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Entretiens

Michel Leiris, Vivre poétiquement

Ecrit par Frédéric Aribit , le Vendredi, 22 Juin 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Propos recueillis par Frédéric Aribit

 

Les éditions des Cahiers viennent de publier leur troisième volume consacré à Michel Leiris. Avec Georges Bataille, Laure et bientôt Antonin Artaud, la collection continue d’interroger les figures majeures d’une époque, pour lesquelles la poésie se lit, bien au-delà de la littérature, comme la trace d’un impossible affronté. Rencontre avec Jean-Sébastien Gallaire, qui en dirige la publication.

 

Pouvez-vous nous raconter la naissance de ces ambitieux Cahiers, dont vous venez de publier le troisième numéro consacré à Michel Leiris ? Qu’est-ce qui est à l’origine de ce projet ?

 

Tout est né de ma découverte de Michel Leiris sur lequel j’ai longuement travaillé durant mon parcours universitaire. Au bout de sept années consacrées à l’analyse de ses seules œuvres, j’ai eu envie de poursuivre l’aventure. Il m’était difficile de me détacher de Leiris… Et j’en suis, aujourd’hui encore, bien incapable ! La fascination qu’il exerce sur moi me poursuit. En 2003, j’ai créé le site internet michel-leiris.fr.

Entretien avec Chris Womersley, à propos du livre "Les affligés"

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 21 Juin 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Propos recueillis par Yann Suty

 

Votre livre va dans plusieurs directions. Il est difficile à rattacher à un genre en particulier. Drame de l’après-guerre ? Histoire de vengeance ? Fantastique ? Roman gothique ? Western ? En tout cas, c’est un livre riche en interprétations. Est-ce que c’était une volonté de votre part de faire un livre insaisissable, qui nous embarque sur de multiples pistes ? Qui s’amuse même à nous tromper ?

 

Je suis ravi que vous le décriviez comme un livre riche et je pense que c’est entre autres ce qui fait son intérêt : il peut plaire à des personnes aux goûts littéraires variés. J’ai été inspiré par de très nombreuses sources, du roman d’Emily Bronte, Les Hauts de Hurlevent à L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Même si ce n’était pas mon intention première d’explorer autant de genres, je voulais tout de même écrire un livre qui puisse être perçu de multiples façons, tant en ce qui concerne les thèmes que les personnages. J’aime l’ambiguïté fictionnelle, donner aux lecteurs plus de questions que de réponses.

Entretien avec Catherine Lafrance (La saison froide)

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 19 Juin 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Catherine Lafrance vient de publier au Canada La Saison froide, en octobre dernier, aux Editions de la Presse, et son ouvrage sera disponible en France d’ici peu. Catherine Lafrance a eu la gentillesse de m’accorder un entretien, de Yellowknife, où elle se trouve actuellement.

 

Valérie Debieux : Catherine Lafrance, votre ouvrage La Saison froide relate les péripéties d’une journaliste qui lâche tout à Montréal, pour occuper un poste de travail, peu convoité, en venant s’installer à Yellowknife, la capitale et la plus grande des villes des Territoires du Nord-Ouest du Canada. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée en arrivant dans cette contrée très retirée ?


Catherine Lafrance : Le fait que ce soit si loin de tout. Yellowknife est à 1600 kilomètres, soit deux jours de route de la ville la plus proche. Entre les deux, il y a la taïga, et un sanctuaire de bisons. Pour arriver par auto, ce que j’ai fait, il faut traverser le grand et tumultueux fleuve MacKenzie par le traversier, ou sur les routes de glace. Quand on arrive enfin, on a l’impression d’être au bout du monde, d’être coupé du monde, et nos préoccupations nous semblent non seulement loin mais parfois futiles.

Entretien avec Stéphanie Hochet - Les éphémérides

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 12 Juin 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Seize écrivains sont invités, cette année, à « poser leur valise » à la Villa Yourcenar. Stéphanie Hochet en fait partie et a séjourné, ce mois de mai, dans la maison de la grand-mère paternelle de Marguerite Yourcenar à Saint-Jans-Cappel en compagnie de Jean-Lorin Sterian et Anne-Constance Vigier. De sa paisible retraite d’écriture, Stéphanie Hochet m’a accordé un entretien au sujet de son huitième roman, remarquable composition de fresques superposées.

 

Valérie Debieux : Le besoin d’aller vers des contrées intérieures jamais explorées est un thème récurrent dans chacun de vos ouvrages. Cette fois-ci, cette démarche a pour origine l’annonce d’un événement de nature apocalyptique. Quelles sont les expéditions au sein de l’extrême humain que vous désirez encore mettre en lumière ?

 

Stéphanie Hochet : J’ai envie d’écrire sur le corps, ses frontières, les marges, y compris celles qui séparent le réel et le fantastique. Tout ce qui pose question, trouble, provoque le malaise. Je crois que je ne cesse de travailler en ce sens.

Parole de libraire : Librairie "Page et Plume" à Limoges

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 02 Mai 2012. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

L’entretien qui suit a été réalisé en grande partie lors du salon du livre « LIRE A LIMOGES » 2012. Merci à David Belair, responsable littérature à la librairie « PAGE ET PLUME » de Limoges pour le temps et l'intérêt qu'il nous a consacrés.

 

Bonjour David. Votre activité de libraire constitue-t-elle un métier ?

 

Libraire est un métier. Je revendique absolument ce terme. Je n’ai pas suivi de formation spécifique aux métiers du livre mais j’ai appris sur le tas, au quotidien, dans toutes les tâches. J’avais, comme beaucoup, une idée romantique du métier de libraire quand j’ai remis mon CV. Des études d’anglais (jusqu’à un CAPES raté) m’avaient fait croire que je connaissais la littérature et que donc, tout naturellement, être libraire, c’est-à-dire passer sa journée à « discuter bouquin » avec des gens passionnés et passionnants, était une très bonne idée. Je me suis donc présenté sans invitation à Page et Plume et fus « testé » pendant Lire à Limoges 1997. Marché conclu en août de la même année.