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Mon Oncle Napoléon, Iraj Pezeshkzad

Ecrit par Laetitia Nanquette 06.03.11 dans Actes Sud, Les Livres, Asie, Recensions

Mon oncle Napoléon, traduit par Sorour Kasmaï, 2011, Actes Sud. 492 p. 23 €

Ecrivain(s): Iraj Pezeshkzad Edition: Actes Sud

Mon Oncle Napoléon, Iraj Pezeshkzad

Iradj Pezechkzad est né en 1928 à Téhéran, et vit aujourd’hui en France. Il a exercé les professions de juge et diplomate, et publié plusieurs romans. Il a également traduit des textes classiques de la littérature française en persan, de Molière à Voltaire.

Mon oncle Napoléon, roman culte en Iran, popularisé par son adaptation en série télévisée, raconte la vie d’une famille élargie à Téhéran au début de la seconde guerre mondiale, à travers le regard du narrateur, un adolescent soudain tombé amoureux de sa cousine, Leyli. Le personnage éponyme, père de Leyli, patriarche de la famille et admirateur de l’empereur français, est persuadé que les Anglais conspirent contre lui et sa famille, du fait de batailles imaginaires qu’il aurait menées contre l’Empire britannique. L’histoire s’organise autour de ce fragile équilibre entre réalités de la vie téhéranaise et illusions de conquêtes et de gloire. Les membres de la famille s’allient, se trompent et se trahissent autour de ces fabulations ; les domestiques doivent également prendre parti.

Le roman foisonne de personnages savoureux, tels Asdollah Mirza, Don Juan au vocabulaire grivois, ou Mash Ghassem, serviteur de l’oncle Napoléon, le seul à croire aux inventions de son maître. On rit beaucoup en lisant Mon oncle Napoléon, car la farce est bien menée et les dialogues enlevés. On s’apitoie aussi sur le sort du narrateur, qui tente de favoriser son amour sans trahir sa famille. On s’irrite de la tyrannie et des illusions de l’oncle Napoléon, sans pour autant s’empêcher de le plaindre. Les enjeux du livre sont également transposables à ceux de l’Iran d’aujourd’hui, avec sa paranoïa de l’étranger, ses désirs de grandeur, mais aussi son autodérision, et c’est la raison pour laquelle ce grand roman comique est toujours une référence partagée par l’ensemble des Iraniens.

La traduction de Mon oncle Napoléon relevait de la gageure. Sorour Kasmaï nous offre un texte à la fois proche de l’œuvre persane et accessible à un lectorat français. On se laisse facilement prendre au langage populaire des personnages et aux situations déconcertantes, sans avoir le sentiment d’être immergé dans un monde inconnu.

 

Laetitia Nanquette


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A propos de l'écrivain

Iraj Pezeshkzad

 

Né en 1928 à Téhéran, Iradj Pezechkzad a travaillé au ministère de la Justice et à celui des Affaires étrangères en Iran.

Il a aussi été nommé directeur des Affaires culturelles du ministère des Affaires étrangères.

Il vit désormais à Paris.

Il est l’auteur de plusieurs romans et nouvelles et on lui doit les traductions de Voltaire et de Molière en persan.

 


A propos du rédacteur

Laetitia Nanquette

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Rédactrice

 

Chercheuse en littérature comparée formée en France, en Iran, en Angleterre et aux Etats-Unis, spécialiste de littérature persane contemporaine et traductrice du persan.

Traduction de trois nouvelles d’auteurs iraniens parues dans le numéro de mai 2012 de la revue Europe.