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Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

Ecrit par Sophie Adriansen 29.12.11 dans La Une Livres, Recensions, Les Livres, Roman, Pocket

Je n’ai pas dansé depuis longtemps, Belfond, janvier 2010, 392 p. 20 € ; Pocket, août 2011, 7,40 €

Ecrivain(s): Hugo Boris Edition: Pocket

Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

Ivan est un cosmonaute envoyé en orbite pour 400 jours, à l’époque de Gorbatchev puis d’Eltsine. Il est médecin, et voyage avec Nikolaï et Viktor. Il réalise sur eux comme sur lui des prélèvements. Très vite, il les croit ligués contre lui. La paranoïa enfle, dopée par l’absence de la femme et des enfants d’Ivan. A mesure que sa peau part en lambeaux, l’apesanteur ayant cette action sur l’épiderme, Ivan voit sa sensibilité croître, sa susceptibilité aussi.

Et il connaît les statistiques : le risque d’y rester est de 7,5%.

Hugo Boris a une écriture froide qui colle à l’ambiance soviétique du roman.

Ici, dans l’espace, comme dans tout lieu clos, les sentiments sont exacerbés. Et l’auteur dissèque les comportements humains, dans cette station où chaque geste prend une signification précise et des proportions démesurées.

Peu à peu, le ton se réchauffe, le cœur l’emporte sur la froideur. Dans ce huis clos original, le suspens grandit à mesure que les jours (les pages) défilent, pour une dernière partie explosive.

Là-haut, le soleil se lève et se couche seize fois par jour.

Avec Je n’ai pas dansé depuis longtemps, c’est un univers totalement inédit qui s’offre à nous, différent des images véhiculées par l’album d’Hergé On a marché sur la lune, un monde à l’extérieur du nôtre. Dans ce roman, l’apesanteur est palpable, les contraintes du quotidien, les dangers aussi, rapportés avec précision. Que l’on ait ou non des affinités avec l’espace, Hugo Boris en a rendu les acteurs, sous les traits de ses personnages attachants, très sympathiques.

Cet exercice – réussi sur le fond comme sur la forme, qui évolue avec le temps – force le respect de par la quantité d’informations contenues dans le roman, pour lequel il aura fallu trois ans de travail à son auteur.

Cet ouvrage a remporté le prix Amerigo Vespucci 2010, caractérisé par une thématique : celle de l’aventure et du voyage.


Sophie Adriansen


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A propos de l'écrivain

Hugo Boris

Hugo Boris est né à Paris en 1979. Son premier roman, Le baiser dans la nuque (Belfond, 2005), a été récompensé par le festival de Chambéry et par le prix Emmanuel-Roblès, remis par les membres du jury Goncourt. La délégation norvégienne, son deuxième roman (Belfond, 2007), a reçu le premier prix littéraire des Hebdos en Région. Je n’ai pas dansé depuis longtemps, paru chez le même éditeur en 2010, a été distingué par le prix Amerigo Vespucci. Diplômé de sciences politiques et de l’École nationale supérieure Louis-Lumière, il travaille dans une école de cinéma le jour et écrit la nuit.


A propos du rédacteur

Sophie Adriansen

 

Sophie Adriansen est l'auteur de plusieurs ouvrages en littérature générale et en littérature jeunesse, notamment Je vous emmène au bout de la ligne (Max Milo), Trois années avec la SLA (Editions de l'Officine), Un meeting (StoryLab), J'ai passé l'âge de la colo ! (Editions Volpilière), Louis de Funès - Regardez-moi là, vous ! (Editions Premium), Quand nous serons frère et sœur (Editions Myriapode). Ses nouvelles ont été publiées en recueils et dans différentes revues.

Elle participe à des jurys littéraires et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit.

www.sophieadriansen.fr

 

http://www.lacauselitteraire.fr/j-ai-passe-l-age-de-la-colo-sophie-adriansen J'ai passé l'âge de la colo !