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Création poétique

Sous la coupole spleenétique du ciel (28)

, le Mercredi, 22 Février 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

« Pré couvert de brume

les racines sont au ciel

stratus broutent l’herbe »

« Court dans le ruisseau

l’air véloce de la flûte

un roseau fléchit »

« Le mont est un creux

où le mamelon repose

au sein de la voûte »

Après avoir tracé

ces trois haïkus,

il s’effaça dans le soleil.

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Sous la coupole spleenétique du ciel (27)

, le Mercredi, 15 Février 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED


Rien d’immobile n’échappe aux dents affamées des âges.

La durée n’est point le sort du solide.

L’immuable n’habite pas vos murs,

mais en vous, hommes lents, hommes continuels.

Victor Segalen


Les façades nous empruntent et nous empreintent aussi. Ce sont elles qui absorbent le regard, le renvoient dans l’architecture des ondes. Nous glissons sur ce qui griffe, nous agrippons à toute surface lustrée. Nos morts nous parlent et nos vivants nous taisent.

Sous la coupole spleenétique du ciel (26)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 08 Février 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED


Cette vieille femme oblique, dont les traits sont taraudés, ce n’est pas une sorcière, non ! Les sorcières n’existent que dans les yeux d’enfants.

Elle se courbe sur la terre, comme un arc bandé sur l’horizon. Et son envie de vivre est une jarre pleine d’écume, effervescence, paisible.

Dans ses yeux la terre est un astre, une motte microscopique ; un globe, une coque de noix.

Tout ce que tu regardes est passé, dit-elle, l’avenir est un goujon, qui frétille.

La vieille femme, comme cette terre qui nous tangue, perçoit de l’univers

l’invisible masse

du total et du rien.


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Sous la coupole spleenétique du ciel (25)

, le Mercredi, 01 Février 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED


« Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air. »

Aloysius Bertrand


Ce n’est pas l’âge qui fait courber le vieillard dans sa marche, non, ce n’est pas l’âge. Il pourrait encore courir derrière quelques idées ; sauter par-dessus des truismes ; s’envoler même, vers de nouvelles révoltes. Il pourrait trucider certaines fausses vérités, qui lui pèsent ; décortiquer d’anciennes certitudes, aléatoires ; vomir des restes de reliefs, abandonnés par la mémoire : se souvenir, qu’il faut savoir, bien oublier ; se souvenir…

Sous la coupole spleenétique du ciel (24)

, le Mercredi, 18 Janvier 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Le moment ne se choisit que dans son illusion.

Ailleurs, partout, où le silence l’apaise, elle suit un chemin rocailleux. Depuis l’enfance, elle suit. Sa propre route.

Elle n’écoute les voix, que dans leurs échos, qui percutent.

Elle n’entend, que le dialogue du doute.

Elle ne regarde, que ce qui s’instruit, dans ses yeux.

Ce qu’elle respire. Ce qu’elle respire la force de vivre !

C’est en s’éloignant, qu’elle s’approche des limites.

Je l’ai croisée souvent,

comme j’ai croisé le fer

avec le feu.

L’instant –

est une goutte…

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