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Hopper, l'horizon intra muros, Franz Bartelt

13.12.12 dans Recensions, La Une Livres, Les Livres, Arts

Hopper, l’horizon intra muros, Editions Invenit, collection Ekphrasis, 50 p. 12 €

Ecrivain(s): Franz Bartelt

Hopper, l'horizon intra muros, Franz Bartelt

Peut-on parler d’un tableau ? La question mérite d’être posée. Puisqu’il est souvent pris pour acquis que l’analyse des œuvres augmente celles-ci d’autant, les dote d’un bel appareillage. On peut aussi arguer que le bourdonnement qui les entoure finit par les rendre invisibles, inaudibles. Ainsi de certaines si connues, comme les Nighthawks de Edward Hopper, qu’elles semblent ensevelies sous le commentaire, et qu’elles suscitent la crainte plutôt que l’admiration.

Heureusement, il existe plusieurs manières de parler d’un tableau. En parallèle de l’exposition Hopper au Grand Palais, qui combine des tableaux du grand peintre américain avec des œuvres de ses maîtres ou de ses contemporains, l’écrivain Franz Bartelt, prix Goncourt de la nouvelle en 2006, se fend d’un exercice d’admiration pour cette image qui hante notre imaginaire.

Et c’est tant mieux. Au lieu de tomber dans l’écueil de la critique d’art et de son vocabulaire, Franz Bartelt fait ce qu’on fait avec des mots : raconter. Il met en récit, il nous récite son amour pour ce tableau. Comment tout a commencé ? Par une carte postale au dos de laquelle il était reproduit. « En général, quand on reçoit une carte postale, on ne prête qu’une attention bénigne à l’illustration, pressé qu’on est d’identifier, parmi nos connaissances, laquelle a pris la peine de nous adresser une pensée choisie, une estimation climatique, ou une vantardise de touriste du bout du monde ».

Avec humour, l’auteur tente de retracer les pas de ces oiseaux de nuit qui semblent perdus dans ce bar américain. Des noctambules, oui, mais qu’est-ce que c’est ? « Il est vrai que le noctambulisme n’implique pas forcément une idée de divertissement. Les vigiles en tournée d’inspection nocturne dans les tours à bureaux sont des noctambules. Comme les ouvriers qui impriment les journaux du matin. Comme les insomniaques qui font les cent pas dans la salle à manger ». Voilà qui remet en perspective.

Cette lecture agréable l’est à double titre, car les éditions Invenit ont bien soigné leur collection « Ekphrasis » : des livres à rabat, derrière lequel se cache l’œuvre en question. Car il en existe d’autres, de ces opuscules qui racontent un tableau. Notamment, Philippe Beaussant qui nous raconteLe Vielleur au chien de Georges de la Tour, mais aussi très bientôt La Bohémienne endormie du Douanier Rousseau par Hubert Haddad.

 

Clément Bénech


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A propos de l'écrivain

Franz Bartelt

 

Franz Bartlet est né en 1949 de parents d’origine poméranienne installés dans l’Eure puis, quelques années après la naissance de Franz, dans les Ardennes. Il commence à écrire dès l’âge de treize ans et quitte l’école à quatorze ans pour travailler. Il enchaîne les petits boulots et est embauché à dix-neuf ans dans une usine de papier à Givet.

A partir de 1980 il se consacre à temps plein à l’écriture. Poète, nouvelliste, dramaturge et feuilletoniste, il donne également huit pièces de théâtre à France-Culture et des chroniques estivales au journal L’Ardennais. À partir de 1995, il connaît la consécration avec la publication de ses romans, tous applaudis par la critique et, pour certains, sélectionnés pour les prix littéraires : Les Fiancés du paradis ; La Chasse au grand singe ; Le Costume ; Les Bottes rouges (Grand Prix de l’humour noir) ; Le Grand Bercail ; Terrine Rimbaud ; Le bar des habitudes (Prix Goncourt de la Nouvelle) ; La mort d’Edgar.