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Ecriture

Sa connaissance de ma douleur

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Vendredi, 15 Juillet 2011. , dans Ecriture, Création poétique, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

A Carlo Emilio GADDA

 

 

 

In "CHUTER"

 

 

 

 

 

Carnets d'un fou - XI

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 14 Juillet 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Michel Host

Le 4 juillet 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

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Les intuitions des poètes sont les aventures oubliées de Dieu.

Elias Canetti, Le Territoire de l’homme


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Sous la coupole spleenétique du ciel (2)

Ecrit par Daniel Leduc , le Jeudi, 14 Juillet 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Work in progress

Dans l’œil de la vieille, c’est une pluie d’images, des éclats de soleil, myriade où les instants se succèdent, en se superposant, c’est un nid où reposent des tremblements de terre, des éclairs déplumés.

Elle se balance la vieille, sur une chaise trop vieille, elle se balance, d’un poids de vent qui la soulève ; ses cheveux brisent des lignes, comme on éclate une étincelle, brisent des lignes –  herméneutique d’espace.

Est-il temps, s’inquiète-t-elle, est-il temps de se poser, là ? de reposer sa chaise ?

Il n’y a plus de feulements dans la gorge du feu ; plus d’éclatements, non plus, sous les braises du rire.

Chaque chose s’étend dans le sommeil ; mais la vieille, elle,

ne s’éteint pas.


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L'arbre aux secrets - 8 (Chap. IX)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 13 Juillet 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Ecrits suivis

En effet, le lendemain matin, lorsque Rose osa enfin jeter un œil dans la chambre de sa mère, celle-ci était étendue toute droite sous ses couvertures, les yeux ouverts, le regard perdu. Et Rose ne sut pas quoi faire d’autre que d’aller dans la forêt. Elle avala un verre de lait, glissa une pomme dans sa poche : elle était partie.

Il faisait très chaud ce jour-là. Malgré l’heure matinale, une buée légère s’échappait des prés des deux côtés du chemin. Rose clignait des yeux sous le soleil. Soudain, du coin de l’œil, sur sa gauche, elle entraperçut une forme blanche au milieu du pré. Elle tourna la tête, mais ne vit rien. Continuant sa marche, elle gardait cette sensation d’être accompagnée, de loin, par une silhouette qui se dissipait dès qu’elle s’arrêtait pour mieux la regarder. Elle pensa à l’enfant du grenier, en qui elle ne pouvait s’empêcher de reconnaître sa mère, petite fille. Ce que sa mère lui avait interdit en paroles hier, elle l’encourageait aujourd’hui en actes. Rose se disait cela, puis secouait la tête. Cette vague image qui l’accompagnait à travers prés, ce fantôme, ce n’était pas sa mère, c’était un songe né de son angoisse à elle, Rose, de son désir à elle, d’avoir une solution, de n’être pas impuissante. Et pourtant, pourtant… L’image, toujours insaisissable, persistait, un chant se faisait de plus en plus distinct, une chanson, une comptine, comme celle qui rythme les rondes, aux paroles incompréhensibles, mais l’air, gai et entêtant, qu’on a déjà entendu quelque part, mais les paroles, on ne s’en souvient plus, les paroles échappent.

Sacrifice

Ecrit par Zoe Tisset , le Jeudi, 07 Juillet 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

 

Cette voix a été mutilée par un coup de rasoir coléreux. Elle a voulu se révolter, au coin d’une fenêtre, elle a crié sa hargne d’une filiation coercitive. Le père n’a pas supporté, imbibé d’alcool, il a tranché.

Quelques gouttes de sang sur une moquette, voilà ce qu’il reste d’une voix qui s’est perdue à jamais. L’enfance et l’espérance sont parties pour ne revenir que de manière hachurée à travers une logorrhée découpée, hoquetante et striée.

Ma sœur est alors devenue le fantôme d’elle-même, courant derrière cette voix lumineuse qu’elle avait perdu un jour de ténèbres. Elle n’a jamais pu solder cette perte. Sa voix, elle l’a oubliée, nous l’avons tous oubliée. Pourtant, chacun d’entre nous sait ce qui a été tu.

C’est comme s’il y avait eu un sacrifice, car jamais plus le père n’oserait inciser un de ses enfants.

Et toi mère, ta voix ? Comment ne s’est-elle pas alors réifiée ? As-tu hésité à te réveiller ? A t’enterrer ?

Quelle souffrance aujourd’hui d’être encore dans ton silence. Je ne peux plus me taire, mes oreilles raisonnent de hurlements qui m’empêchent de frissonner à la brise du matin.