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Création poétique

Sous la coupole spleenétique du ciel (37)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

L’arbre nous grandit chaque fois que nous touchons sa forme, d’un authentique regard.

J’ai grimpé sur un chêne millénaire, me suis glissé entre ses branches, devenant branche moi-même ; au cœur de ce houppier, la mort que nous portons dans l’os, je l’ai dévoilée, comme une écorce, comme un picot, tranchant.

C’est le tronc qui me donne la droiture de paraître ; ces noueux arcanes qui délient la lumière, ainsi vont les feuilles, comme écrites par le vent ; c’est l’aubier dans le tronc, qui préserve ; le cœur est un emblème.

Et je gravis de branche en branche, me grav(iss)ant moi-même ; et la cime, sur la pointe de la sève, m’enracine

dans une échappée d’ailes.

L’arbre

est un flamant.

 

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Sous la coupole spleenétique du ciel (36)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 18 Avril 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Le vent boulonne, brabille, bersécute ; s’ancre dans le tourbillon des paroles.

Sur la surface des vagues, des rafales grimpent sur l’échelle de Beaufort ; et les rides s’amplifient pour devenir crevasses.

Sur les eaux du Pacifique, El Niño et La Niña bourlingueront peut-être ensemble. Le chant des alizées rejoindra-t-il celui des lamantins ?

Nordet et Suroît accoupleront leurs sens, dans un contre-sens, valsant.

Il y aurait du Sirocco dans le Simoun, du Ponant dans l’Harmattan.

Le Khamsin devient Levêche ; le Chinook devient Squamish.

Et le Foehn ; que devient-il, le fun ?

La couche d’ozone, dans ses trouées, prend le soleil…

tandis

que sourdent

des molécules –

d’indifférence…

Sous la coupole spleenétique du ciel (35)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 11 Avril 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

L’accent : faut-il qu’il soit tonique, pour s’opposer aux turbulences ? de hauteur, pour mieux atteindre les flancs du signe ? d’intensité, pour franchir le mur du sens ?

Faut-il que le murmure soit, élevé ? que le cri soit, atone ?

Parfois je mets en scène une autre langue, une parole abstraite, quelques phonèmes sans mots…

Je dis des choses qui s’instruisent en s’opposant…

Des actes, voulant s’extraire de mon langage, contournent  grammaires et phonétiques…

Et la patience se fait en mille syllabes…

Il faudra l’entendre. Ce qui dit. Par deçà.

L’en-

tendre !

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La muse au champ

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 10 Avril 2012. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED




 

 

Au maquis de la canne, en fleur, tu me devances,

Dispersant la rosée comme un vif goupillon,

Ta course m’échevelle et mes soupirs immenses

Sur tes nattes font battre les nœuds papillons.


Bondissante aux ardentes saillies des rayons,

Tu te moques de moi, te dévêts de tes soies

Dont tu jonches le sol comme de vils haillons,

Et, libre, tu t'ébats comme Eve et me dévoies.

Sous la coupole spleenétique du ciel (34)

, le Mercredi, 04 Avril 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Je m’approche du corps, de la figure du corps.

Encore dans le mouvement, ta peau retient la forme.

Ma main est un autre œil, qui s’ouvre.

C’est un pont, le désir ; entre deux rives, un gué.

Ta peau rejoint. Mon souffle.

L’homme ne se penche pas, il penche.

Pour cette femme, la nuit s’éclaire.

Et pour cet homme, c’est clair aussi.

Le corps

est un pas de porte /

où nos seuils /

s’expriment.

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