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L’amour en bref, Michel Collot (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola le 21.11.18 dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

L’amour en bref, Michel Collot, Tarabuste éditeur, 95 pages, 13 €

L’amour en bref, Michel Collot (par Matthieu Gosztola)

Données à lire ici, de belles pages sur l’amour, qui, proches d’Apollinaire, dénudent le poème avec innocence (une innocence éperdue). Pour que, tendrement modulé, il se rapproche, doucement, de la chanson. Qui le dénudent pour qu’il devienne le reflet vrai – infiniment chatoyant – d’une naïvetédes sens, du ressenti (au sens étymologique du terme). Tant il est vrai qu’aimer, c’est trouver (et non re-trouver) son enfance. Tant il est vrai qu’aimer, c’est naître réellement. Dans une connaissance acquise de soi qui résulte, toute, de la connaissance, éblouie, de l’autre. Tant il est vrai qu’aimer, c’est « [s]’unir à la chair / Du monde ».

*

Levé à l’aube

quand je m’éveille

l’astre s’élève

sur les flots sombres

l’espoir soulève

le poids des ombres.

*

Couleurs changeantes de la mer :

bleu gris ou vert comme tes yeux

comme nos vies mêlées de pluie

d’azur de brume et de lumière.

 

*

La nuque appuyée sur

la vague qui me berce

ta présence me porte

je flotte comme en rêve

sur un lit de douceur.

 

*

Le vent a ravivé la plaie

du couchant qui rougeoie

comme le feu dans l’âtre

et l’âme cherche un baume

qui apaise les braises

de la blessure à vif.

 

*

Le soleil se noie

rouge dans la mer

comme un cœur qui saigne.

 

Je voudrais plonger

pour le repêcher

mais il disparaît

s’abîme et la brume

envahit le ciel

et m’ensevelit.

 

*

La lune sur les flots

caresse sur la peau

irise la surface

chatoyante de l’eau

fait tressaillir la chair

vivante de la nuit.

 

*

Musique de la brise

murmure de la mer

pulsation des étoiles :

on entend battre un cœur.

 

Les cordes vibrent

un oiseau chante

mais ta voix manque

à ce concert.

 

*

Je me mets au piano

pour bercer ma tristesse

par une mélodie

sans accompagnement.

Ne pourrons-nous jamais

jouer à quatre mains ?

 

[Matthieu Gosztola]

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A propos du rédacteur

Matthieu Gosztola

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Rédacteur

Membre du comité de rédaction

 

Docteur en littérature française, Matthieu Gosztola a obtenu en 2007 le Prix des découvreurs. Une vingtaine d’ouvrages parus, parmi lesquels Débris de tuer, Rwanda, 1994 (Atelier de l’agneau), Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin (Éditions de l’Atlantique), Matière à respirer (Création et Recherche). Ces ouvrages sont des recueils de poèmes, des ensembles d’aphorismes, des proses, des essais. Par ailleurs, il a publié des articles et critiques dans les revues et sites Internet suivants : Acta fabula, CCP (Cahier Critique de Poésie), Europe, Histoires Littéraires, L’Étoile-Absinthe, La Cause littéraire, La Licorne, La Main millénaire, La Vie littéraire, Les Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française, Poezibao, Recours au poème, remue.net, Terre à Ciel, Tutti magazine.

Pianiste de formation, photographe de l’infime, universitaire, spécialiste de la fin-de-siècle, il participe à des colloques internationaux et donne des lectures de poèmes en France et à l’étranger.

Site Internet : http://www.matthieugosztola.com