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Henry Miller, le verbe en liberté (1), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy le 19.06.18 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Henry Miller, le verbe en liberté (1), par Cyrille Godefroy


Un enfant de la rue et de l’errance

Miller est né à New York le 26 décembre 1891, l’année de la mort de Rimbaud, comme s’il lui revenait de reprendre le flambeau de l’insoumission et de la virtuosité. De parents d’origine allemande, il grandit à Brooklyn, dans une ambiance germanophone, grisailleuse et industrielle. S’il y coule une enfance relativement tranquille, le foyer est marqué par une absence d’amour. Il compose avec l’autoritarisme brutal de sa mère déversant régulièrement sa fureur sur sa petite sœur attardée et avec la faiblesse de son père, fieffé pilier de comptoir. Le petit Miller fait de la rue son refuge, son terrain de prédilection. Bien qu’il soit un excellent élève, l’enseignement académique le rebute. Il se met très tôt à la lecture, choisit ses influences, augurant ainsi une trajectoire atypique et autodidacte.

L’adolescence marque un embryon de rébellion : « Ma jeunesse – de cinq à quinze ans – fut très heureuse. La révolte éclata à l’adolescence ».

Il est tiraillé par des pulsions sexuelles qu’il assouvit par de fréquentes séances masturbatoires ou qu’il évacue par une pratique sportive intensive (cyclisme, athlétisme, gymnastique…). À 16 ans, il tombe éperdument amoureux de Cora Seward, la sylphide par excellence. Intimidé, Miller perd ses moyens en sa présence. Son amour reste chaste, serti d’une puissante idéalisation. En cinq ans de fréquentation, jamais il n’ose lui déclarer sa flamme. Miller s’en étonnera a posteriori, avec sa gouaille habituelle : « Il est étrange que je n’aie jamais pensé à la baiser ». En réalité, le jeune Miller opère de façon classique une nette séparation entre amour et sexualité, romantisme et libido. Sous un aspect rustre, il manifeste une sensibilité extrêmement vive : les larmes lui montent aux yeux quand un ami joue du violon ou quand les fleurs offertes à Cora sont piétinées par inadvertance.

Ses parents souhaiteraient qu’il reprenne le commerce familial. Mais « il était trop indolent, trop insouciant, trop plein de désirs singuliers pour faire un bon commerçant… Les affaires le laissaient froid » (Alfred Perlès).

À 18 ans, il visite son premier bordel et chope la gonorrhée. Puis il noue une liaison suivie avec une femme divorcée 15 ans plus âgée que lui. Asphyxié par le conformisme puritain de son microcosme familial, il s’en va sur les routes à la découverte de son pays, mendigotant et usant de débrouillardise pour survivre. À 23 ans, il revient aider son père à la boutique pendant 3 ans, puis exerce divers petits métiers. Il fricote avec sa professeur de piano, Béatrice, qu’il épouse finalement en 1917, par bravade et pour échapper à la conscription dans l’armée : « Du jour au lendemain je me mariai, pour bien prouver à tout venant que, n’importe comment, je me fichais de tout, éperdument ». Un an plus tard, il trompe Béatrice avec la mère de celle-ci. Malgré la naissance d’une petite fille, Barbara, l’incompréhension et l’acrimonie s’étendent au sein du couple. Miller devient un adepte de l’adultère et le mariage périclite.

A l’aube des années 20, l’écriture commence sérieusement à titiller Miller. Incapable de garder un job et de se stabiliser, il se verrait bien en artiste. Il lit beaucoup, se passionne pour la mythologie, le bouddhisme… Il écrit quelques textes qu’il tente, souvent en vain, de placer dans des revues. Il pratique déjà l’exercice épistolaire, submergeant ses amis de longues lettres.

Il privilégie depuis le collège les amitiés masculines. Outre sa participation à un cercle philosophique empreint de fraternité virile, il noue un lien étroit et durable avec Emil Schnellock, illustrateur publicitaire, lequel joue le rôle de mentor pour Miller, tant en littérature qu’en peinture. Ils tissent une correspondance foisonnante, particulièrement éclairante sur la naissance de Miller à la littérature.

