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Entretiens

Entretien avec Pierre Pachet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 01 Mai 2011. , dans Entretiens, Les Ecrivains, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Documents

Entretien mené par Léon-Marc Levy, après la sortie de "Sans Amour" (Denoël)

LML : Vous êtes hanté par le temps, sa fuite irrémédiable. Votre œuvre et votre dernier livre Sans amour en témoignent. Mais souvent vous mesurez le temps, et sa fuite, à l’occasion de grandes douleurs. La mort du père, de la mère, de l’épouse… La scansion du temps est-elle obligatoirement rythmée par les malheurs d’une vie ?


PP : Sans doute, le temps d’une vie, les vies de ceux que j’ai connus, aimés ou simplement approchés, et auxquels j’ai survécu (car c’est cela, être âgé : survivre à ses proches), ce temps compte, il se compte, en années. Mais je ne crois pas en être « hanté ». Je constate simplement. Je suis beaucoup plus sensible au temps intime, celui qui au contraire ne fuit pas, mais stagne : le temps de la solitude, de l’ennui, de l’attente (dans la salle d’attente d’un médecin), du « rien à faire aujourd’hui », ce temps qui pèse autant sur les enfants et  adolescents que sur les vieillards. Ce temps sans repères, qu’il faut parcourir de minute en minute et qui requiert de nous invention, projets, retours sur soi, capacité à se faire exister soi-même par le recours à la « vie intérieure ». Les personnages de Sans amour ont, ou ont tous eu, à faire face à ce temps-là.

Entretien avec Frédéric Saenen

, le Jeudi, 24 Mars 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Univers d'écrivains

Frédéric Saenen, Motus. Nouvelles, Ed. Le Grognard, 10€. Et, Dictionnaire du pamphlet, Infolio, 10€

Propos recueillis par Christopher Gérard


Né en 1973, diplômé en philologie romane de l’Université de Liège, Frédéric Saenen s’est rapidement fait connaître du public lettré par ses poèmes (dont Quatre femmes, éd. Maëlstrom) et par ses dons de critique littéraire dans diverses revues (Jibrile, Magazine des Livres, Bulletin célinien … ) ainsi que sur la toile. Du « slam » (« dénudement absolu ») à l’exégèse pointue de Céline en passant par la critique des parutions et rééditions, Saenen pérégrine à travers les livres, tel un moine claquemuré dans quelque labyrinthe. Ce qui frappe chez lui : un amour sans concession de la littérature (peu courant chez les critiques), une étonnante curiosité (idem), le dépassement des préjugés comme exercice spirituel, ainsi qu’un humour, disons, grinçant. Motus, son premier recueil de nouvelles, publié par la revue Le Grognard, en donne un bel aperçu, de cet humour aux lisières du désespoir : il met en scène des personnages en marge qui tentent de survivre plus ou moins entiers à la grande marchandisation humanitaire. Un outsider résolu, fêlé drolatique, aristocrate prolétarien. Et quel lettré !


Totentanz

Ecrit par Christopher Gérard , le Mercredi, 02 Mars 2011. , dans Entretiens, Les Ecrivains

Entretien avec Jean-Baptiste Baronian . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Baronian

Sanglant Vaudeville ? Guignol pervers ? Comment diable définir ce Bureau des risques et périls ? L’auteur me l’a tendu en me versant un sherry de 1962, avec un sourire inquiétant, l’air de rien. Je n’étais pas dupe, évidemment. Se méfier de son air débonnaire, à Jean-Baptiste Baronian : il cache bien son jeu. Du coup, je n’ai pas touché à mon verre. Lui non plus d’ailleurs.

En fait, sous couvert d’un roman policier, je le soupçonne d’avoir exprimé un fantasme d’écrivain reconnu (de père de famille respectable) : commettre le crime parfait. Tuer sans risquer de perdre, dans le désordre, le coquet manoir ardennais, les grands papiers reliés en peau de zébu, les poudreux Châteauneuf-du-Pape, les amis raffinés du Cercle, que sais-je encore ? Donc, tuer, oui bien sûr, mais sans devoir subir le fastidieux passage, dans un Palais plein de courants d’air, devant une juge d’instruction au bord de la crise de nerfs et dont l’ordinateur (un Takapousé 1984) peine à démarrer. Non, un meurtre parfait, ni vu ni connu : « conjonction idéale entre une victime, un coupable et une opportunité parfaite ». Ni témoin ni motif. D’arme, point. De cadavre…