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Ecriture

Suites à Miami (8 et fin)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Mardi, 29 Novembre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED


130.    A Miami, les distances sont des points d'horizon, lentement rapprochés les uns des autres jusqu'à être là. Jusqu'à devenir là. Des distances pourtant qui ne sont pas partagées. En bas, dans l'ombre, un lent ressac à peine entendu, à peine venu au monde, hante l'air de son frôlement lancinant.


131.    A Miami, je suis au milieu de ma nuit, me réveillant. La vie va de proche en proche. Et sur la nuit qui vient, le rêve joue de bas en haut. Cette femme ne néglige rien, ni le silence, ni cette petite musique du fond du cœur qui remonte à la surface. Souvent je me souviens de ce qu'elle me donne.


132.    A Miami, le jour file du bleu au gris, du gris au noir, soudainement redevenu bleu franc, dans une alternance de mat et de brillant, de fondus enchaînés sur les liserés des vagues, de traits tirés de haut en bas du ciel, lentement estompés avec des saillies brûlantes d’organdi mauve. Puis le ciel s’affaisse d’un coup.

Sous la coupole spleenétique du ciel (16)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mardi, 22 Novembre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Work in progress

 

L’univers de cette nuit a l’amplitude

de l’oubli et la précision de la fièvre.

Jorge Luis Borges

Le sommeil est un état aux frontières du péril, s’abandonner dans la transfiguration des cartes et des tours [réussites échecs], peupler sa nuit d’irradiations natives des lieux affranchis, des passages contournés, des voies sans voyages.

Le sommeil nous contourne.

Vrille trace et creuse.

Que le réveil soit champ

compulsé

de vraies éclaboussures.

Suites à Miami (7)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Mardi, 22 Novembre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Work in progress


109. A Miami, il suffit d’un bord de piscine, d’un bout de palmier et d’une pause languissante pour se croire reine ou roi selon les circonstances. Question de rondeur et de cambrure avec à peine une moue triomphante.


110. A Miami, le vent perle sur la pluie, détouré sur le vide. Downtown scintille en filigrane et répercute ses oublis sur l’eau noire de la baie. Elle s’effile et grappille sur le ciel qui ne vient plus à elle. Elle entre dans ses quartiers de nuit, rehaussée des rêves qu’elle abrite encore malgré elle.


111. A Miami, il faut interpréter les regards comme des restes de gestes primitifs. Crus, perçants, déshabillants. Détachés des sentiments qui les font naitre. Mais sans précaution, les heurter de front les éteint.

Suites à Miami (6)

, le Jeudi, 17 Novembre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

88. A Miami, j'ai rencontré des comtes et des marquis. Ils portent beau la belle époque, le beau parlé, le blazer et le ressentiment.


89.    A Miami, les tenues blanches des white party ont le goût cartonné de la naphtaline et le froissement léger des dessous de cartes. S'y reprendre à deux fois pour comprendre que, même dans la nuit noire, le dress-code est le cache-misère de ceux ou celles qui n'inventent plus rien.


90.    A l'évidence, ils ont bâti des arpents de pierre et d'obsession, d'espace et de désespoir, de résolutions droites et d'obliques perversions. Ils sont entrés dans leurs rêves, construit des murs, des voûtes, élevé des escaliers tournants, des verrières et des souffles de vide. A Miami, me voilà sur leur vide, échevelé de vertiges et de spasmes, dérivant malgré moi dans leur domaine clos de toute part de vent et de lumière, ceux des jours finissants. Ils ont atteint la fin du monde. Quelle apparence donnerait un tel artéfact d'entrelacs évidés qui ne résonnent plus que par les ombres qu'ils projettent ?

 

91.    A Miami, le vent souffle dans les palmes échevelées des rêves disparus.

Sous la coupole spleenétique du ciel (15)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 16 Novembre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Il n’y a de double qu’avec soi-même, d’échos qu’avec les autres ; qu’avec le macrocosme, une réverbération possible.

Oui nous sommes les mammifères inquiets, ceux qui se confortent en beuglant plus fort ; les bipèdes aux insomnies ondoyantes ; les hominiens que soulèvent leur conscience ; les créatures qui s’accordent en rêvant…

J’ai croisé la femme qui s’échappe ; la lourde écharpe du typhon ; la toison des vagues, d’avant la bourrasque ; et toutes ces embellies, qui dominent dans les livres.

J’ai croisé le fer avec l’acier, le regard avec la face, le lapin avec la carpe ; et mes nuits se sont allaitées au sein de la diffraction du langage.

Il n’y a d’autre

que par la fécondité du regard.


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