En 1920, Miller obtient au culot un poste de recruteur à la Western Union, compagnie de télégrammes où il est confronté aux cadences effrénées et à l’absurdité du travail. Deux ans plus tard, il profite d’un congé de trois semaines pour écrire un texte torrentiel relatant son expérience professionnelle, Clipped Wings. Médiocre, gorgé de fiel et d’emphase, le manuscrit est refusé. Ce coup d’essai laisse entrevoir toutefois la patte individualiste de Miller, son mépris pour la civilisation laborieuse et sa dilection pour une autofiction âpre et sans complaisance : « Ma littérature n’est pas plus nauséabonde que ma vie. S’ils me renvoient sur un tas de poubelles, comment peuvent-ils s’attendre à m’en voir sortir avec un lys à la main ? ».


June ou la naissance de la tragédie

En 1923, Miller s’éprend d’une jeune femme de 21 ans qui se fait appeler June Mansfield. Elle officie comme taxi-girl depuis l’âge de quinze ans dans un dancing à Broadway. Miller divorce d’avec sa première femme et épouse June. Femme fatale, manipulatrice, énigmatique, capricieuse, excentrique, mythomane, elle en fait voir de toutes les couleurs à Miller, qui encaisse sans broncher : « Elle lui faisait souffrir les tortures de l’enfer, mais il était juste assez masochiste pour en jouir. De plus, il l’aimait » (Alfred Perlès).

Dégoûté de son travail à la Western Union et pressé par une June souhaitant ardemment le voir percer en tant qu’écrivain, Miller démissionne. June l’entretient en grande partie jusqu’en 1929 grâce à ses rôles de comédienne, ses gains d’entraîneuse et les dons de ses « admirateurs ». Le couple accumule les crises, les faux départs et les dettes à tel point que Miller doit se replier pour un temps sous le toit parental. Leur union, tumultueuse, émaillée de scènes virulentes, semble ne mener nulle part, si ce n’est vers l’abîme. Elle prend dès 1926 une tournure dramaturgique lorsque June héberge et flirte avec une autre femme, Jean Kronski, une artiste tourmentée. Profondément perturbé par cette relation triangulaire battant en brèche sa virilité, Miller sombre dans la dépression et fait une vague tentative de suicide. Pour se détourner de ses idées noires, il se lance dans l’écriture de Crazy Cock, autofiction relatant leur manège passionnel et chaotique à trois, entre jalousie, trahison, débauche, mensonge et drogue. Puis, à la suite d’une commande faite à June par un admirateur, il se lance dans l’écriture de Moloch, récit inégal effeuillant les déboires d’un employé de la Western Union et ses démêlés avec une épouse acariâtre. Miller peine à trouver son style qui demeure relativement plat et artificiel.

En 1928, Miller et sa femme font un premier voyage en Europe où ils rencontrent Alfred Perlès. Sa réserve d’amis s’amenuise, chacun se fondant dans le moule américain.

Sans travail ni ressources, auteur de « trois livres franchement médiocres », Miller végète. Il n’est qu’un raté, un loser au pays du dollar roi : « Quand je pense que j’ai 38 ans, que je suis pauvre, inconnu, ça me rend furieux. Je refuse de vivre ainsi plus longtemps ». Aussi, suite à une suggestion de June, Miller décide de quitter New-York et son cauchemar climatisé, de fuir la servitude argentée de l’american way of life : « Plus l’allure est furieuse, moins l’esprit y a de part ». Il débarque à Paris en mars 1930, seul et sans le sou. La légende peut s’amorcer : « Si je n’avais pas connu June, probablement je ne serais pas devenu écrivain, je n’aurais pas quitté l’Amérique ».


