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L’eau vive des falaises, Murielle Compère-DeMarcy

Ecrit par Laurence Biava 20.10.14 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Encres vives

L’eau vive des falaises, mai 2014

Ecrivain(s): Murielle Compère-Demarcy Edition: Encres vives

L’eau vive des falaises, Murielle Compère-DeMarcy

 

Murielle Compère-Demarcy décline ici l’un de ses thèmes de prédilection : celui de la falaise, dans toute un palette de métaphores, et dans toute sa symbolique.

Chaque poème exprime la force cassante de la falaise aux prises avec la puissance des éléments chaos-cosmiques. C’est le flux de l’éphémère immuable de la falaise aux prises avec le temps.

Parfois c’est la falaise qui éclabousse contre laquelle palpite l’effritement du dire ; c’est encore la falaise exprimant l’effritement du corps éprouvé lors de l’amour durable dans la force sentimentale de sa fragilité.

C’est la falaise qui grouille contre vents et marées. La falaise à contre-courants. La falaise friable irriguée par les sources. Comme la poésie. Comme les sentiments.

Il n’est question que de nature et des relents cycliques… Seuls, dans cette prose sauvage et admirable, sont dépeints les éléments naturels. C’est le nuage, la sève des arbres, l’aisselle des fougères, ou bien l’ouverture de la nuit et le sang de l’hiver. Pris en grappes dans les mots, les sentiments qui tournoient autour de la séparation ou de la rupture s’expriment.

Parfois, aussi, c’est l’espoir de l’enfance qui est évoqué. Dans son éternel retour, dans les replis de son absence. Dans sa réminiscence. La main coureuse de l’enfance. Qui brûle dans l’âtre de l’attente. La marelle.

Quelquefois, l’auteur endure les aubes dévastées et les aboiements du silence. Alors, elle simule des coups. Et c’est la langue musclée et râpeuse qui fouette, incarnée. Comme l’hiver qui se contracte, dans la filature des jours blancs.

On aime ces messagères qui n’ont plus assez de nuits pour dormir, et ce soleil qui, dans la pâleur de l’hiver, ne rayonne jamais séparément et fait son funambule.

J’aime cette poésie en rupture, fracassée, furtive et forte. De quelle quête s’agit-il ici ? Une quête existentielle ? Intense et vitale ? Sans doute. Pas d’emphase, mais des bribes lyriques, échevelées, denses, d’une certaine intensité. En raccord total avec l’être et ses émotions, visiblement expérimentées, éprouvées. Une prose habitée ravivant le lit du souvenir, jalonnant la mémoire, immuable. J’ai voyagé dans ces pages, ne cessant d’y revenir, et je fus sensible à l’univers habité et incarné de son auteur.

 

Laurence Biava


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A propos de l'écrivain

Murielle Compère-Demarcy

 

Est tombée dans la poésie addictive (ou l'addiction de la poésie), accidentellement. Ne tente plus d'en sortir, depuis. Est tombée dans l'envie sérieuse de publier, seulement à partir de 2014.

A publié, de là jusqu'ici :

Je marche--- poème marché/compté à lire à voix haute et dédié à Jacques DARRAS, éd. Encres Vives, 2014

L'Eau-Vive des falaises, éd. Encres Vives, 2014

Coupure d'électricité, éd. du Port d'Attache, 2015

La Falaise effritée du Dire, éd. du Petit Véhicule, Cahier d'art et de littératures n°78 Chiendents, 2015

Trash fragilité (faux soleils & drones d'existence), éd. du Citron Gare, 2015

Un cri dans le ciel, éd. La Porte, 2015

Je Tu mon AlterÉgoïste, éd. de l'Ecole Polytechnique, Paris, 5e, 2016

Signaux d'existence suivi de La Petite Fille et la Pluie, éd. du Petit Véhicule, coll. de La Galerie de l'Or du Temps ; 2016

Co-écriture du Chiendents n°109 Il n'y a pas d'écriture heureuse, avec le poète-essayiste Alain MARC, éd. du Petit Véhicule ; 2016

Le Poème en marche suivi par Le Poème en résistance, éd. du Port d’Attache ; 2016

Dans la course, hors circuit, éd. Tarmac, coll. Carnets de Route ; 2017

Poème-Passeport pour l’Exil, avec le poète et photographe ("Poétographie") Khaled YOUSSEF éd. Corps Puce, coll. Liberté sur Parole ; mai 2017

S'attèle encore. À écrire une vie, ratée de peu, ou réussie à la marge.

Publie en revues (La Revue Littéraire (éditions Léo Scheer), Poezibao, Phoenix, FPM-Festival Permanent des Mots, Traction-Brabant, Les Cahiers de Tinbad, Poésie/première, Verso, Décharge, Traversées, Mille et Un poètes (avec "Lignes d’écriture" des éditions Corps Puce), Nouveaux Délits, Microbes, Comme en poésie, Poésie/Seine, Cabaret,  …).

Rédactrice à La Cause Littéraire, écrit des notes de lecture pour La Nouvelle Revue Littéraire (éd. Léo Scheer), Les Cahiers de Tinbad, Poezibao, Traversées, Sitaudis.fr, Texture, …

Effectue des lectures : Maison de la Poésie à Amiens ;  à Paris : Marché de la Poésie (6e), Salon de la Revue (Hall des Blancs-Manteaux dans le Marais, Paris 4e), dans le cadre des Mardis littéraires de Lou Guérin, Place Saint-Sulpice (Paris, 6e), Festival 0 + 0 de la Butte-aux-cailles, Melting Poètes (Paris, 14e) ; auteure invitée aux Festival de Montmeyan (Haut-Var)[depuis août 2016] ; au Festival Le Mitan du Chemin à Camp-la-Source en avril 2017;  [Région PACA] ; au Festival Découvrir-Concèze (Corrèze) du 12 au 18 août 2018

Lue par le comédien Jacques Bonnaffé le 24.01.2017 sur France Culture :

https://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/courriers-papillons-24-jour-deux-poemes-de-front


A propos du rédacteur

Laurence Biava

 

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Rédactrice

 

Titulaire d'une licence de lettres classiques, romancière, chroniqueuse littéraire auprès de BSC News, Unidivers.org, et Présidente de Collèges littéraires des Prix Rive Gauche à Paris et Prix littéraire du Savoir et de la Recherche. Deux romans parus : l’un,  en septembre 2010 Ton visage entre les ruines chez In Octavo Editions, l’autre en juin 2014 Amours mortes aux Editions Ovadia. Le troisième livre – Mal de mer -, Journal de Bord écrit en hommage aux victimes du tsunami asiatique de décembre 2004, paraît pour l’été 2015.
Enfin, un Recueil de Nouvelles Rive gauche à Paris – la Rive gauche en toutes lettres - initié par le Collège du Prix Rive gauche à Paris en 2013 ainsi qu’un quatrième livre En manque – troisième roman – paraîtront, selon toute vraisemblance, au second semestre 2016.

Ouverture d’un site littéraire personnel (site, pas blog) le 20 août 2015 pour la rentrée littéraire de septembre prochain.