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Ecriture

Guernica ...

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 23 Janvier 2012. , dans Ecriture, La Une CED

ou Quelques propos sur la question de la douleur et du silence en peinture.


"Comme un rien sans possibilité [...], comme un silence éternel, sans espérance même d'un avenir, résonne intérieurement le noir"

Kandinsky


" Bilbao, 27 avril. Guernica, la plus ancienne ville basque et centre de la tradition culturelle basque, a été complètement détruite hier après-midi par les avions des insurgés " Voilà l'extrait du Times du 28 avril 1938, tel qu'aurait pu le lire Picasso au lendemain de la destruction de Guernica. Il résume l'attaque allemande faite à l'appui des insurgés franquistes sur la ville basque. Et, c'est par la presse que le peintre apprend le douloureux événement - ce qui donne déjà un jour au chromatisme de noir et blanc de l'oeuvre, reflet, saisie en écho de l'encre des journaux, à l'heure nouvelle des mass média. Au début du mois de mai 1937, Picasso commence le tableau, commande des républicains espagnols pour commémorer le martyr de la ville. Différents témoignages et études ont commenté la genèse de Guernica.

L'Arabe et le vaste pays de Ô (chapitre 4)

Ecrit par Kamel Daoud , le Samedi, 21 Janvier 2012. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

Chapitre 4

 

Qu’a fait d’abord l'homme blanc sur l’île de son naufrage éducatif ? Il pria, fit un feu, se fabriqua un casque colonial, laboura et se fit tour à tour menuisier, fermier et éleveur. En vérité, s’il arrive à l’homme blanc, aujourd’hui, de se perdre sur une île, ce ne sera que pour quelques heures tout au plus : les îles sont mortes ou ont été toutes mangées et le Blanc, après avoir retourné le monde dans tous les sens, se les fabrique désormais avec du papier et de la colle forte pour en garder le souvenir. Naufragé à mon tour, je ne ferais rien de tout cela et me contenterais seulement d’attendre la fin du monde, la résurrection qui va nous donner raison face aux autres peuples et prouver que Dieu possède bien notre nationalité et parle notre langue à nous. Un rendez-vous certain que ma race attend en accomplissant le minimum entre l’obligation d’avoir des récoltes et celle de féconder les femmes.

Contrairement à l’Homme Blanc qui s’y sent chez lui malgré ses angoisses, le monde m’est déjà donné comme une salle d’attente avant de rejoindre Dieu, et dès l’enfance on m’a appris l’essentiel : cette vie n’est pas pour Nous mais pour Eux. Cela expliquait la contradiction insupportable entre notre misère, notre impuissance et notre statut de dépositaires de la vraie religion, face à leur richesse, leur sens de la Justice, leur force.

Sous la coupole spleenétique du ciel (24)

, le Mercredi, 18 Janvier 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Le moment ne se choisit que dans son illusion.

Ailleurs, partout, où le silence l’apaise, elle suit un chemin rocailleux. Depuis l’enfance, elle suit. Sa propre route.

Elle n’écoute les voix, que dans leurs échos, qui percutent.

Elle n’entend, que le dialogue du doute.

Elle ne regarde, que ce qui s’instruit, dans ses yeux.

Ce qu’elle respire. Ce qu’elle respire la force de vivre !

C’est en s’éloignant, qu’elle s’approche des limites.

Je l’ai croisée souvent,

comme j’ai croisé le fer

avec le feu.

L’instant –

est une goutte…

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La transe du corps (1)

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

C'est sur son chemin vers Sidi Abderrahmane, ce lieu d'inspiration spirituelle qui fait danser les peurs et bousculer les équilibres, à proximité de l'entrée du mausolée, qu'elle remarqua la boîte en carton à moitié déchirée. Elle était entreposée  à même le sol, aux pieds d'un homme d'une soixantaine d'années. Il était assis sur une chaise en bois de couleur bleu turquoise. Il portait une veste en velours noir. Sa tête était légèrement baissée. Ses yeux étaient cachés derrière une paire de lunettes noir mat. Son esprit semblait perdu dans des absences qui tournoient dans les bas-fonds d’une inconscience encombrée. Elle aurait juré qu'il somnolait.

A première vue, la boîte contenait trois petits paquets enveloppés dans du papier journal. Sur chaque tas, elle pouvait apercevoir des photos en noir et blanc. A la couleur et à la qualité du papier,  elle compris qu'il s'agissait de cartes postales de Dzaïr el kh'dima*. Ces dernières années, Alger d'antan était devenue un objet d'intérêt pour beaucoup d'Algérois. Des vendeurs de ces images du passé avaient proliféré dans les rues de la capitale. Pour certains, la vente de cartes postales anciennes était une véritable profession. Ils passaient beaucoup de temps à faire des recherches. A collecter. A classer. A catégoriser leurs trouvailles avant de les disposer soit dans des boîtes en carton soit sur des petites tables pliantes pour les proposer à la vente le long des trottoirs des artères principales d'Alger la Blanche.