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Go just go, Joe Schreiber

Ecrit par Laetitia Steinbach 02.04.13 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, USA, La Martinière

Go just Go, Yves Sarda trad. (USA) février 2013, 302 pages, 16 €

Ecrivain(s): Joe Schreiber Edition: La Martinière

Go just go, Joe Schreiber

 

 

Go, just go est la suite de Bye Bye crazy girl, publié en 2012 chez De La Martinière Jeunesse. Le roman met en scène les aventures incroyables du jeune Percy Stormaire – 18 ans – et sa comparse Gobija, une séduisante tueuse à gages lituanienne.

Dans cet opus, « Inchworm », le groupe de rock métal formé par Perry et ses amis a décroché la lune ; en l’occurrence un contrat en or massif proposé par Georges Armitage – producteur richissime et mystérieux. Il s’agit pour eux d’une tournée européenne de quinze jours, dans les grands clubs des capitales, puis d’un album studio distribué dans tous les Etats-Unis. Une opportunité qui ne se refuse pas, aussi inattendue soit-elle, d’autant plus qu’elle est présentée par la plus envoûtante des attachées de production, Paula Monash (grande, mince, athlétique, cultivée, riche, drôle, californienne et blonde, cela va de soi !).

Première étape, Venise. Curieusement, Perry s’égare dès l’arrivée ; seul, il se promène le long des canaux, où il aboutit fortuitement dans un bar que fréquentait Gobija il y a quelques années. Au sortir, il se fait agresser par une bande de « skin » qui en veulent à son portefeuille. Il est tiré de ce mauvais pas par la jeune femme en question, qui l’entraîne dans sa chambre d’hôtel afin qu’il l’aide à se débarrasser d’un encombrant cadavre. C’est à partir de ce moment précis que la vie de Perry va tomber en miettes, en une succession d’actions dignes du meilleur film de Steven Seagal…

« J’ai regardé encore une fois la malle-cabine, dans laquelle quelque chose cognait carrément en se démenant à l’intérieur. (…) Avec la mine résignée d’une femme attelée à une tâche pénible mais nécessaire, elle a ouvert le tiroir de la table de nuit et en a sorti un pistolet, sur le canon duquel elle a vissé un silencieux tout en s’approchant de la malle. Gobi a braqué l’arme sur la malle-cabine et a appuyé sur la détente. Les détonations étouffées ont rendu le son métallique de trois bouchons de champagne, et ce qui était à l’intérieur a poussé un hurlement à faire frémir ».

Contrats sur des trafiquants d’armes, massacres à la grenade dans des chalets suisses, prise d’otages à Paris, free-fight à tous les chapitres. Et il y en a 47 ! Gobidja et Perry traversent l’Europe laissant derrière eux une traînée sanglante et bon nombre de questions angoissantes irrésolues.

Go just Go est un roman agaçant. Tout d’abord parce que le titre d’origine, Perry’s killer playlist aurait mérité d’être conservé afin que le lecteur comprenne, sinon l’utilité, du moins la présence de 47 titres de chapitres attribués en fonction de leur référence sur ITunes. C’est un peu exagéré, mais l’idée est là. Tuer en musique, voilà qui colle à la peau de Perry, jeune bassiste et chanteur aux sons qui « arrachent».

Ensuite parce que de nombreuses incohérences jalonnent le livre, notamment en ce qui concerne l’organisation et le déroulement d’une tournée musicale d’un groupe obscur : on ne transporte pas de matériel lourd et encombrant en avion, on le loue sur place, c’est plus pratique et moins cher… Sans compter la multiplication des cascades, des tueries et opérations neurochirurgicales de fortune. Ceci dit, le roman, s’il possède les mêmes défauts qu’un film d’action moyen, en possède aussi les qualités qui plairont aux adolescents, garçons ou filles, friands de péripéties musclées et sexy.

Go just go de Joe Schreiber est exactement ce qu’il prétend être : un roman haletant. Aucun temps mort, des amours contrariées, des interventions des services secrets, des roublardises de la CIA et de la Mafia. Bref, une intrigue prête à être portée sur les grands écrans.

 

A partir de 14 ans.

 

Laetitia Steinbach

 


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A propos de l'écrivain

Joe Schreiber

 

Joe Schreiber est l’auteur de plusieurs romans d’épouvante se déroulant dans l’univers de Star Wars. Il est très influencé par Stephen King, Ray Bradburry ou Cormac McCarthy. Go just go et Bye bye crazy Girl sont ses deux seuls romans parus en français (édition DLMJ).

 

A propos du rédacteur

Laetitia Steinbach

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Rédactrice

 

Laetitia Steinbach est professeur de lettres modernes dans le secondaire. Elle s’intéresse particulièrement aux albums et romans graphiques et à la littérature de jeunesse contemporaine. Elle travaille actuellement à la rédaction d’une thèse portant sur l’homosexualité dans le roman pour adolescents et l’édition jeunesse.