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Ecriture

Sous la coupole spleenétique du ciel (11)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 19 Octobre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Work in progress

 

Autre chose. J’aurais voulu que ce fût autre chose. Quelque chose de plus ample. De plus condensé. Du pulsar peut-être. De la. Super novae.

De la fibre du muscle du tendon. Du boyau de la tripe des entrailles. Du nerf de la peau de la couenne.

De cette corde qui fendille les chairs lorsqu’on grimpe, et qui s’accorde en vibrant avec les autres cordes.

La nuit n’est pas un berceau de flammes.

Les corps ne sont pas des tertres tranquilles.

Et ce premier amour, si loin, si fier. J’aurais voulu, qu’il soit. Comme :

autre chose...


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Suites à Miami (2)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Mardi, 18 Octobre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

5.    A Miami, leurs silhouettes restent. Ils ont disparu, portés absents, nonchalamment appuyés au bord de leur défaite, résolus. Sourient-ils encore ? Ils nous regardaient. En arrière fond, la vie qui était devant eux. Et ce qui reste des rêves démembrés, au fond du corps qui plie, qui n'en peut plus, mis à l'écart, est un reste d'illusion. Ils n'avaient d'autre choix que de suivre leur déhanchement, dérisoire et  mécanique (CubaOcho Center, février 2011).


6.    A Miami, qui peut se permettre d'avoir deux orgasmes par jour, voire trois ?


7.    De Miami à Palm Beach, il y a des années-lumière de mondes dissociés, adjacents, des mondes en creux, décidément cachés, dont on suppose l'existence sans les voir, qui font flash parfois dans les sourires de vieilles soupirantes, insatiables et fatiguées, à l'écart des rencontres qu'elles n'ont pas faites ou qu'elles n'ont pas voulues faire, tellement en arrière, tellement en arrêt. Elles dodelinent, fascinantes mystérieuses à l'abri dans les allées vides de leur jardin désert. Et si elles sortent, c'est pour se rejoindre en bande sous les mousselines qu'elles porteront encore le jour de leur disparition. Qui n'alertera personne.

L'Arbre aux secrets 11 (chap. XII & Fin)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 17 Octobre 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Fin

Rose bat des paupières, regarde autour d’elle, hébétée. Une silhouette blanche à ses côtés s’évanouit dans les airs, avec des nattes brunes, des larmes séchées sur les joues. Rose aussi a pleuré. Elle descend à pas lourds l’escalier.

Elle jette un coup d’œil dans la chambre de sa mère : personne. Elle entend un bruit, en bas : elle descend au salon. Sa mère, une blouse blanche nouée autour de la taille, est debout devant sa table à dessin, une ride profonde barrant son front, un pinceau à la main, de l’encre plein les doigts.

À terre, tout autour d’elle, des feuilles de papier. Une ronde, un arbre grimaçant dans lequel un enfant tombe à la renverse, une petite fille la main sur la bouche, les yeux écarquillés. Partout le même dessin à l’encre, dix, vingt fois répété. Sa mère qui le peint, encore et encore, très vite, à l’encre. Puis le rythme se ralentit. Le pinceau s’attarde sur un détail, un visage, une bouche d’enfant, une branche d’arbre. Il ajoute une ombre, une indication de mouvement… Le décor soudain change : c’est toute la forêt, un renard à la langue pendante à moitié caché derrière un buisson, puis une page d’herbier, avec dans le coin haut de la feuille un château. C’est ensuite une maison tranquille en lisière d’une forêt, un homme jeune encore courbé sur une canne.

Suites à Miami (1)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Samedi, 15 Octobre 2011. , dans Ecriture, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Bonnes feuilles

Bonnes feuilles


A Miami, j’ai pris le parti du quotidien, au fil de l’eau et des flyovers, en roue libre, attentif, amusé, réservé, en embuscade, avec méthode : balancer sur le mot à mot, avancer sur des phrases retournées, détournées, retenues, remonter à temps, respirer. Délier la main qui écrit. Je dispose de ce temps libre de l’esprit entre mille choses à faire. J’ai du papier, un crayon et je m’arrête en bord de route ou en bord de table, j’occupe les lieux de mes visions et, à l’arraché, entre deux regards, je plonge à traits tendus dans le ciel qui s’effile immensément autour de moi. J’ai des impressions fugitives d’histoires qui ne sont pas les miennes et qui, pourtant, me concernent. Je m’arc-boute à l’à-pic de mon instinct pour penser qu’ici, à Miami, des mondes se défont les uns contre les autres, les uns dans les autres et que, foin du résultat, il en restera ce que l’on en a aimé y compris dans la détestation que ces mondes suscitent. Mes amis me le rendent bien qui ne m’invitent plus. Mais chaque jour je passe un pont et, dans cette élévation douce vers le vide du ciel, je comprends les raisons de mon choix : respirer chaque fois que je tombe du ciel, respirer et me relever.

La sensualité des âmes désespérées

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Jeudi, 13 Octobre 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

 

C’est un dimanche. Cela suffirait pour être triste.

Mais c’est un dimanche ensoleillé. Et c’est pourquoi l’on se sent si vide. Quelque chose ne colle pas : le soleil et la tristesse mêlés s’annulent, et ne reste que le néant.

Mais un dimanche de vacances en Italie : et tout change. C’est ce qu’on imagine, du moins.


Line s’est retirée dans un coin tranquille du jardin, sous les arbres, et elle écrit :


Fiesole, le 20 août


Amore mio,

Où es-tu parti ? Si loin, si vite, que je n’ai pas eu le temps de t’embrasser une dernière fois. N’importe où je suis, tu es avec moi et le seras toujours, tu me l’as promis. Et c’est ma seule consolation.