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Jeunesse

Peur Express, Jo Witek

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 11 Mars 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Actes Sud Junior

Peur Express. Février 2012. 323 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Jo Witek Edition: Actes Sud Junior

Un bon thriller, c’est déjà quelque chose, ça vous cloue, ça vous colle la frousse, ça vous donne des sueurs froides et vous dévorez les pages comme un addict s’envoie sa dose. Mais un bon thriller qui se termine et se métamorphose en autre chose, c’est inédit, ça vous secoue les méninges après avoir joué avec vos sensations primitives, ça vous emporte au-delà de vos attentes.

Peur Express joue au lecteur ce sacré bon tour et on en redemande. Le thriller pour commencer : un roman choral dans un train où se font entendre successivement une conductrice de TGV, un contrôleur et six passagers adolescents qui ne se connaissent pas. Le pénible voyage ferroviaire une veille de Noel tourne au cauchemar lorsque le train se trouve bloqué sur un pont. Dans la première rame privée d’eau, de chauffage et de lumière, on risque l’émeute. Mais cela n’est rien en comparaison des phénomènes qui s’abattent sur nos protagonistes : un concentré de paranormal à glacer le sang. Fantôme d’un bourreau cru disparu, hallucinations faisant surgir un visage d’outre-tombe, un serial-killer ou un vampire séducteur se livrant à des rites sataniques, résurgence d’un ancien nazi toujours en quête d’une victime juive…

« C’était fou ce qui s’était passé cette nuit et les voyageurs de la rame 2 avaient bien du mal à croire à toutes ces histoires de la rame 1. Pourtant, certains d’entre eux durent admettre que quelque chose ne tournait pas rond quand ils entendirent une femme hurler. »

Mô-Namour, Claude Ponti

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 27 Février 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'école des loisirs

Mô-Namour, octobre 2011, 40 pages, 18,50 €. . Ecrivain(s): Claude Ponti Edition: L'école des loisirs

La cuvée Ponti 2011 a tout d’un grand cru. Belle robe, forte en bouche, avec ce qu’il faut de violence et d’amertume pour mieux goûter son mystère. A ceux qui penseraient que sa créativité pourrait trouver des limites, Mô-Namour, son dernier album, apporte un virulent démenti. Images et mots se cognent, se choquent, s’entrecarabistouillent dans une histoire dure et sensible, prêtant à des lectures multiples. Enfants et adultes ne liront pas cet album de la même façon mais ils y trouveront tous matière à réflexion, plaisir et questionnements.

La vie d’Isée bascule lorsqu’un arbre Borderoutt se retrouve endormi en plein milieu de la chaussée  sur laquelle roule la voiture de ses parents. Alors que ces derniers disparaissent dans le ciel, Isée et son doudou Tadoramour retombent parmi les débris. « Ils sont si hauts qu’ils doivent… être morts », se dit-elle, « le cerveau tout embrouillaminé ». Commence alors un cheminement plein de surprises et d’embûches, de transformations et de révélations dans un univers à la fois des plus simples et des plus loufoques où les éléments sont aussi changeants que les personnages, où l’on bâtit des maisons dans des forêts de bois mort, des véhicules dans des cossavoyages, où l’on retrouve sa tête au bout de quelques vignettes, où la dynamique de la composition nous emporte dans un tourbillon de vivacité.

L'innocent de Palerme, Silvana Gandolfi

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 26 Février 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Les grandes personnes

L’Innocent de Palerme, trad. italien par Faustina Fiore, (Io dentro gli spari), septembre 2011, 269 p. 16 € . Ecrivain(s): Silvana Gandolfi Edition: Les grandes personnes

Santino est champion de course et aimerait faire de la voile. Santino a six ans. C’est encore petit mais bien assez grand pourtant pour observer et garder en mémoire les faits et gestes des adultes. Et à Palerme, entre la maison familiale et la ville fantôme, s’opèrent d’étranges aller-retour jusqu’au jour où les dettes doivent être payées par le sang. Lucio a onze ans, il vit à Livourne et porte à bout de bras sa mère impotente et sa pénible sœur de quatre ans. Sa seule bouffée d’oxygène réside dans ses stages de voile en été et dans les lettres qu’il écrit au Chasseur. Le jour où sa mère n’est plus à la maison, tout bascule.

