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Etudes

Promenade informelle dans le verbe de René Char

Ecrit par Henri-Louis Pallen , le Jeudi, 10 Janvier 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

L’espoir de ce récit et des réflexions qui le prolongent n’est évidemment pas d’apprendre quoi que ce soit aux familiers de la poésie de René Char (toujours susceptibles de m’en faire eux-mêmes découvrir quelque recoin), mais plutôt de m’adresser à ses lecteurs occasionnels. Je fais l’hypothèse qu’il s’en trouve d’intimidés par une langue sans concession et un lien pouvant être perçu comme difficile à faire entre la hauteur de visées énoncées sous une forme proche de fragments présocratiques et une sensualité omniprésente, et envoûtante. L’angle sous lequel je leur propose de m’y accompagner n’est qu’une entrée possible parmi de nombreuses autres, que j’ai d’abord voulue facile à emprunter.

 

Une chaude après-midi de l’arrière-saison, en Vaucluse ; nous étions allés déjeuner chez un couple d’amis. L’enclave d’Apt se resserrait sur elle-même sous un soleil qui la criblait, et avant de reprendre la route vers notre Sorgue, ma femme exprima le désir d’une promenade.

Cette fois, l’habituelle question-couperet « Où va-t-on ? » ne s’abattit pas sur notre communion en même temps que le claquement des portières.

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (5/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 05 Janvier 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

Est-ce qu’écrire, après avoir fait l’apprentissage du désapprendre fondamental qui est seul à même de permettre l’érection de la singularité d’une voix (ou de voix multiples, toute voix étant la réunion possible d’une multiplicité de voix), c’est aussi, ensuite, désapprendre le désapprentissage qui s’est révélé comme un apprentissage – puisque désapprendre se révèle aussi constructeur, bon an mal an, de figures et de schèmes ?

Aussi, écrire ne peut-il se concevoir, un désapprendre devant être suivi de mille autres, que comme une geste incessante ? La geste incessante du vivre, puisqu’écrire, c’est d’abord faire l’expérience du désir ? Et l’expérience du désir, est-ce toujours faire l’expérience de son insatisfaction ?

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (4/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

La poésie contemporaine ne présente pas le quotidien tel qu’il peut survenir tout au long de la vie humaine avec ses thèmes invariables mais la jonction profonde entre l’homme et celui-ci (ou plutôt la dénaturation de cette jonction qui est seule jonction possible, autrement dit une anti-jonction qui est seule jonction possiblement exprimée en accord avec une sincérité profonde de l’homme plongé au sein de l’Histoire – de tout homme en somme – et ne se tenant pas dans une posture d’aveuglement), au travers de ses interrogations, de ses inquiétudes, de sa quête angoissée de sens, lesquelles trouvent la forme d’une interrogation constante sur la langue et la forme, la langue et la forme devenant véritablement cette interrogation, son cours, ses méandres, ses frémissements, cette interrogation qui se poursuit inlassablement, cherchant à se figer sous une posture qui lui permettrait d’être dans la vérité d’une apparition : d’une apparition, c’est-à-dire d’un apparaître qui soit constant et structuré.

Du style tardif, Edward Wadie Saïd

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Du style tardif, Edward Wadie Saïd, essai traduit de l’américain par Michelle Viviane Tran Van Khal, éditions Actes Sud, Hors collection, septembre 2012, 320 pages, 25 €

Titre original : On late style, éditeur original Panthéon Books/Random House, Inc., New York, 2006

 

« Je considère le silence comme un aspect du style »

 

C’est vers la fin des années 1980 qu’Edward Wadie Saïd (1935-2003), intellectuel palestinien, théoricien et critique littéraire, s’est intéressé aux œuvres tardives de musiciens et d’écrivains. C’est ainsi qu’il consacra au thème du style tardif une série d’articles. Il donna également quelques conférences dans des universités et anima un séminaire en 1990. Il projetait d’exploiter ces matériaux dans un ouvrage. Cependant, en raison de sa disparition en 2003, le projet demeura inachevé. Quelques années plus tard, il fut confié au critique américain, Richard Poirier, qui supervisa le livre, et à Michael Wood qui orchestra le tout. L’ouvrage posthume fut publié pour la première fois en 2006.

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (3/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

Tous les faisceaux de voix extrêmement différentes les unes des autres présentes dans Poezibao, Recours au poème, Sitaudis, Terre à ciel…, convergent vers le quotidien, ou plus exactement s’élaborent en résonnances profondes avec le quotidien, le donnant à voir, à ressentir, et même plus qu’à ressentir. Toutes les écritures poétiques (ou les écritures prosodiques fictionnelles, du reste, quand le travail opéré sur la forme, en ce qui les concerne, confine aux exigences du poème) présentent la substance du quotidien (le sédiment du courant du quotidien, son hypostase, ce terme devant être pris, comme cela a été évoqué en ouverture, dans le sens médical) telle qu’elle est visible lorsqu’elle a été passée au crible de la théorie prenant en charge l’Histoire et le corps comme outils structurels d’analyse concernant la matière brute drainée par le langage (le réel qui n’est jamais tout à fait soluble dans le dire) et l’émotion que l’auteur cherche à (res)susciter dans la tension qui s’élabore entre lui et cette matière par l’utilisation notamment, savante, des images poétiques. En somme telle qu’elle est visible alors que le courant du quotidien a été véritablement asséché.