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Éphémérides créatives - William Styron : « a kind of waking vision » [*] (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont le 29.11.18 dans La Une CED, Les Chroniques

Éphémérides créatives - William Styron : « a kind of waking vision » [*] (par Jean-Marc Dupont)

 

1er novembre : éphémérides créatives, William Styron : « a kind of waking vision » [*]

Le 1er novembre 2006, disparition de l’écrivain et essayiste américain William Styron (né le 11 juin 1925)

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Styron

A travers ces diverses conversations [1] on y découvre quelques indices sur le processus créatif de William Styron, ainsi :

« For me, starting a novel is like starting a plantation. Before the earliest signs are out, there is a lot of planting and hoeing and traveling around to the seed salesmen. It evolves very slowly and sometimes very haltingly. I admire writers who have it all worked out and seem to churn them out organically. I find I’m always in a state of extreme unhappiness. I wish I were one of those spontaneous writers who could let it determine itself. But it doesn’t seem to work that way for me »

Ici [*] Abby Nolan rapporte que « dans ce que Styron a appelé “une sorte de vision de veille”, un matin du milieu des années 1970, le concept de son meilleur roman est apparu. Il avait eu du mal à écrire un autre livre lorsqu’il avait éprouvé “les restes d’un rêve”, et de citer l’auteur : “Je pense qu’il y avait une fusion du rêve à une vision consciente et à la mémoire de cette fille nommée Sophie. Et c’était puissant parce que j’étais couché au lit, sachant soudainement que j’allais m’occuper de cette œuvre de fiction. La vision impliquait que Sophie entre dans le couloir de cette humble pension à Flatbush avec un livre sous le bras, elle était très belle au milieu de l’été avec une sorte de robe d’été et son bras découvert laissant apparaître le tatouage… J’ai été saisi par ce sentiment absolu de nécessité – je devais écrire le livre. J’ai alors réalisé que cela finirait comme dans le livre” ».

Ainsi du rôle du subconscient, on se souviendra de ces deux citations de William Styron :

« When I’m writing at my best, I’m aware that I’m tapping subconscious sources » [2]

« But there can be no doubt that the subconscious feeds into the creative process in the most extraordinary way » [**]

« Il m’a fallu du temps pour comprendre que la littérature était plus que le simple fait de raconter une histoire : un mode d’expression artistique à travers lequel on peut transmettre des messages importants. Quand je dis “message”, je n’entends évidemment pas propagande ou prêche. Je veux dire qu’un écrivain peut, si son art est assez fort, faire passer à travers une fiction une vision intuitive de l’Histoire ou de la société contemporaine que les historiens et sociologues ne peuvent exprimer. J’écris pour trouver un sens aux événements majeurs de mon temps lorsqu’ils causent des angoisses et des chocs psychiques : l’esclavage en ce qui concerne Nat Turner, l’Holocauste pour Le Choix de Sophie. Un roman, si on y a mis assez de passion et d’intelligence, peut être plus vrai que toutes les thèses des érudits et forcer la compréhension mieux qu’aucune autre documentation : il s’agit à la fois d’être totalement libre dans son imagination et de ne jamais trahir l’exactitude historique. Mon ambition, en tant qu’écrivain, n’est pas de changer le cours du destin des hommes mais de modifier, sans s’éloigner de la vérité, les perceptions d’un seul homme ou d’une seule femme », William Styron [a]

 

[1] Conversations with William Styron, Edited by James L. W. West III :

http://www.upress.state.ms.us/books/246

[2] The Creative Process : A Symposium, Edited by Brewster Ghiselin :

https://www.ucpress.edu/book.php?isbn=9780520054530

[*] 10 Great Stories Inspired by Dreams and Visions, By Abby Nolan :

https://www.pastemagazine.com/blogs/lists/2013/10/10-great-stories-inspired-by-dreams-and-visions.html

[**] Strandberg, V., & Buwa, B. (1991). An Interview with William Styron. The Sewanee Review, 99(3), 463-477 :

https://dukespace.lib.duke.edu/dspace/bitstream/handle/10161/6012/Strandberg_1991_Interview%20with%20William%20Styron.pdf

[a] On retrouve dans une finalité de l’Art et le rôle de l’artiste face au réel et sa représentation, la pensée de Paul Klee : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ».

 

Jean-Marc Dupont

 


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A propos du rédacteur

Jean-Marc Dupont

 

Jean-Marc Dupont est né en 1968