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Hommage à Baudelaire XIII (5) Les Aventures de… Edgar et Charles (5), Par Alain Cuzon

Ecrit par Alain Cuzon 17.05.17 dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Hommage à Baudelaire XIII (5) Les Aventures de… Edgar et Charles (5), Par Alain Cuzon

 

La disparition

Le soleil s’est levé plus tôt que d’habitude ce matin, l’habitation est en émoi et chacun se tient droit debout sur le perron Sud, jumelles en mains. Edgar et Andy scrutent l’horizon à la recherche du moindre signe de vie, sur mer et sur terre. Malheureusement, Charles n’étant pas réapparu, il faut désormais s’enquérir de l’avis voire de l’aide des autorités. Edgar dépêche Andy à cet effet, auprès de son amie inspectrice. Il espère la voir débarquer dans quelques heures, et se prépare à un récit qu’il n’aurait jamais voulu écrire.

En début d’après-midi, peu après le retour d’Andy, une navette côtière de la police arrive à quai, avec à son bord Katarina Kreber et deux de ses collaborateurs. Ils sont chaleureusement accueillis par la belle Cigale, qui a préparé une collation sur la terrasse, avec chocolat chaud, friandises exotiques et thé blanc de Chine. Edgar, en bon journaliste, dresse le tableau de l’arrivée de Charles, ses angoisses et ses peurs, sa disparition avec le canot depuis maintenant presque 24 heures.

L’inspectrice lui explique que les quarante-huit premières heures sont capitales en cas de disparition, car ensuite les traces se dispersent et les indices se démultiplient à l’infini, sans être forcément productifs. Les seuls indices apparents qui peuvent orienter cette enquête sont la promenade solitaire de Charles la veille de sa disparition, sa présence chez son ami et l’incident de la dame rouge. A priori, personne ne voit de lien avec celle-ci, découverte un soir par hasard dans une rue sombre. La promenade solitaire intrigue l’inspectrice qui demande à Edgar quelles sont les personnes au courant de sa présence sur l’îlet Jefferson. Edgar s’exécute et lui avoue qu’en fait seules trois personnes sont au courant : lui-même, Cigale et Andy. Il n’est par ailleurs pas exclu que Charles, même s’il n’en a pas fait état auprès de son ami à son arrivée, ait lié des connaissances durant son voyage sur L’Armide. Dans le contexte actuel, cette probabilité est enregistrée, mais pas considérée comme de nature à justifier cette promenade solitaire, mais sait-on jamais. Rien n’est écarté, et cela reste un indice.

Après quelques heures de discussion, l’équipe de l’inspectrice quitte l’îlet, prenant rendez-vous pour le lendemain avec une équipe plus complète, intégrant des chiens spécialisés, une nouveauté provenant du Yard. Edgar ne peut se résoudre à l’inaction, et il demande à son ami de se rendre au port pour y glaner des informations, tant sur L’Armide encore à quai, que sur la dame rouge qui l’obsède. Les rues du port de Baltimore grouillent de badauds, de coursiers, de marchands et même de touristes, il est difficile de s’y frayer un chemin dans la boue et l’eau qui couvrent le sol. Rien de plus sûr que les bistrots du port pour capter l’attention de notre journaliste-écrivain, qui a retrouvé le capitaine du navire qui transporta Charles depuis la ville de Nantes. Il lui en parle comme d’un personnage simple mais discret, distant même, et sans volonté de se lier avec l’équipage, au vu des repas qu’il prenait seul dans sa cabine. Le capitaine pose des questions aux hommes autour de la table, son équipage, et l’un d’eux souligne simplement l’attention qu’il a portée, lors de l’entrée de L’Armide dans la baie de Chesapeake, à cet énorme navire de guerre britannique mouillant à l’embouchure du fleuve. Qui ne serait pas impressionné par le HMS Britannia, pense aussitôt Edgar ? Concernant les informations sur la femme en rouge, très peu d’éléments, comme si les marins ayant profité des délicatesses de la dame avaient disparu ! Clairement, après avoir visité une bonne dizaine de bistrots et hôtels, Edgar en est au point mort. Rien, rien sur Charles, rien sur la dame rouge. Il imagine son ami en difficulté, et lui en perte de temps dans des lieux sans grand intérêt.

Le temps passe, il s’en inquiète. Où est-il ? Que fait-il ? Une rencontre ? Un accident avec le canot ? Toutes ces questions hantent Edgar durant le voyage de retour sur l’île, et le pire est peut-être à craindre. La baie de Chesapeake a cette particularité d’être pratiquement fermée à l’embouchure à marée haute et à marée basse, en présence de bancs de sable alimentés par les courants atlantiques du Sud-Ouest. Ainsi, tout ce qui sombre ou disparaît dans la baie reste dans la baie, et finit par être déversé sur les plages de Jefferson ou de la baie de Baltimore. Maigre consolation et malheureuse destinée.

 

Alain Cuzon

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