Identification

Création poétique

Sous la coupole spleenétique du ciel (32)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 21 Mars 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

« En suivant la voix, l’élève s’écarte du maître, et suit sa propre voie.

Je n’enseigne que pour faire réfléchir, que les ombres fassent relief sur la lumière. »

Le petit homme a parlé.

Le gypse dans la montagne plâtre l’écho qui percute l’écho.

La parole devient aile, l’écrit devient île.

Sur le rocher, d’où l’on se jette, le petit homme attend.

L’équilibre est son mystère, jamais décrypté.

Entre l’assise et l’envol, il manifeste.

Celui qui sait

l’ignore.

Celle qui fuit

conçoit.

*****

Sous la coupole spleenétique du ciel (31)

, le Mercredi, 14 Mars 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Ce sont les mots les plus discrets qui apportent l'ouragan,

des pensées mènent l'univers qui viennent à pas de colombe…

Nietzsche

 

L’homme ne disait rien. Rien d’autre qu’un peu.

Il accomplissait des gestes, réflexes. Se tenait sur ses gardes. Comme on tient à son / gîte.

D’une jambe à l’autre, il oscillait sur le plancher. Ses dents grinçaient / peut-être. Était-ce

comme des spasmes mémoriels ?

Là, était l’homme. Gîte sur le flanc.

Et l’autre homme écoutait / qu’un peu : c’était un psy, à la puissance, carrée. Écoutait l’homme un peu.

De son silence.

Sous la coupole spleenétique du ciel (30)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 07 Mars 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Il prit conscience d’être autre chose que ce qu’il était et n’était pas.

L’arbre le regardait, par son tronc, par sa ramure ; le regardait s’éloigner de toute pensée ; de telle sorte que les pensées prenaient la forme d’un feuillage qui se brise au vent ; d’une verdure prête à se confondre, avec tout le parterre du ciel.

Il prit conscience de cette frondaison qu’est l’existence. Du renouvellement des contours. De la fluidité des actes, lorsque les actes s’imprègnent.

L’arbre se mouvait, ici là-bas, au creux du ciel.

Il prit conscience

de la mobilité

du sédentaire.


*****

Ce jour fut-il ...

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 06 Mars 2012. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED


Ipagination est un site original, qui propose des écrits d’auteurs divers – souvent inconnus - s’essayant à la poésie, à la micro-nouvelle, au récit. La Cause Littéraire se propose, de temps en temps, de publier un texte issu de ce site « d’auteurs pour les auteurs » comme ils se décrivent eux-mêmes. Ce sera une des formes de notre contribution à l’éclosion de talents nouveaux. Ce sera aussi le coup de pouce de notre magazine à ce site plein de dynamisme.

Nous publions aujourd’hui le premier texte choisi dans Ipagination


La Rédaction


Sous la coupole spleenétique du ciel (29)

, le Mercredi, 29 Février 2012. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Il dessinait des fenêtres comme s’il dessinait des oiseaux.

Roberto Juarroz

 

Les ouvertures, il savait combien elles peuvent avoir de sens ; souvent, c’est l’extérieur qui l’emporte ; parfois, s’expatrie le dedans ; et ce sont les courants d’air qui permettent la bonne circulation des ondes.

Alors, ouvrez donc ! disait-il, écartez-moi ces tentures et ces rideaux qui pèsent !

De la lucarne au soupirail, du pas de porte au seuil, il n’avait de cesse de maintenir le passage, la traversée des flux et reflux. Et la lumière fleurissait l’ombre, autant que l’obscur révélait la clarté.

Là, sur un bout de trottoir, il faisait la brocante ; s’y étalaient des vieilleries et autres ferrailles, du temps où tout s’obstruait : des verrous des clefs, des loquets des serrures ; tout un fatras d’antiquités inutiles, tout juste bonnes à faire rire les enfants.

Peut-être rêvait-il derrière son comptoir – lui qui vendait des grelots, des clarines, et autres sonnettes,

pour alerter

le vent.