Les Autodafeurs 3, nous sommes tous des propagateurs, Marine Carteron

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Les Autodafeurs 3, nous sommes tous des propagateurs, Marine Carteron

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas 26.08.15 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Le Rouergue

Les Autodafeurs 3, nous sommes tous des propagateurs, mai 2015, 368 pages, 14,90 €

Ecrivain(s): Marine Carteron Edition: Le Rouergue

Les Autodafeurs 3, nous sommes tous des propagateurs, Marine Carteron

 

Le troisième et ultime volet de la série Les Autodafeurs place ses héros dans une bien délicate posture : les Autodafeurs sont parvenus à détruire le Trésor de la Confrérie et ils n’ont pas eu d’autre choix que de s’enfuir dans le désordre le plus complet. Au début de ce roman, les derniers membres de la Confrérie se sont réunis dans une cachette secrète, sur une île inconnue. Auguste, Néné et Césarine y découvrent d’autres adolescents dans la même position qu’eux, tandis que Mme Mars se remet peu à peu de ses blessures. Devenus les ennemis numéro un, ils ne peuvent plus réintégrer le monde et se terrent bon gré mal gré.

L’avenir semble sombre et sans issue, mais nos héros vont devoir reprendre du service lorsqu’une annonce vient bouleverser la situation : une loi mondiale, mettant en œuvre des règles de censure, vient d’être promulguée.

‒ Ils l’ont appelée la « Loi de sauvegarde mondiale » et, en gros, elle consiste à obliger la population à donner la totalité de ses livres ayant survécu aux IGM pour « décontamination », à autoriser la censure des médias pour « éviter la propagande pouvant bénéficier aux terroristes », à limiter les lois sur le respect de la vie privée pour permettre la surveillance totale des communications et, enfin, à placer Internet sous la tutelle d’un organisme mondial chargé de « nettoyer le réseau » avant sa réouverture… Bref, j’te la fais courte, le monde, c’est devenu la Corée du Nord mon pote !

Alors qu’Auguste sort progressivement du marasme où il avait sombré, Césarine entame une recherche secrète : elle se décide à traduire le livre mystérieux qu’elle avait réussi à dérober aux flammes lors de l’attaque des Autodafeurs. Il y est question d’un livre qu’on ne lit pas, d’une expédition espagnole, d’un commandant sombrant dans la folie… Frère et sœur vont bientôt conjoindre leurs efforts pour dénouer ce mystère et trouver un plan d’action. Car ce n’est pas sur les adultes qu’ils peuvent compter… comme l’explique si bien Césarine :

Il a bien fait parce que, même si les nouvelles ne sont pas bonnes, le plan des adultes, lui, est vraiment stupide : ils ont décidé de se cacher et de ne rien faire en attendant de « trouver une solution ».

Quand Rama m’a dit ça, je me suis demandé si c’était vraiment raisonnable de donner autant de responsabilités aux gens sous prétexte que ce sont « des adultes » et j’ai pensé que la définition de ce mot ne devrait pas être établie sur des critères d’âge mais de raison.

Rama a décrit leur position en disant qu’ils pratiquaient « la politique de l’autruche » et, pour une fois, même si c’était idiot, j’ai compris ce que cette image voulait dire […].

C’est n’importe quoi. D’abord pour l’autruche, qui mériterait d’être une espèce en voie de disparition vu son comportement stupide, mais aussi pour les adultes parce que je ne vois pas comment la situation pourra évoluer si on se contente d’attendre que les Autodafeurs viennent tous nous capturer.

À la tête d’une équipe de choc, les deux jeunes gens vont réaliser prouesse sur prouesse pour sortir le monde de cette catastrophe annoncée et avant tout, pour sauver leur peau !

Le cocktail initié par l’auteure fonctionne à plein régime dans cette dernière aventure : humour, action, rebondissements surprenants tiennent le lecteur en haleine, style alerte alternant langage oral et vocabulaire soutenu. Le décryptage des carnets de Colomb, le récit de ses découvertes mais surtout la révélation de la nature de ce livre miroir constituent les plus grandes réussites du récit. Nous quittons les enfants Mars avec regret, mais avec la satisfaction d’avoir lu et pris plaisir à l’une des séries les plus fameuses de ces dernières années.

Roman à partir de 12 ans

 

Myriam Bendhif-Syllas

 

Chronique des premiers volumes :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-autodafeurs-1-mon-frere-est-un-gardien-marine-carteron

http://www.lacauselitteraire.fr/les-autodafeurs-2-ma-soeur-est-une-artiste-de-guerre-marine-carteron

 

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A propos de l'écrivain

Marine Carteron

 

Marine Carteron a fait des études d’histoire de l’Art et d’archéologie. Aujourd’hui elle enseigne. Les Autodafeurs est son premier roman.

 

A propos du rédacteur

Myriam Bendhif-Syllas

 

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Rédactrice

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Responsable de la section "littérature jeunesse"

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