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Entretiens

Entretien avec Frédéric Saenen

, le Jeudi, 24 Mars 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Univers d'écrivains

Frédéric Saenen, Motus. Nouvelles, Ed. Le Grognard, 10€. Et, Dictionnaire du pamphlet, Infolio, 10€

Propos recueillis par Christopher Gérard


Né en 1973, diplômé en philologie romane de l’Université de Liège, Frédéric Saenen s’est rapidement fait connaître du public lettré par ses poèmes (dont Quatre femmes, éd. Maëlstrom) et par ses dons de critique littéraire dans diverses revues (Jibrile, Magazine des Livres, Bulletin célinien … ) ainsi que sur la toile. Du « slam » (« dénudement absolu ») à l’exégèse pointue de Céline en passant par la critique des parutions et rééditions, Saenen pérégrine à travers les livres, tel un moine claquemuré dans quelque labyrinthe. Ce qui frappe chez lui : un amour sans concession de la littérature (peu courant chez les critiques), une étonnante curiosité (idem), le dépassement des préjugés comme exercice spirituel, ainsi qu’un humour, disons, grinçant. Motus, son premier recueil de nouvelles, publié par la revue Le Grognard, en donne un bel aperçu, de cet humour aux lisières du désespoir : il met en scène des personnages en marge qui tentent de survivre plus ou moins entiers à la grande marchandisation humanitaire. Un outsider résolu, fêlé drolatique, aristocrate prolétarien. Et quel lettré !


Totentanz

Ecrit par Christopher Gérard , le Mercredi, 02 Mars 2011. , dans Entretiens, Les Ecrivains

Entretien avec Jean-Baptiste Baronian . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Baronian

Sanglant Vaudeville ? Guignol pervers ? Comment diable définir ce Bureau des risques et périls ? L’auteur me l’a tendu en me versant un sherry de 1962, avec un sourire inquiétant, l’air de rien. Je n’étais pas dupe, évidemment. Se méfier de son air débonnaire, à Jean-Baptiste Baronian : il cache bien son jeu. Du coup, je n’ai pas touché à mon verre. Lui non plus d’ailleurs.

En fait, sous couvert d’un roman policier, je le soupçonne d’avoir exprimé un fantasme d’écrivain reconnu (de père de famille respectable) : commettre le crime parfait. Tuer sans risquer de perdre, dans le désordre, le coquet manoir ardennais, les grands papiers reliés en peau de zébu, les poudreux Châteauneuf-du-Pape, les amis raffinés du Cercle, que sais-je encore ? Donc, tuer, oui bien sûr, mais sans devoir subir le fastidieux passage, dans un Palais plein de courants d’air, devant une juge d’instruction au bord de la crise de nerfs et dont l’ordinateur (un Takapousé 1984) peine à démarrer. Non, un meurtre parfait, ni vu ni connu : « conjonction idéale entre une victime, un coupable et une opportunité parfaite ». Ni témoin ni motif. D’arme, point. De cadavre…