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Éphémérides créatives - Francis Ponge / Hermann Hesse, par Jean-Marc Dupont

Ecrit par Jean-Marc Dupont le 20.09.18 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Éphémérides créatives - Francis Ponge / Hermann Hesse, par Jean-Marc Dupont

Francis Ponge : « L’Homme est l’avenir de l’homme »

Le 6 août 1988, disparition de l’écrivain et poète français Francis Ponge (né le 27 mars 1899)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Ponge

Jean-Marie Gleize explique ici [*] que « Le texte spécifiquement intitulé My creative methodrépond à une question. […] Mais cette question n’est pertinente aux yeux de Ponge que parce qu’en l’occurrence elle n’implique aucune “explication” des poèmes, dans la mesure où ceux-ci portent en eux le caractère de l’évidence. Ils disent ce qu’ils disent en le disant, “en propres termes”, ils sont donc inexplicables. En revanche, il est possible de parler de “méthode”, autrement dit de technique d’écriture, de procédés ou “mécanismes” présidant à la production de textes littéraires. […] C’est bien dans ce cahier que Francis Ponge parvient à proposer, à se formuler à lui-même, les premiers principes de sa poétique : partir du plus simple (« n’importe quel caillou (…) me semble pouvoir donner lieu à des déclarations inédites du plus haut intérêt »), oser ne faire aucun cas des catégories et classifications préalables, se fier à ses intuitions les plus singulières et les plus en apparence arbitraires (ouvrir la « trappe »), travailler avec et contre la langue, qui réagit incite et suscite, avec et contre les mots qu’il faut “franchir”, avec et contre la “poésie”, en somme (chercher le « différentiel » contre le dogme poétique de l’analogie) ».

Magali Riva rappelle ici [**] que « chez Ponge, la science n’est plus un sujet, mais une méthode qui motive en partie sa démarche poétique. […] Cette réflexion sur les rapports entre intuition et raison constitue le fer de lance de la conception pongienne de la poésie, mais aussi de la science qui, depuis les présocratiques, départage les deux facultés ».

Et de citer Ponge [a] :

[a] « […] si la science fait appel à quelque chose comme l’hypothèse, par exemple, c’est-à-dire à quelque chose qui dépend de l’esprit humain dans son fonctionnement le plus secret, le plus profond, c’est-à-dire du rêve, si l’on veut, de la fantaisie et du sommeil […], si donc, on doit faire appel aux facultés intuitives (et la division de l’esprit en raison et en intuition est une des antinomies significatives du monde occidental, depuis très longtemps, et c’est cela qu’il faut réduire, en même temps que beaucoup d’autres antinomies) eh bien si la science admet que l’hypothèse est importante, alors, pourquoi pas tout le reste : disons, d’un mot, les « intuitions » ?, Francis Ponge

 

[*] My creative method, par Jean-Marie Gleize :

http://www.doucet-litterature.org/spip.php?article48

[**] Francis Ponge : la méthode poétique, par Magali Riva :

http://epistemocritique.org/francis-ponge-la-methode-poetique/

 

 

Hermann Hesse :« Sur les chemins sans risques on n’envoie que les faibles »

Le 9 août 1962, disparition du romancier, poète, peintre et essayiste allemand puis suisse Hermann Hesse (né le 2 juillet 1877). Il reçoit le prix Nobel de Littérature en 1946

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Hesse

Ici [1] Celia Hunt et Fiona Sampson expliquent que « d’un autre côté, pour certains auteurs, l’écriture créative implique une quête consciente de soi ». Et d’ajouter que « dans son journal de 1920-1921, Hermann Hesse, le plus autobiographique des auteurs de fiction, décrit l’écriture créative comme “un chemin long, varié et tortueux, dont le but serait d’exprimer la personnalité, le ‘je’ de l’artiste si complètement, si minutieusement dans toutes ses ramifications… que ce ‘je’ serait à la fin comme déroulé et achevé, qu’il se serait mis en rage et enflammé lui-même” ».

Au sujet du lien entre anxiété et créativité, John P. Weiss [*] reprend les propos de Thomas Cotterill qui rappelle ici [**] que « Hermann Hesse écrivait souvent dans des périodes intenses de productivité après une longue période, parfois de dépression, ce qu’un biographe a décrit comme “vivant ses idées”. Puisque les créateurs se définissent par l’acte de créer, l’inactivité d’une période de gestation prolongée génère de l’anxiété par une forme de dissonance cognitive. C’est-à-dire que ce que nous faisons et ce que nous pensons devoir faire ne sont pas alignés ».

On pourra approfondir avec cet ouvrage [2] la dimension psychopathologique dans l’écriture comme l’explique Jane Piirto…

Enfin, comme le suggère Carlotta Rossi [***] visiter le musée Hermann Hesse [a] permet de stimuler sa créativité… en allant « dans les traces d’Hermann Hesse » :

https://www.ticino.ch/fr/inspirations/experiences/hermann-hesse.html

[a] Une présentation du musée :

https://www.ticinotopten.ch/fr/musees/musee-hermann-hesse-montagnola

Et son site :

http://www.hessemontagnola.ch/index.php?node=2&lng=4&rif=f8f685dd2f

« Chacun de nous n’est rien de plus qu’humain, rien de plus qu’un essai, une étape », Hermann Hesse

« On doit être un logicien ou un grammairien rigoureux, et être en même temps plein de fantaisie et de musique », Hermann Hesse

 

[1] The Self on the Page : Theory and Practice of Creative Writing in Personal Development, Edited by Celia Hunt and Fiona Sampson :

https://www.jkp.com/uk/the-self-on-the-page-978-1-85302-470-2.html

[*] Why Anxiety is the Handmaiden of Creativity, by John P. Weiss :

https://artplusmarketing.com/why-anxiety-is-the-handmaiden-of-creativity-5a3e8c6e1a96

[**] Creativity Can Cause Anxiety, by Thomas Cotterill :

https://thomascotterill.wordpress.com/2012/08/22/creativity-can-cause-anxiety/

[2] The Psychology of Creative Writing, Edited by Scott Barry Kaufman and James C. Kaufman :

https://www.cambridge.org/core/books/psychology-of-creative-writing/FF64818A31E9EA809C8607DB1F1290B4

 

Jean-Marc Dupont

 


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A propos du rédacteur

Jean-Marc Dupont

 

Jean-Marc Dupont est né en 1968