Panade à Paname

Les débuts à Paris s’avèrent extrêmement difficiles, notamment la première année. Il se livre à une bohème insouciante, un vagabondage picaresque marqué par un désarroi chronique : « Seigneur, ça commence à ressembler à Van Gogh ». Miller doute profondément : « Rien à inscrire dans la colonne crédit, aucune publication, pas de réputation, de salaire, pas la moindre renommée… Qui suis-je, après tout, pour penser faire de la littérature avec ma vie ? » Heureusement la découverte de Paris l’enchante : « Je suis intoxiqué par le charme de la ville… On ne subit pas l’inerte pression d’une discipline bornée, comme à New-York et à Londres… Je veux y rester pour toujours. Sapristi ! Je vais serrer les dents. Je ne veux pas revenir. C’est la misère, ici. Mais une misère agréable ». Le soutien financier promis par June se fait attendre. Deux mois après son arrivée à Paris, il prévient son ami Emil : « Si tu ne viens pas bientôt, je serai à l’état de squelette au Père-Lachaise ».

En octobre 1930, June le rejoint mais repart au bout de trois semaines, faute de ressources. Il envisage lui aussi sérieusement de revenir aux Etats-Unis : « Je refuse de rester plus longtemps ici à couler. J’aimerais vivre ici pour toujours – mais pas comme un clochard… Impossible de m’embourber davantage – vie plus misérable que celle d’un chien ». Fluctuat nec mergitur. Le petit gars de Brooklyn en a vu d’autres, confronté qu’il fut aux États-Unis à la violence, l’alcoolisme, la bêtise et la misère : « On doit croire au lendemain, même si le lendemain n’arrive jamais ». De plus, un retour à New-York constituerait un nouvel aveu d’échec.

D’un tempérament sociable et exubérant, Miller se lie facilement : « Henry était un excellent causeur doué d’une voix très particulière… Il avait toujours eu le talent de se faire des amis » (Alfred Perlès). Il a le don de l’écoute et s’intéresse aux autres. Plusieurs de ses connaissances acceptent de le loger et savourent en contrepartie sa conversation. Doté d’une gaieté naturelle et franche ainsi que d’un magnétisme indéfinissable, il ne tarde pas à devenir le centre d’un groupe d’artistes et d’hurluberlus en tous genres qui le dépannent tour à tour d’un repas, d’une pièce ou d’un toit, édulcorant de la sorte son désespoir : l’écrivain Perlès, le banquier Osborn, le philosophe Fraenkel, le photographe Brassaï, le poète Lowenfels, le sculpteur Kann, le peintre Nichols, les journalistes Bald et Calmer, l’astrologue Moricand…

Miller vit de façon précaire, enchaîne les hôtels miteux, use de toutes sortes d’expédients pour survivre. Pour ne pas sombrer complètement, il accepte divers jobs (domestique, correcteur d’épreuve, professeur d’anglais, etc.) qu’il abandonne rapidement, parfois le lendemain même. Il juge le travail dégradant et ne s’y soumet que pour se refaire la cerise. Cet homme-là vénère la liberté avant tout.

Adepte des terrasses de café (La Rotonde, Le Dôme, La Coupole, Le Select, etc.) et arpenteur infatigable des rues parisiennes, Miller observe et s’imprègne de l’atmosphère de la capitale française : « Je connais maintenant Paris comme le dictionnaire. Je connais tout sauf comment gagner sa vie – tant pis ! En d’autres termes, je suis le même pitoyable raté d’autrefois ».

Curieux de tout, il se passionne pour la littérature, s’adonne à la peinture, fréquente assidument les salles de cinéma, particulièrement engoué par les films de Buñuel, Le Chien andalou et L’âge d’or, ou subjugué par l’époustouflante et sensuelle performance de Marlène Dietrich dans L’Ange bleu.

Cette première année parisienne de misère et de déréliction endurcit le caractère de Miller et contribue à le désintoxiquer de sa femme June. Voici ce qu’il déclare rétrospectivement dans Le Monde du sexe : « Mes une ou deux premières années parisiennes ont vu ma mort, littéralement, ma plongée dans le néant – puis ma résurrection, dans la peau d’un homme neuf ».


