Deux éphémérides créatives - Arthur Koestler et Philip K. Dick

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Deux éphémérides créatives - Arthur Koestler et Philip K. Dick

le 14.05.18 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Deux éphémérides créatives - Arthur Koestler et Philip K. Dick

 

3 mars : éphémérides créatives (I),Arthur Koestler : « La véritable création commence où finit le langage »

Le 3 mars 1983, disparition du romancier, journaliste et essayiste hongrois, naturalisé britannique, Arthur Koestler (né le 5 septembre 1905)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Koestler

Peut-être moins connu que le concept de « bissociation », on lui doit le concept de « holon », quelque chose qui est à la fois un tout et une partie :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Holon_(philosophie)

Pour aller plus loin, à lire (en anglais) l’ouvrage du professeur Piero Mella qui s’intituleThe Holonic Revolution(2009) :

http://www.paviauniversitypress.it/catalogo/the-holonic-revolution/1

Et pour un aperçu sur l’œuvre [1] de Koestler et la bissociation, cet article de Guy Aznar :

http://crea-france.fr/2014/arthur-koestler-par-guy-aznar/

Dans cet ouvrage [2] dédié aux grands auteurs en management de l’innovation et de la créativité, dans le dernier chapitre (31) qui aborde Arthur Koestler avec pour titre Aux origines de l’acte créatif, la bisociation, Patrick Cohendet insiste sur « la modernité et la pertinence de la perspective qu’il [Arthur Koestler] a ouverte ».

Il évoque ainsi le domaine de la gestion où ce concept de bisociation trouve un grand nombre d’applications en renvoyant par exemple à cette autre référence qui est le Handbook of Management and Creativityédité par Chris Bilton, Director, et Stephen Cummings :

http://www.e-elgar.com/shop/handbook-of-management-and-creativity

Et bien d’autres réflexions [*] …

Enfin, malgré tout, pour la bisociation et son rapport à la créativité, l’analyse du professeur Léonard Dudley [3] sur l’invention de l’imprimerie par Gutenberg permet d’entrevoir ses limites pour aller au-delà, de l’idée « géniale » à l’innovation, ce qui requiert bien souvent un réseau social, finalement application du concept de « holon » : l’invention peut se suffire à elle-même en tant que création, mais plus en tant qu’innovation potentielle, il faut élargir le point de vue systémique.

« Découvrir c’est bien souvent dévoiler quelque chose qui a toujours été là, mais que l’habitude cachait à nos regards », Arthur Koestler.

[*] Patrick Cohendet rappelle aussi que « Les réflexions de Koestler sur les conditions dans lesquelles une bisociation a le plus de chances d’émerger montrent aussi l’importance d’alterner dans des équipes créatives des phases de grande concentration et des phases de relaxation. Ces conditions renvoient aux travaux d’Amabile sur la manière de gérer les équipes créatives, ou ceux de Csikszentmihalyi sur la notion de flow ».

A comparer avec ce processus créatif fonctionnant sur 2 modes, un « diffus » et l’autre « concentré » comme expliqué dans cet article Comment apprenons-nous ? Le paradoxe de la créativité, en référence à l’ouvrage de Barbara Oakley et intitulé A Mind for Numbers :

http://internetactu.blog.lemonde.fr/2015/10/09/comment-apprenons-nous-le-paradoxe-de-la-creativite/

Pour approfondir :

http://www.barbaraoakley.com/books.html

 

[1] Les grands auteurs en management de l’innovation et de la créativité :

http://www.editions-ems.fr/livres/collections/grands-auteurs/ouvrage/392-les-grands-auteurs-en-management-de-l-innovation-et-de-la-créativité.html

[2] Enfin, il faut rappeler que certaines œuvres d’Arthur Koestler ont été courageusement rééditées par Les Belles Lettres, dont la fameuse trilogie de l’humain :

Les Somnambules, Essai sur l’histoire des conceptions de l’Univers :

http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100697600

Le Cri d’Archimède, La découverte de l’Art et l’art de la Découverte :

http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100775890

Le Cheval dans la locomotive Le paradoxe humain :

http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100494340

[3] Mothers of Innovation: How Expanding Social Networks Gave Birth to the Industrial Revolution(2012)

http://www.cambridgescholars.com/mothers-of-innovation-14

 

2 mars : éphémérides créatives (I), Philip K. Dick : « La réalité n’est qu’un point de vue »

 


Le 2 mars 1982, disparition de l’auteur américain de romans, de nouvelles et d’essais de science-fiction, Philip K. Dick (né le 16 décembre 1928). Certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma, par exemple, Blade Runnerde Ridley Scott, tiré de Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

http://www.dickien.fr/

« Vivre signifie être exposé ; c’est la nature de la vie d’être hasardeuse c’est l’essence même de tout ce qui vit ».

Dans ce documentaire [1] intitulé Les mondes de Philip K. Dicket réalisé par Yann Coquart, on peut voir et écouter Philip K. Dick nous raconter :

« Je parle peut-être d’une chose qui n’existe pas. Je suis donc libre de tout dire ou de ne rien dire ».

« Je n’ai jamais pensé que la science-fiction était moins intéressante que la grande littérature […] J’étais dans une situation curieuse. Je lisais de la science-fiction depuis l’âge de douze ans, j’étais complètement accro, j’adorais ça. Et je lisais ce que lisaient les intellos de Berkeley comme Proust ou Joyce. Je naviguais donc dans deux mondes qui ne se croisent pas normalement ».

Et de rappeler au sujet de sa première nouvelle Roog : « c’est l’exemple parfait de ce que je tentais de faire. C’était une idée de Jung, pas la mienne. Je montrais chaque personnage dans son propre monde. Un monde essentiellement composé de fantasmes que le personnage ne reconnaît pas comme tel. C’est une idée qui ne m’a jamais quitté ».

On y découvrira aussi Gregg Rickman, son premier biographe qui explique : « il n’a jamais cherché à être populaire, […] à écrire un best-seller, il écrivait simplement ce qu’il voulait ».

Enfin, Kyle Arnold tente de plonger dans sa psyché très compliquée avec cette psychobiographie de l’écrivain [2].

« La réalité, c’est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d’y croire », Philip K. Dick

 

[1] Les mondes de Philip K. Dick, réalisé par Yann Coquart (2015) :

http://boutique.arte.tv/f10802-mondes_philip_k_dick

[2] The Divine Madness of Philip K. Dick, by Kyle Arnold :

https://global.oup.com/academic/product/the-divine-madness-of-philip-k-dick-9780199743254?cc=fr&lang=en&

Avec une brève présentation ici :

[*] Was Philip K. Dick a Madman or a Mystic ?, by Kyle Arnold :

http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/tip-sheet/article/70857-was-philip-k-dick-a-madman-or-a-mystic.html

 

Jean-Marc Dupont

 


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