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Ecriture

A Tlemcen (2) : entrée dans la ville

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

En ce 27 janvier 2012, la route est humide quand on arrive à Tlemcen, c’est le soir. En arrivant sur le plateau qui surplombe la ville, presque sans transition avec la lumière de la journée, nous trouvons cinq centimètres de neige sur la route, le brouillard et le froid. Lentement, au rythme des chicanes liées aux travaux en cours, nous descendons vers le cœur de Tlemcen, le paysage devient plus clément (tiens ! clément, c’est l’anagramme de Tlemcen…).

Tout se bouscule, l’émerveillement du regard qui découvre des lieux nouveaux vient envelopper les souvenirs et les attentes pour empêcher la moindre nostalgie. Moment plein, fait d’élan, de curiosité. Ici et maintenant, sentiment de grâce, d’une offrande qui m’arrive au moment précis où je suis disponible pour cela. La ville offre des possibles, mais elle gardera, je le sais, ses mystères. Comment pourrait-il en être autrement ? Tlemcen, ville où je n’ai eu que le temps de forger des images d’enfant. Rien aujourd’hui pour me pincer le cœur ; l’adolescent et l’homme ont grandi en métropole.

L’entrée de Tlemcen offre une perspective harmonieuse, les avenues sont larges et bordées d’arbres soigneusement entretenus. En 2011, la ville a accueilli le congrès de la culture islamique. Pour l’occasion, on a embelli les grands axes.

La rencontre avec le Tlemcen de 2012 crée en moi un monde neuf, sans doute assez éloigné de la réalité objective de la ville, c’est un monde où le Tlemcen imaginé entre en synergie avec la tranquillité apparente du paysage.

Le tweeteur doux (3)

Ecrit par François Vinsot , le Jeudi, 31 Mai 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Feuilleton twitique

 

J’aimerais tant pouvoir tweeter des cygnes aussi blancs que ceux du lac

 

Au réveil, j’étais entouré d’odeurs de lait de miel et d’eucalyptus ; allongé sur le dos et faible au point de ne pas oser vraiment bouger, je découvrais de la paume de la main mon corps recouvert en de nombreux endroits d’une sorte d’onguent étrange et doux. Soulevant à peine mes deux bras, je fus assailli de douleurs aiguës et je les reposai aussitôt ; essayant de retrouver mon calme j’allais éclater en sanglots lorsque j’entendis une voix chuchoter : « il est bien revenu, vous aviez raison, il est là et bien là ». La surprise me fit lever la tête, la douleur me cloua au sol, je criais, j’entendis d’étranges bruits tout autour de moi puis le silence revint. « Qui est là » osais-je demander, « qui êtes-vous, que me voulez-vous, que s’est-il passé ? Pourquoi suis allongé recouvert de je ne sais quoi ? Que se passe-t-il enfin ? Répondez-moi ».

Sous la coupole spleenétique du ciel (42)

, le Mercredi, 30 Mai 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

L’infini est une lenteur qui n’en finit pas de disparaître.

Peut-être est-ce, l’infini, l’illusion de ce qui pourrait ne pas exister. Ne pas appartenir au langage des formes, à la multiplicité des nombres, à ce qui se conjugue à soi-même.

Le chat fait des cabrioles qui rappellent des signes cabalistiques, peut-être des jeux de cordes infinitésimales.

Je ne l’observe pas, je le guette.

Je le surprends à épier mon regard, comme si l’œil écoutait les vibrations des mouvements qui nous balancent.

Le chat c’est lui. Cet infini.

Miaulant.

Et nous passons. Comme un sable. Criblé.

Tamis – l’infime sur –

l’infini

*****

Sur le miroir, cette alouette

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 29 Mai 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

Au long de l’onde, aux galets ronds, aux blancs sablons,

D’or sous l’aplomb, nous posions l’ongle ou le talon,

Dansant.

 

Dans la laurière nous épiait la chevrière…

Mes pieds glissaient sur la gravière, Elle, légère,

Dansant.

 

Moi le Roumi dans l’oued blond et ma Berbère,

Nous nous baisions sans un haillon dans la lumière,

Dansant.

A Tlemcen (1)

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 25 Mai 2012. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

Nous publions en trois parties ce récit de Voyage (pélerinage ?) à Tlemcen (Algérie).

 

En arrivant à Tlemcen ce vendredi 27 janvier 2012, brume et obscurité, neige et travaux sur la route. Comme si les chicanes imposées par les travaux en cours voulaient ralentir cette entrée, on pourrait presque dire cette intrusion.

Impression d’ouvrir la porte du temple du souvenir. Les souvenirs réels et ceux entretenus ou créés par les récits de mes parents forment une sorte de voile qui est en train de se soulever. Il y faut de la lenteur. Le réel qui importe ne se livre pas au passant. L’homme pressé n’entre pas dans le temple. Parce qu’il n’entre pas dans le temps.

Tlemcen absent, c’est Tlemcen mythifié. Mais être présent à Tlemcen, c’est comme un rêve dévoilé, voire déchiré. Pour une révélation.

C’est une émotion, presque une entrée dans du sacré. Limites du voyage, rencontre avec une partie de son histoire, une histoire un peu enfouie et soudain lisible.