Explosif tropique

Miller l’écrivain se cherche : « Il s’efforçait, avec peine, de devenir écrivain. Il lui manquait quelque chose, et il cherchait quoi » (Alfred Perlès). Jusqu’ici ses écrits n’ont abouti à rien. Il retravaille Crazy Cock qu’il juge trop soigné, trop conventionnel. Les quelques articles et lettres qu’il rédige diffusent déjà le soufre propre au style millérien, sauvage et décomplexé. Il pond des textes sur le cinéma et ses tribulations parisiennes : « Mon écriture est comme celle d’une vieille putain qui attend que quelqu’un lui fasse un clin d’œil ».

Ses galères, ses échecs et quelques conseils d’amis le conduisent à radicaliser son écriture, à la dépouiller de toute aspiration esthétique ou circonvolution artificielle : « Avant de me brûler la cervelle, je dois écrire quelques simples confessions dans le pur langage millérien ». S’affranchissant de ses scrupules, des codes et de la bienséance, il pose sur le papier les premières pierres du Tropique du Cancer, « à la première personne, non censuré, informe », fleurs du mal destinées à purger l’expérience et l’amertume emmagasinées depuis vingt ans : « J’ai tellement amassé que je suis sur le point d’exploser ». Miller met son ami Schnellock au parfum : « Je t’envoie, en cadeau, les cent premières pages du brouillon original. Il a subi quelques modifications sévères lorsque je l’ai réécrit, mais n’a pas perdu de sa violence, de sa gaillardise et de son insolence. Mais je te demande le grand service de ne pas le faire lire à ton entourage. C’est réellement un livre sensationnel – et unique. Je pense qu’il va provoquer des émeutes ». À tel point qu’il modifie les noms de ses camarades dans ce roman inspiré de sa première année parisienne : « À Paris, je me suis livré à une réflexion plus profonde, plus sérieuse sur l’écriture… Je pense que je sais dans quelle direction je veux aller. Malheureusement, c’est une direction qui va perturber encore plus le lecteur. C’est presque comme si j’avais tout organisé dans ma tête pour que les gens ne m’aiment pas ».

Parvenue à maturité, sa résolution d’écrire en première intention et sans interférence morale se déploie comme une eau trouble déferlant après la rupture d’un barrage : « J’exploserai dans le livre sur Paris. Au diable la forme, le style, l’expression, et toutes ces choses qu’on dit importantes qui passionnent les critiques. Je veux traverser cette époque – directement, comme un coup de couteau ». Son ami Alfred Perlès assiste, émerveillé, à ses frénétiques séances d’écriture : « Tout ce qu’il avait à dire s’exprimait spontanément en phrases parfaites qui n’avaient jamais besoin de retouches. En travaillant, il fumait une cigarette après l’autre ».

De quoi traite exactement ce futur chef-d’œuvre de la littérature mondiale ? De l’immersion dans la faune parisienne des années 30 d’un chercheur d’extase américain ivre de liberté, Henry Miller lui-même. Miller s’abreuve à ses déboires et les retranscrit avec suffisamment de distance, de fantaisie et d’humour pour en faire une odyssée singulière et réjouissante. Par son écriture au marteau, Miller transcende la vie tout en acceptant le chaos indescriptible qu’elle charrie alors : misère, crasse, débauche, filouterie mais aussi amitié, bouillonnement artistique, jovialité, passion… Il se met en scène dans un décor passablement glauque et en tire une rhapsodie exubérante, démesurée, sorte de journal décomplexé où sa ferveur lyrique sublime des appréciations esthétiques et métaphysiques. Miller évoque avec une énergie, une truculence et une verdeur ébouriffantes ses nombreuses rencontres jalonnées de beuveries, de fornications, de causeries. Et l’alchimie opère. La mise en mots n’amoindrit pas le réel. Au contraire, elle l’embrase. Son encre coule telle une lave, son inspiration jaillit tel un crachat : « J’aime tout ce qui coule : les fleuves, les égouts, la lave, le sperme, le sang, la bile, les mots, les phrases ». On pourrait ajouter la pisse, même chaude.

