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Jeunesse

Saltimbanques, Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 18 Décembre 2011. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Thierry Magnier

Saltimbanques, 2011, 51 p. 27,50×37cm, 21,50€. . Ecrivain(s): Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart Edition: Thierry Magnier

Venez, Mesdames et Messieurs, petits et grands… Entrez dans le cirque le plus époustouflant ! Venez découvrir une galerie de personnages hors-du-commun ! L’Homme Tronc et le Colosse, la Femme à barbe et les Sœurs siamoises, le Musicien sans bras ni jambes et la Sirène… Mais venez surtout découvrir la fragile humanité de ces artistes, de cette galerie de freaks dont la monstruosité devient une sublime parure.

« J’ai toujours aimé les fleurs. Elles ont la légèreté qui me manque. Elles cachent aussi, au creux de leurs corolles, mille petites monstruosités qui me plaisent. Jolies sans doute, elles sont surtout étrangement vivantes. »

Les dessins d’Emmanuelle Houdart transportent le lecteur dans un univers de rêve à la fois étrange et attirant où les couleurs d’enluminure rivalisent avec des détails pleins de poésie et d’humour. Sous les courbes et volutes, sous les difformités délicates et les savants tatouages, on sent l’affection de l’artiste pour ses saltimbanques, ses bateleurs inouïs. Marie Desplechin a tissé des liens entre eux, inventé ou plutôt révélé leurs secrets et les trames de leurs destins. Elle a même instauré une forme de suspens quant à l’identité du mystérieux narrateur et à la façon dont il relie les différentes histoires et délivre les portraits des autres personnages.

Dans le mystère des animaux sauvages, Sébastien G. Orsini

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 08 Décembre 2011. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud

Dans le mystère des animaux sauvages, Abécédaire en linogravure ; Actes Sud Junior ; 2011 ; 18,50 € . Ecrivain(s): Sébastien G. Orsini Edition: Actes Sud

« Encore un abécédaire, encore des animaux sauvages ». Voilà ce que nous pourrions nous dire à priori en prenant en main l’album Dans le mystère des animaux sauvages de Sébastien G. Orsini.

Oui, mais voilà… Dès la première de couverture nous sommes figés par le regard aigu, quasi magnétique, de trois étranges créatures qui nous pressent d’ouvrir le livre. Ou plutôt, qui nous ordonnent de nous plonger dans cet étrange univers végétal, minéral et animal créé par le graveur Sébastien G. Orsini.

Sur la page de gauche, une lettre qui surgit du paysage, puis un mot. La seule lecture de ces noms est déjà une promesse d’Ailleurs : certes l’on croise l’éléphant, le jaguar et le gorille, mais surtout on découvre le curieux yapock, le virevoltant xylocope ou encore le royal urubu.

Sur la page de droite, le lecteur – explorateur contemple des silhouettes tout en contrastes, tout en violence : ici pas de douceur, mais de la majesté. Nous sommes aspirés par ce monde immobile, composé de noirs, de gris, de verts et d’orangés, des couleurs de la pierre, du ciel et de la terre.

Candor, Pam Bachorz

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Thierry Magnier

Candor, traduit de l’anglais (USA) par Valérie Dayre, 2011, 383 p. 17 € . Ecrivain(s): Pam Bachorz Edition: Thierry Magnier

 

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. On y vit entre soi, entre personnes partageant les mêmes valeurs et les mêmes désirs. Les jeunes, en particulier, s’avèrent exemplaires : élèves parfaits, futurs citoyens modèles, investis dans toutes les tâches de la communauté, satisfaisant toutes les demandes de leurs parents.

Dans cette ville trop calme où jamais rien ne vient étonner, brusquer, choquer les habitants, résonne en permanence une douce musique. Elle joue dans les rues, dans les bâtiments. Elle est tellement familière qu’on ne la remarque plus. Or, la musique constitue le secret de cette cité magique. Emplie de messages subliminaux, elle formate les enfants des citoyens, à la demande de ces derniers, puisque l’entrée dans ce paradis entièrement sous surveillance leur a coûté fort cher. « Gardons toujours une distance respectueuse ». « La politesse avant toute chose ». « Candor est notre havre de paix ».