Les histoires de ces deux garçons vont se rencontrer et finir par se conjoindre en un subtil jeu d’écriture. Au-dessus de leurs têtes pèse une main tentaculaire qu’on ne nomme pas, qu’on ne peut parvenir à oublier, à semer, à éviter. Invisible ou sous le masque d’un personnage trop parfumé, trop élégant, la Mafia rôde tel un monstre infernal. Elle hante les rêves et pourrit la réalité. Elle déforme le regard des enfants et les force à grandir, abruptement.

L'enfant et la nuit, Olivier Balazuc et Emmanuel Polanco

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 07 Février 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

L’Enfant et la nuit, Gallimard jeunesse, 2012, 64 p. 22 €. (Livre CD) . Ecrivain(s): Olivier Balazuc et Emmanuel Polanco Edition: Gallimard

Récit initiatique et conte lyrique, L’Enfant et la nuit offre à son public un spectacle total ; spectacle dans un fauteuil qu’il pourra lire, voir et écouter en une association subtile. En une seule nuit et comme dans un rêve, les craintes les plus anciennes se réveilleront et prendront forme, les monstres et la mort se feront les alliés inattendus du rire et les enfants seront transportés dans un monde inquiétant et curieux.

Le jeune Virgile pénètre au cœur de la nuit pour ramener le jour. Dans sa chambre, sa sœur a peur, dans la sienne, leur mère malade se repose. Mais dans ce parcours obscur surgissent des êtres malfaisants, des rêves et des cauchemars. La belle mais cruelle reine Noctilia et son fidèle valet, le savant Evariste, attendent les jeunes noctambules pour les effrayer et se saisir de leurs larmes, composant essentiel de leur élixir de beauté éternel. « Un mirifique édulcorat », un « substrat de jeunesse » capable de donner naissance à cette « Eve nouvelle / Fruit de la science et du scapel » qu’incarne la reine de la Nuit. Virgile devra échapper à leurs pièges et ne pas céder aux mirages de la nuit.

La forteresse des lapins, Linda Zuckerman

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 04 Février 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits, Seuil Jeunesse

La Forteresse des lapins, traduit de l’anglais (USA) par Daniel Lemoine (A Taste fort Rabbit), octobre 2011, 347 p. 16 € . Ecrivain(s): Linda Zuckerman Edition: Seuil Jeunesse


Si l’on vous parle d’une histoire de renards et de lapins, à quoi penserez-vous ? Non, il ne s’agit pas d’une adaptation de La Fontaine, ni d’un inédit de Béatrix Potter ou de Kenneth Graham… Sous les dehors d’une fable animalière, La Forteresse des lapins recèle un véritable thriller politique et économique où la loi du profit est poussée à son extrême. A travers le commerce illicite de chair comestible, une sorte de cannibalisme différé se dévoile. L’avidité s’exprime avec démesure et la folie gagne le consommateur prêt à tout pour voir ses désirs satisfaits.

La société des renards n’a rien à envier à la nôtre. Elle est particulièrement policée et civilisée. Ses citoyens ne chassent plus et se contentent de se fournir dans des épiceries. Chez le peuple des lapins, des mesures ont été prises pour parer aux nombreuses disparitions. Un couvre-feu et des tours de garde imposent ce qui se dessine comme un régime dictatorial jamais connu jusqu’alors. Les rouages se grippent lorsque certains se mettent à réclamer de la viande vraiment sauvage et que les autres sont prêts à sacrifier leurs congénères pour s’enrichir et prendre le pouvoir. Que se passe-t-il lorsque le lapin devient un loup et le renard un mouton ?