Ce roman fait intensément corps avec la vie de Miller. Il restitue fidèlement son appétit rabelaisien ainsi que l’atmosphère rustre du Paris des années 30. Il se gorge, comme un fleuve après l’orage, d’impressions, d’images, de sentiments qui crépitent encore un siècle plus tard sous les yeux fascinés de ses lecteurs. La prose sans filtre de Miller, à la fois poétique et triviale, sourd nerveusement de ses entrailles. Nul souci d’atténuation, de consensus ou d’agrément n’amoindrit son discours. Il n’idéalise pas son vécu, ne cherche pas à le rendre acceptable au lecteur : « J’ai fait un pacte tacite avec moi-même de ne pas changer une ligne de ce que j’écris. Perfectionner mes pensées ou mes actes ne m’intéresse pas ». Cette authenticité constitue non seulement un gage de qualité littéraire mais surtout l’affirmation d’un modèle de vie, reposant quoi qu’en dise le concile des frileux sur une indéniable considération pour autrui. Si Miller trempe sa plume dans la fange et le foutre, piétine allègrement les tabous, carbure à l’électrochoc verbal, il n’en reste pas moins un observateur hors pair, un conteur particulièrement curieux de ses congénères. En-deçà de son apparat dionysiaque et concupiscent couve une sensibilité prophétique exacerbée par sa répulsion des convenances, son allergie aux diktats matérialiste et utilitariste : « Je parle naturellement de ce monde particulier aux grandes villes, le monde des hommes et des femmes dont la machine a exprimé la dernière goutte de jus – ces martyrs du progrès moderne ».

Fréquemment, les mésaventures donquichottesques de Miller et de ses compagnons tournent à la cocasserie. Notamment lorsque Macha, « princesse russe », accepte le logis mais regimbe à la bagatelle ou lorsqu’un hindou bigot et abstinent, pressé de goûter aux charmes d’une prostituée, défèque malencontreusement dans le bidet d’un lupanar. Qu’importe si la fiction dépasse la réalité. La vérité se loge avant tout dans le style incomparablement percutant de Miller.

La composition du Tropique s’apparente à une chevauchée sauvage, un festival pyrographique et sulfureux, une caverne alibabesque dont les richesses furent arrachées à la réalité par un Miller insurgé et vorace : « Je suis fier de dire que je suis inhumain, que je n’appartiens ni aux hommes ni aux gouvernements, que je n’ai rien à faire avec les croyances et les principes ».

À 40 ans, l’artiste raté lâche enfin la bride de son écriture, pulvérise l’académisme corseté qui caractérisait ses précédentes tentatives romanesques et accomplit sa mue littéraire.

Pour autant qu’il se lâche et laisse libre cours à son inspiration, Miller retravaille maintes fois le manuscrit jusqu’à sa publication finale en septembre 1934, élaguant les mille pages prévues initialement : « Je réécris Tropique du Cancer. Travail difficile… C’est surtout la construction que je reprends. Comme d’habitude, j’élimine. J’enlève la merde inutile. J’y mets une autre merde », « Ce que j’ai sué à réécrire ce livre !… Je n’ai laissé que trente pages telles quelles, environ ».

Il fait lire son manuscrit à un agent littéraire américain, lequel confirme : « Ce livre est un véritable explosif ». Pressentant qu’aucun éditeur n’osera le publier, il suggère à Miller de le soumettre à Jack Kahane dont la maison d’édition parisienne Obelisk Press publie en langue anglaise des livres interdits ou érotiques.


A suivre …


Cyrille Godefroy


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A propos du rédacteur

Cyrille Godefroy

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Rédacteur

Ecrivain dilettante de 42 ans (pièces de théâtre, nouvelles, critiques littéraires). Fabricant d’étrange le jour, créateur d’irrationnel la nuit, semeur d’invraisemblance le reste du temps. Les mots de Beckett, Ionesco, Cioran, Tchékhov, Kundera, Bobin s’entrechoquent dans sa caboche amochée comme des cris en forme de points de suspension.

Ses publications : Tout est foutu, réjouissons-nous (L’Harmattan, 2015), Les vacances de Markus (Mon petit éditeur, 2014), Le jeu du désespoir (Edilivre, 2014), L’errance intérieure (La cause littéraire, 2014).