Identification

Etudes

Poésie isotrope

Ecrit par Jean Bogdelin , le Jeudi, 04 Avril 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Avec l’isotropie on aborde une réalité non pas improbable mais plutôt très forte qui pourrait caractériser l’univers de Matthieu Messagier, puisqu’elle vient de son poème Mariage de saindoux, extrait de son recueil Poèmes sans tain, autres sauvageries. Après avoir parlé de « mélopée mate » et du « pavillon des images sommairement punaisées » puis des « jonquilles qui ondulent au rythme magnifiquement incohérent de la brise fraîche d’un douze mars », le poète s’interroge : et la poésie isotrope ?

L’isotropie désigne habituellement la qualité irréductible de l’univers d’être le même quel que soit le point de vue. Est-ce à dire qu’une poésie isotrope résiste à l’analyse ?

Peut-être, car c’est une poésie qui refuse la syntaxe, fruit pourtant d’un consensus, organisant le discours au sein d’une langue, afin que la communication soit la plus fluide possible entre ses locuteurs. Cette syntaxe est donc, tout le monde s’en aperçoit, un élément essentiel du rapport avec autrui, sans lequel tout énoncé risque d’être lacunaire, et par conséquent exposé à l’échec.

La présence et les machines

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 12 Mars 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

À propos Des Laines qui éclairent de Pascal Commère, Obsidiane et Le temps qu’il fait, 2012, 28 €

 

« Visible dans le mot – invisible »

P. Commère

 

 

Pour la deuxième fois en peu de temps – avec un premier article pour la revue Décharge –, je suis à ma page pour explorer le livre substantiel que Pascal Commère a publié en 2012, et qui représente une partie importante de l’œuvre poétique de l’auteur.

Léon Bloy : Exégèse des lieux communs (3/3)

Ecrit par Françoise Quillier , le Jeudi, 21 Février 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

 

Comment résister à la pesanteur des lieux communs ? Quelle parole lui opposer qui ne soit pas contaminée par ce qu’elle prend pour cible. Là où Flaubert, dans le Dictionnaire des idées reçues, optait pour la litote et se contentait de dresser une liste de poncifs, comptant sur la distanciation critique opérée par cette répétition, Bloy choisit au contraire d’accompagner les lieux communs d’une glose hyperbolique.

Le projet d’une exégèse a déjà en soi valeur de contestation d’une parole essentiellement tautologique, puisqu’elle pose qu’il y a, même dans ces poncifs et souvent à l’insu des locuteurs, un excès de sens. Mais la critique s’exprime aussi en contrepoint du caractère lénifiant des lieux communs dans une écriture délibérément combative et singulière.

Entretien avec Ameziane Ferhani : la BD algérienne, un art en expansion

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 13 Février 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

50 ans de bande dessinée algérienne. Et l’aventure continue, Ameziane Ferhani, éditions Dalimen, Alger, 2012

 

A travers l’entretien qui suit, Ameziane Ferhani, auteur de l’ouvrage 50 ans de bande dessinée algérienne. Et l’aventure continue, publié aux éditions Dalimen, propose une rétrospective de l’histoire de cet art qui est né après l’indépendance.

 

En tant qu’auteur d’un ouvrage qui traite de l’histoire du neuvième art en Algérie sur une période de cinquante ans, quel est l’intérêt que vous portez à cet art ?

Léon Bloy : Exégèse des lieux communs (2/3)

Ecrit par Françoise Quillier , le Lundi, 11 Février 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

À ce point, on peut se demander quel est le sens d’une exégèse des lieux communs puisque, réducteurs par essence, ils résistent au symbole comme à l’allégorie et ne délivrent tous qu’un même simpliste message.

En fait, l’exégèse des lieux communs doit mettre à jour non un sens second implicitement compris dans l’expression, mais bien le Sens en tant qu’occulté par le ressassement. Ce que cette vulgate donne à voir dans son inanité même, c’est l’Autre en tant que perpétuellement bafoué, comme dans « un sombre miroir plein de la Face renversée de ce même Dieu quand il se penche sur les eaux où gît la mort ». Si bien que c’est dans l’insignifiance, la bassesse et l’ordure qu’il faut à ce moment de corruption de la parole chercher quelque révélation. Si l’on pose comme Bloy que les hommes parlent la langue que Dieu a parlée, quelque chose du Verbe même infiniment assourdi doit s’y faire entendre, fût-ce sous la forme de ce qui fait défaut. La vérité déniée dans ces propos fait nécessairement retour comme une sorte de symptôme que l’exégèse se donne comme tâche d’interpréter « des mots plus qu’humains [qui] rôdent comme des loups autour de ceux qui en abusèrent. Ils sont dans la nécessité invincible d’exprimer n’importe comment et à quelque prix que ce soit une réalité indiscutable ».