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Le Citronnier, Samantha Barendson

Ecrit par Vincent Motard-Avargues 05.02.15 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Le Pédalo Ivre

Le Citronnier, 2014, 80 pages, 10 €

Ecrivain(s): Samantha Barendson Edition: Le Pédalo Ivre

Le Citronnier, Samantha Barendson

 

Le père. L’absence du père. Ou plutôt, la présence de l’absence du père. Cette recherche incessante, cet espoir de savoir qui il était, comment il vivait, quand il vivait, loin de l’auteure, au moment où, trop jeune, elle n’a pu happer l’importance de chaque respiration, paroles, gestes de celui qui reste présent, malgré tout.

Présent, oui. Il vit avec elle, à côté, ou presque. Elle lui parle, en plusieurs langues, celle de l’héritage paternel, ou celle de l’expérience personnelle… mais avec les mêmes mots : je t’aime papatu fais chier papa… ces mêmes cris d’amour !

Présent, encore… à travers quelques photos fatiguées, deux trois babioles indispensables… et surtout certaines paroles, mots, silences intenses des proches, ceux qui l’ont connu, fréquenté, aimé… mais pas de tous ceux qui l’ont aimé… beaucoup ont disparu… comme lui… desaparecido… ce mot qui, comme l’écrit si bien l’auteure, n’a pas de double sens, concernant son père ; même si italien de naissance, il a vécu en Argentine, avant de migrer en Espagne puis a fini sa vie en Argentine, au temps de la dictature… mais de mort accidentelle… pas desaparecido, comme les torturés, assassinés… disparu comme celui qui n’a laissé pratiquement aucune trace.

Sans exhibitionnisme ni pathos, Samantha Barendson nous livre un témoignage qui passe par la poésie pour mieux se livrer, par tranches subtiles d’instants vécus, de périodes confondues. La langue est sobre et intense, triste et drôle, la comédie et le drame se côtoient, comme dans la tradition italienne… hommage dans la langue et la culture de naissance du père, ce père qui nous parle, alors, grâce à elle.

 

Vincent Motard-Avargues

 


  • Vu : 1965

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A propos de l'écrivain

Samantha Barendson

 

Samantha Barendson est née en 1976 en Espagne, de père italien et de mère argentine. Elle grandit ensuite au Mexique et s’installe finalement en France, à Lyon, par le plus grand des hasards. Auteur de poésie et de pièces de théâtre, elle aime travailler en collaboration avec d’autres poètes, peintres, illustrateurs ou photographes. Elle aime déclamer, crier, hurler ou chanter ses textes sur scène, un peu frustrée de n’être pas une chanteuse de tango. Samantha Barendson contribue actuellement à l’écriture du spectacle L’Odyssée d’A… mis en scène par Manuel Pons (compagnie l’Eukaryote Théâtre). Par ailleurs, elle publie régulièrement dans des revues de poésie (Art le Sabord, Verso, le Journal des poètes, Ecrits du Nord, Pyro, L’arbre à paroles, etc.).

Elle vient également de publier deux recueils de poésie : Des coquelicots / Amapolas, au Pré # carré éditeur ; Les délits du corps / Los delitos del cuerpo, chez Christophe Chomant éditeur. Un recueil co-écrit avec le poète Jean de Breyne devrait paraître au printemps 2013.

http://sbarendson.free.fr

http://samantha.barendson.over-blog.com

 

A propos du rédacteur

Vincent Motard-Avargues

 

Vincent Motard-Avargues, né à Bordeaux où il vit et travaille, pratique peinture, photo et musique en amateur ; a créé la revue en ligne Ce Qui Reste ; a publié trois livres : Recul du trait de côte, éditions de la Crypte, 2014, Si peu, tout, éditions Éclats d’encre, 2012, Un écho de nuit, éditions du Cygne, 2011, etc. ainsi que quatre plaquettes, dont trois chez Encres Vives ; puis une trentaine de participations à des revues/anthologies/sites collectifs.