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Éphémérides créatives - Oscar Wilde & Henri Michaux (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont le 08.11.18 dans La Une CED, Les Chroniques

Éphémérides créatives - Oscar Wilde & Henri Michaux (par Jean-Marc Dupont)

16 octobre : éphémérides créatives (I), Oscar Wilde : critique créative, « Vouloir le vrai, c’est s’avouer impuissant à le créer »

Le 16 octobre 1854, naissance de l’écrivain irlandais Oscar Wilde (mort le 30 novembre 1900)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde

« La logique est le dernier refuge des gens sans imagination », Oscar Wilde [*]

« Pas une carte au monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas », Oscar Wilde

Le site officiel : https://www.cmgww.com/historic/wilde/

En évoquant divers écrits [1] Yves Landerouin rappelle que « Ces textes résultent d’une pratique qu’Oscar Wilde a décrite dans son essai The Critic as Artist (1891) et à laquelle on pourrait donner le nom de “critique créative” : ils ont en commun de manifester leur lien avec une autre œuvre, de remplir une ou plusieurs fonctions de la critique (juger, décrire, interpréter l’œuvre en question) et de présenter eux-mêmes les caractéristiques d’une nouvelle création (disons provisoirement : les formes des genres réputés créatifs, la prépondérance de l’imagination et de la subjectivité).

A partir de là, on peut chercher des manifestations de la “critique créative” parmi tous les romans de l’époque où la narration amène l’évocation développée d’une œuvre d’art ».

Et comme le mentionne Jacques de Langlade dans [2] « ce qu’est pour Wilde la véritable “critique créatrice” : non pas le commentaire insignifiant, mais le prolongement de l’écho de l’œuvre d’art, la découverte du moment où l’on peut surprendre l’intention profonde de l’artiste, au-delà de la signification immédiate de l’œuvre. Il appartient à la critique telle qu’elle apparaît à Wilde, à ce moment où sa pensée a mûri et s’est fortifiée, de nous apprendre à regarder sous un angle nouveau ce que l’artiste lui-même a vu sous un aspect pittoresque et imprévu. En fait il faut que le critique fasse comprendre au public que “sous certaines conditions d’ombre et de lumière, ce qui est laid dans la réalité peut devenir beau” ».

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris », Oscar Wilde

[*] Cette fameuse citation n’est pas sans rappeler l’abduction à la Peirce, en considérant la logique ordinaire à travers la déduction et l’induction, et comme le souligne Hervé Dumez dans [3] « Les pragmatistes ont en effet mis en lumière dans leurs travaux la créativité de l’agir. C’est en tant qu’elle met l’accent sur la créativité qu’il faut par exemple comprendre la notion d’abduction chez Peirce. Ni l’induction, ni la déduction ne créent véritablement en effet. Seule l’abduction est créative ».

 

[1] « Critique créative » et « critique de créateurs » Willy et Debussy, par Yves Landerouin :

https://www.cairn.info/revue-poetique-2008-3-page-333.htm

[2] La critique créatrice, par Oscar Wilde

[3] La créativité de l’agir et l’analyse de l’action située, par Hervé Dumez :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00263315/document

 

19 octobre : éphémérides créatives (I), Henri Michaux : « Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage »


Le 19 octobre 1984, disparition de l’écrivain, poète et peintre d’origine belge d’expression française, naturalisé français, Henri Michaux (né le 24 mai 1899).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michaux

« Toute science crée une nouvelle ignorance », Henri Michaux

Et un site de référence : http://www.henrimichaux.org/

Ici [1] Nicolas Pinon a examiné quelques artistes dont Henri Michaux et « qui se sont essayés à la consommation de divers produits dans une perspective plus expérimentale dirions-nous, en vue de questionner le supplément de connaissances sur la psyché que peuvent éventuellement procurer ces produits. Nous observerons que leur constat est le plus souvent amer quant à l’efficacité de ces substances à offrir un supplément de créativité, à permettre d’accélérer le processus créateur ou de sonder les limbes de l’esprit ». Et de préciser que « lorsque Michaux s’essaya à la mescaline, le Haschich, le LSD, la psilocybine et les champignons hallucinogènes, il était âgé de 55 à 60 ans et avait traversé des épreuves personnelles fort douloureuses. […] Ces “aliénations expérimentales” devaient lui permettre, selon ses vœux, d’approfondir des désirs essentiels de l’expérience poétique. Ces expériences étaient modérément encouragées par ses amis écrivains (Cioran, Hellens ou encore Paulhan lui reprochèrent d’user de ces moyens) et l’on ne compte guère que Blanchot pour estimer la démarche du poète. De ces cinq années d’expérimentation, Michaux tira un bilan très mitigé. Si “l’auteur du présent écrit a, depuis cinq ans, expérimenté la plupart des démolisseurs de l’esprit et de la personne que sont les drogues hallucinogènes, l’acide lysergique, la psilocybine, une vingtaine de fois la mescaline, le haschich quelques dizaines de fois, seul ou en mélange, à des doses très variées, non spécialement pour en jouir, surtout pour les surprendre, pour surprendre des mystères ailleurs cachés”, il réservera à ces produits une sentence assez mordante : ils ne sont que de misérables miracles ».

« Toute science crée une nouvelle ignorance.

Tout conscient, un nouvel inconscient.

Tout apport nouveau crée un nouveau néant ».

Henri Michaux

 

[1] Alcool, drogues… et création artistique ? Essai de mise en perspective à travers la figure paradigmatique de Paul Verlaine, par Nicolas Pinon :

https://pul.uclouvain.be/book/?GCOI=29303100282000

Dans cet article d’Anne Brun et intitulé L’expérience hallucinogène d’Henri Michaux à l’épreuve de l’inconscient : influence du surréalisme, on pourra approfondir son rapport au surréalisme et son auto-analyse :

https://www.cairn.info/revue-topique-2012-2-page-109.htm

 

Jean-Marc Dupont

 


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A propos du rédacteur

Jean-Marc Dupont

 

Jean-Marc Dupont est né en 1968