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Ecriture

A Tlemcen (1)

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 25 Mai 2012. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

Nous publions en trois parties ce récit de Voyage (pélerinage ?) à Tlemcen (Algérie).

 

En arrivant à Tlemcen ce vendredi 27 janvier 2012, brume et obscurité, neige et travaux sur la route. Comme si les chicanes imposées par les travaux en cours voulaient ralentir cette entrée, on pourrait presque dire cette intrusion.

Impression d’ouvrir la porte du temple du souvenir. Les souvenirs réels et ceux entretenus ou créés par les récits de mes parents forment une sorte de voile qui est en train de se soulever. Il y faut de la lenteur. Le réel qui importe ne se livre pas au passant. L’homme pressé n’entre pas dans le temple. Parce qu’il n’entre pas dans le temps.

Tlemcen absent, c’est Tlemcen mythifié. Mais être présent à Tlemcen, c’est comme un rêve dévoilé, voire déchiré. Pour une révélation.

C’est une émotion, presque une entrée dans du sacré. Limites du voyage, rencontre avec une partie de son histoire, une histoire un peu enfouie et soudain lisible.

Le tweeteur doux (2)

Ecrit par François Vinsot , le Jeudi, 24 Mai 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Feuilleton twitique

 

J’aimerais tant pouvoir tweeter des cygnes aussi blancs que ceux du lac

 

J’avais essuyé les refus de toutes sortes de lacs et je n’étais pas loin de renoncer lorsque la chance se décida enfin à me sourire : elle apparut sous la forme d’un sentier ombragé qui m’invitait à le suivre, ce que je fis en souriant ; la végétation luxuriante m’empêchait de voir plus d’un pas devant moi mais elle sentait si bon, les insectes dansaient si librement, le soleil était si doux que j’avançais avec confiance ; puis le chemin sembla disparaître sous mes pas et je me retrouvais glissant sur les fesses dans un étrange toboggan qui sentait bon la résine de pin et le thym sauvage. Au bout de mon voyage je fus accueilli tout en douceur par un lit de mousse et un grand silence ; je levais timidement les yeux et je vis devant moi le lac le plus surprenant que l’on puisse imaginer tellement il semblait petit, sauvage et mystérieux.

Sous la coupole spleenétique du ciel (41)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 23 Mai 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

 

L’enfance court dans les ruelles, même à la campagne : elle court dans les ruelles. Ses pas frôlent les pavés, même sur le bitume : ses pas frisent, les pavés.

Et la pluie est un rire suintant sur les corps. La pluie sourd des éclats, secs de l’instant.

Vieux, il y a des billes au fond des poches, qui s’entrechoquent, silencieusement.

Et la nature, laquelle s’ignore, nous prolonge ; dans des guenilles, bondissant par-dessus les rigoles. La mort c’est comme un souvenir – qui n’aurait jamais

émergé.

 

*****

Fragmento de la sentencia escrita por un juez en Paris en 1461

Ecrit par Andrés Morales , le Samedi, 19 Mai 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

“[…] Dicto esta sentencia de muerte por la horca, instrumento de la mano de la justicia ciega, por todos los delitos que cometió este hombre en plenas facultades y por su cruel arbitrio :

Habrá de andar camino recto hasta el cadalso, sin posible enmienda, ni arrepentimiento alguno.

 

Dicto esta sentencia para François Villon y obligo que mordaza impida su argumento. Que no lo escuche el vulgo, ni el cura ni el verdugo, que las palabras mueran en su garganta atada.

 

Sin posible prórroga ni apelación ninguna, dicto esta sentencia en París, Reino de Francia.”

 

Nota de un escribano en 1489 :


La sentencia jamás fue ejecutada. Dícese de aquel François Villon que partió a Inglaterra (no existe tal certeza). Hace poco que circulan sus poemas publicados.

Sebsicolor

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 18 Mai 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

Au fond d’une venelle un lourd vantail noirci

S’entrebâille au sésame épelé par mon ombre.

Près d’un zinc dingue où tremble une chandelle sombre,

Sur un tapis méditent des fellahs rassis.

 

Le battant de l’horloge est immobile ici.

Le dos s’enfonce au mur et l’esprit dans l’errance ;

La volute s’envole vers la voûte et danse,

Calligraphie dont l’œil déchiffre les lacis.