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Entretiens

Manifestation : le Maghreb des livres

Ecrit par Nadia Agsous , le Jeudi, 02 Février 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Entretien avec Georges Morin

La 18ème édition du Maghreb des livres aura lieu à l’Hôtel de Ville de Paris, les samedi 11 et dimanche 12 février 2012.

Conformément au système rotatif instauré par l’association Coup de soleil entre les trois pays du Maghreb, après la Tunisie en 2011 et l’Algérie en 2013, le Maghreb des livres met à l’honneur en 2012 le Maroc et ses écrivains.

Georges Morin, président de l’association Coup de soleil, nous éclaire sur cette manifestation culturelle considérée comme la plus grande librairie de France sur les pays du Maghreb.


Dans quel contexte est née l’association Coup de soleil ? Quelle est sa vocation première ?

 

C’est en octobre 1985, à Paris, lors d’une soirée chez une amie, qu’est née l’idée de créer l’association Coup de soleil. Nous étions un groupe d’amis, Algériens, Marocains, Tunisiens, Arabo-berbères, Juifs, Pieds Noirs.

Retour à la Rue Darwin, entretien avec Boualem Sansal

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 16 Décembre 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Autour de "Rue Darwin"


À la mort de sa mère, Yazid dit Yaz, le personnage principal du dernier roman de l’écrivain algérien Boualem Sansal, se lance dans une quête de ses origines familiales. D’évènement en événement. De découverte en découverte. De rebondissement en rebondissement, Yaz émerge comme un précieux témoin qui nous livre, dans une écriture de l’aveu et de la confession, son histoire personnelle qui vient faire écho à l’histoire de son pays.

À travers l’interview qui suit, Boualem Sansal raconte, dans un langage franc et sincère, ses débuts d’écrivain, son histoire familiale et celle de Yazid, le protagoniste de son roman.

Boualem Sansal a reçu le Prix de la paix des libraires allemands, lors de la Foire du livre de Francfort, le 16 octobre 2011.


Entretien avec Boualem Sansal :

Entretien avec Tahar Ben Jelloun

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Dimanche, 11 Décembre 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

« Je n'ai pas de problème d'exil »

Tahar Ben Jelloun, l'écrivain marocain de langue française le plus médiatique, aborde la question de l'exil dans cet entretien, de son rapport à l'écriture et à la littérature de l'espace maghrébin. Né à Fès en 1944, Ben Jelloun vit depuis 1971 en France, où il s'est complètement intégré dans le champ littéraire. Après avoir été couronné par le prix Goncourt en 1987 pour son roman « La nuit sacrée », il devient ensuite membre de cette académie en 2008. Journaliste, essayiste, poète et romancier, Ben Jelloun semble s'accommoder de l'exil. Ses romans restent inspirés par la terre natale et il a traité de l'exil dans des essais et dans sa production romanesque, comme « La réclusion solitaire » (1976), « Au pays » (2009).


Qu'est ce que, pour vous, écrire loin de chez soi ?

Je me sens chez moi en France, au Maroc, en Italie, à part peut-être les pays asiatiques, parce que c'est une civilisation qui m'est totalement étrangère ; je n'ai pas de repères quand je suis en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, au Vietnam. Je suis alors comme un étranger qui essaie de découvrir. En fait, je n'ai pas de problème d'exil et j'écris partout où je me trouve bien. Parfois, l'envie d'écrire n'est pas là, j'attends alors que cela arrive.

Entretien avec Marc Pautrel

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 19 Juillet 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Univers d'écrivains

Mené par Matthieu Gosztola

Vous semblez faire en sorte que le cadre de vos récits ait trait toujours à une certaine a-temporalité, qui pourrait presque s’apparenter à celle des contes, ce qui n’est pas seulement perceptible dans Le Métier de dormir (Confluences, 2005). Ce lien constant entre les contes et vos récits tient aussi me semble-t-il à leur brièveté qui permet de ne jamais les clore, et de les rattacher à un héritage grandiose du récit elliptique et bref où ce sont nos rêves, notre imaginaire, qui viennent poursuivre les faits relatés. Faire choir les récits de la contemporanéité afin de les faire tomber dans l’imprécision des rêves et des contes, mais toujours suivant l’extrême précision que permet votre écriture, ses entrelacs et son chant comme se déployant en contre-points successifs, est-ce ce qui paradoxalement permet de dire vraiment quelque chose du contemporain ?


Je crois que ce qui est commun à tous mes textes, c’est leur caractère légendaire. Le récit, ou pour les textes plus longs, les histoires (ou romans), sont livrés par écrit en raison de l’importance quasi mythique que le narrateur leur accorde. Il faut raconter cette chose, apparemment commune, mais qui met en lumière une vérité.

Vers le Nord improbable, rencontre avec Alain Bertrand

Ecrit par Christopher Gérard , le Dimanche, 05 Juin 2011. , dans Entretiens, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

La Lumière des polders, Ed. Bernard Gilson, 12€


« Un goût d’éternité qui prendrait la forme d’une babelutte ou d’une croquette aux crevettes ». La formule, qui rappelle Roegiers, illustre l’esprit dans lequel son auteur, Alain Bertrand,  a voulu évoquer une région – les Polders - entre terre (humide) et ciel (nuageux) où la lumière se métamorphose à chaque instant. A le lire, on songe à Ensor et à Permeke : un mélange d’humour et de truculence, cette dernière venant masquer une discrète mélancolie. Ce « vide plat et intense », Alain Bertrand s’y plonge avec une sorte de volupté un peu triste (là, c’est Spilliaert qui affleure) ; il l’emplit d’odeurs de cuisines, de brume et, last but not least, d’une pluie tenace. Malgré l’eau qui dégouline de son ciré et trempe ses chaussettes, Bertrand parvient à leur déclarer sa flamme, à ces satanés Polders, où l’on patauge « à bicyclette », à l’image d’Eddy Merckx, sacré grand-prêtre d’un culte confédéral. Parmi les nouvelles, ma préférée conte la visite au vieux curé, dont les frères sont tombés sur l’Yser, victimes d’une atroce guerre civile. Bien que myope, Alain Bertrand voit clair : sa petite musique est de celle qui s’impose avec une force discrète, celle d’un Marcel Aymé qui serait porté sur les bières d’abbayes.