rues glacées de Kiev, pourrait être dramatique. Mais non !

 

Catherine DUTIGNY/Elsa : Franck Maubert, Visible la nuit, (Fayard)

Visible la nuit est un émouvant, vivant et brillant hommage au « kamikaze » Robert Malaval ainsi qu’une magnifique opportunité pour se retremper dans l’ambiance exubérante d’une époque d’avant le sacro-saint principe de précaution, le tout admirablement narré par Franck Maubert. Un goût délicieux de madeleine pour certains, une passionnante découverte pour beaucoup d’autres.

 

Pierrette EPSZTEIN : L'écrivain de la Famille, Grégoire Delacourt. (Livre de Poche)

Donné par une voisine qui déménage. Pris car l'auteur m'était inconnu. L'ai laissée traîner quelques temps sur ma table de nuit  N’ayant plus rien à lire dans l'immédiat l'ai ouvert.  Suis entrée dedans sans conviction, puis emportée par le récit plus que par l'écriture. N'ai pas pu le quitter avant la fin ce soir. Très attachant. Premier roman. A découvrir.

 

Patryck FROISSART : Les ongles, Mikhaïl Elizarov (Ed. Serge Safran août 2014)

Dénonciation acerbe des univers concentrationnaires où ont été reclus dans des conditions atroces des milliers d’enfants et d’adolescents handicapés physiques et mentaux dans les pays de l’Est, avant et longtemps après la chute de certains régimes totalitaires.

 

Cathy GARCIA : Les Falaises de Wangsisina de Pavan K. Varma (Actes Sud)

Un livre dans lequel il fait très bon plonger !

« Ô Khusro, la rivière de l’amour suit sa propre loi

Ceux qui l’ont traversée s’y sont noyés à coup sûr

Ceux qui s’y sont noyés l’ont traversée »

Amir Khusro

 

Matthieu GOSZTOLA : Cathédrales, 1789-1914, un mythe moderne, Dir. Sylvain Amic et Ségolène Le Men (Somogy éditions d’art)

Parce que cet ouvrage donne, mieux qu'aucun autre peut-être, la dimension de la pulsation du silence, telle qu'elle se vit au cœur même de la lumière ombrée de la cathédrale. De cette pulsation du silence qui a à voir avec le plus nu de nos vies, jusqu'à l'indicible qui en est la souche.

 

Michel HOST : Ramon del Valle-Inclàn,  Un jour de guerre vu des étoiles, Folio Bilingue N° 186 (Atelier de traduction de François Géal)

L'année commémorative s'achève : le livre à lire si l'on a peu ou rien lu sur la première grande boucherie du XXe siècle. . Evocation-réflexion d'un "regard surplombant". Ouvrage exceptionnel et rare.

 

Loredana KAHN : Le poulpe et la pulpe, Cathy Garcia (Cardère)

"Des cavales et des transes, j'ai gardé l'authentique insolence de la pulpe. Ce tremblement des nuques, embuscade hypnotique. Méandre où se coule la joie inconditionnelle."

 

Martine L. PETAUTON : Ce qui ne peut se dire, Virginie Lou-Nony (Actes Sud)

 

Ce qu'il faut dire et savoir dire - à travers l'expérience d'ateliers d'écriture, et la culture de l'auteur, sur la genèse de l'écriture, son intime et politique nécessité, son implacable deuxième peau pour chacun. Le bonheur d'écrire, comme le bonheur de vivre. Un livre que tous, nous nous devons d'avoir en tête et dans le cœur.

 

Yan LESPOUX : Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu (Actes Sud/Actes Noirs)

Dans les paysages enneigés des Vosges, entre fermeture d’usine et petits trafics, la fuite en avant de personnages dont les destins sont amenés à se croiser dans une histoire âpre et douloureuse. Alors que la crise frappe, il faut faire des choix et ce ne sont pas toujours les plus judicieux. Malgré tout, derrière la violence d’un quotidien qui ressemble souvent à une impasse, quelques éclaircies existent encore, et peut-être aussi l’espoir de lendemains un peu plus lumineux.

