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Création poétique

Accords (Oenomancienne)

, le Samedi, 17 Décembre 2011. , dans Création poétique, Ecriture, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED







De la mélodie surgit, toc, le plagiat. Deux accords du passé. Deux rythmes associés.

La couleur est un lien que la chaîne défait, lien tyrannique et brut, sursaut, maillon velu.

Dans les ciels se confondent et les tons et les bonds, et l’amertume orange, et le gris des saisons. Et le LA sacrifié.

Sous la coupole spleenétique du ciel (19)

, le Mercredi, 14 Décembre 2011. , dans Création poétique, Ecriture, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED


J’ai mis un glaçon dans la bouche pour sentir la brûlure de la langue, me suis mordu les lèvres afin que saignent les mots, qu’ils se cicatrisent, que les lettres s’articulent pour voltiger, c’est toujours par là par les contours qu’il nous faut aborder les sens, le centre où s’échappent nos paroles, jaillissantes, nouvel horizon à l’orée du trou noir, ce qui est dit ici frappe l’écho là-bas, il n’est pas sûr que tout franchisse le mur du son, des résidus persistent, des verbes sans éclat, qui auraient éclaté avant même de paraître, et que disent-ils ces verbes, que distille ce qui demeure dans l’intervalle, ce qui s’exprime par la seule pause, l’arrêt de l’éclosion, j’ai repris mon silence, l’ai rongé, jusqu’à le rompre, jusqu’à lui donner, une enveloppe, sourde de sons.


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Sous la coupole spleenétique du ciel (18)

, le Mercredi, 07 Décembre 2011. , dans Création poétique, Ecriture, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

La fiction, elle contribue à la conception du réel, tissant sa toile au centre et au pourtour du mouvement, dans toute horloge cinétique.

Cette femme ne disait rien d’autre. Elle occultait son passé. Se croyait à l’abri des images. Pensait trier les jours, comme on trie les lentilles. Et la nuit la surprenait, zigzagante.

Elle, c’était elle qui se livrait au monde, ouvrant ses portes, ses livres, décloisonnant toutes les parois du cœur.

Non, elle ne rêvait plus, elle était dans le cuir de l’action.

Toujours plus, elle s’approchait des autres. Les touchait par ses mots. Tentait d’atténuer leur fatigue.

Et c’était là, une fiction terrestre, qui rejoignait la pulpe du réel.

Une oscillation, entre la forme,

et la formule ombreuse.

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Sous la coupole spleenétique du ciel (16)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mardi, 22 Novembre 2011. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

Work in progress

 

L’univers de cette nuit a l’amplitude

de l’oubli et la précision de la fièvre.

Jorge Luis Borges

Le sommeil est un état aux frontières du péril, s’abandonner dans la transfiguration des cartes et des tours [réussites échecs], peupler sa nuit d’irradiations natives des lieux affranchis, des passages contournés, des voies sans voyages.

Le sommeil nous contourne.

Vrille trace et creuse.

Que le réveil soit champ

compulsé

de vraies éclaboussures.

Suites à Miami (6)

, le Jeudi, 17 Novembre 2011. , dans Création poétique, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

88. A Miami, j'ai rencontré des comtes et des marquis. Ils portent beau la belle époque, le beau parlé, le blazer et le ressentiment.


89.    A Miami, les tenues blanches des white party ont le goût cartonné de la naphtaline et le froissement léger des dessous de cartes. S'y reprendre à deux fois pour comprendre que, même dans la nuit noire, le dress-code est le cache-misère de ceux ou celles qui n'inventent plus rien.


90.    A l'évidence, ils ont bâti des arpents de pierre et d'obsession, d'espace et de désespoir, de résolutions droites et d'obliques perversions. Ils sont entrés dans leurs rêves, construit des murs, des voûtes, élevé des escaliers tournants, des verrières et des souffles de vide. A Miami, me voilà sur leur vide, échevelé de vertiges et de spasmes, dérivant malgré moi dans leur domaine clos de toute part de vent et de lumière, ceux des jours finissants. Ils ont atteint la fin du monde. Quelle apparence donnerait un tel artéfact d'entrelacs évidés qui ne résonnent plus que par les ombres qu'ils projettent ?

 

91.    A Miami, le vent souffle dans les palmes échevelées des rêves disparus.