 

Leon-Marc LEVY : Grossir le ciel, Franck Bouysse (La Manufacture de livres)

Franck Bouysse est un raconteur d’histoires dans la grande tradition. Américaine ? Oui mais pas seulement. Sur les traces de Gus, dans le cadre rude des Cévennes, c’est aussi Jean Giono qui nous hante. Notre grand-à-nous du panthéisme, de la Nature déifiée, sacralisée, matrice de vie et de mythes

 

Christine MERCANDIER : Nous sommes tous morts, Salomon de Izarra (Rivages)

Si vous adorez les frissons nocturnes, les grandes peurs venues du fond de l’enfance et qui, toujours, nous poursuivent de leurs frissons délicieux, n’hésitez pas un instant, précipitez-vous sur le livre de Salomon de Izarra ! On jurerait par moment que ce n’est pas un livre de notre temps, on le dirait sorti tout droit du XIXème siècle, voire du XVIIIème siècle baroque. Les lectures de l’auteur sont là, sans cesse présentes, traversant en fulgurances régulières le récit haletant et terrifiant : Melville, Poe, Maupassant, Lovecraft et d’autres encore. (LM. Levy. La Cause Littéraire)

 

Marc MICHIELS : L’incolore, Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki Murakami (Belfond)

Le nouveau roman du surdoué Murakami. Comme à chacun de ses livres, une réflexion sur la solitude et une rêverie sublime sur l’infini des variations d’aiguillage du Moi intérieur.

Anne MORIN : Les terres du couchant, Julien Gracq (Editions Corti)

C'est un livre important dans l'œuvre de Gracq pour suivre, à travers le temps, par un principe de réversibilité - parce qu'il est posthume et parce qu'il est inachevé-son écriture et sa pensée, "chemin faisant", comme une "mise en instance" qui convoque et éclaire.

 

Vincent MOTARD-AVARGUES : Consolations, Nathalie Aumont (Arléa, collection 1er mille)

le récit d' une sœur qui parle de son frère décédé vingt ans plus tôt, les souvenirs, regrets, remords, reproches faits à l'Autre, aux autres, à soi ; mais, surtout, cette idée que le mort reste vivant en l'esprit de tous, y compris de ceux qui ne l'ont pas connus. Un livre qui ne traite pas du deuil, mais bien de la vie, sa résistance, que rien ne se perd, vraiment, que tout compte, tous comptent ; sans pathos, aucune exagération, pas de tire-larmes facile ; au contraire, avec une écriture sobre, directe, intense.

 

Marc OSSORGUINE : "F.", Luis Seabra, (éditions Rivages)

Un récit clinique et froid qui nous emmène dans les labyrinthes de l'enfermement carcéral. Un récit à trois voies où nul n'est innocent, même si personne n'est coupable. Une sorte de cauchemar éveillé sorti d'un livre oublié sur un coin de table et aussi une sorte de nouveau traité de la servitude volontaire. Court et magistralement maîtrisé. Glaçant.

 

Laurence PYTHOUD GRIMALDI : La libellule et le philosophe, d'Alain Cugno, (Espaces libres Albin Michel)

Seriez-vous capable de croupir en larve infâme dans les eaux glauques pendant des années pour voler à peine quelques semaines de pur paradis ? Tel est le sort des libellules. Et le philosophe de s'émerveiller, et nous aussi : "Elles nous font changer de monde".

 

Zoe TISSET : La maison des pères de Jorn Riel (Gaïa)

C'est drôle, authentique et plein d'enseignements sur la différence entre l'authentique et l'artificiel. Dépaysement garanti.

 

Romain VÉNIER : L'étoffe du diable - une histoire des rayures et des tissus rayés, Michel Pastoureau, (Seuil, collection Points - histoire)

L'auteur est connu pour ses travaux sur les symboles au Moyen-Âge et sur les couleurs. Ce court essai de 1991, réédité à l'été 2014, évoque 800 ans de rayures - ce qu'elles représentent et sous-tendent. Érudit mais pédagogique ; lumineux, passionnant.

 

La Rédaction


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La rédaction de "La Cause Littéraire"