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Côté Arts

Introduire un peu d’art dans nos sentiments, Jean-Paul Michel

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Côté Arts, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Le prix qu’il faut payer pour la réalité »

Je me retrouve rarement devant un livre sans un sentiment particulier pour l’auteur, car j’aime voir l’homme formulé derrière le livre. Ici, encore, avec ce livre de Jean-Paul Michel, qui investit le discours en philosophe et en poète, je ressens une personne investie par Hegel et Marx, jusqu’en ces temps d’aujourd’hui.

Enfants intrépides des Lumières, Hegel, Marx, Comte avaient nourri des optimismes conquérants. Les procès de Moscou d’un côté, Auschwitz d’un autre, Hiroshima enfin opposèrent une dure contrepartie à ces rêveries.

C’est là le cœur du livre. Et quelle mesure violente pour un poète que d’avoir sa pensée payée au tribut politique du siècle finissant, avec son euphorie dialectique et ses cauchemars guerriers. Mais rien de manichéen dans la conception de ce vêtement de discours. Plutôt des nuances, des oppositions de bloc et de détails, avec cette impression de la chimère du Baudelaire des Petits poèmes en prose, et des lumières contrastées sur les oppositions dialectiques de la pensée.

Japonismes, Collectif sous la direction d’Olivier Gabert

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 23 Janvier 2015. , dans Côté Arts, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Japonismes, Collectif sous la direction d’Olivier Gabert, Flammarion, Décembre 2014, 240 pages, 55 €

« Le japonisme est en train de révolutionner l’optique des peuples occidentaux »,

Edmond et Jules de Goncourt. Journal. Mémoires de la vie littéraire, tome II (1866-1886), Paris, Robert Laffont, 1989

 

C’est au cœur de trois collections muséales françaises (le musée d’Orsay, le musée Guimet et le musée des Arts décoratifs) que l’ouvrage Japonismes et les éditions Flammarion ont puisé aux sources des différents courants d’art du Japon. Ainsi, le livre se déroule selon un fil chronologique. Non pas pour établir des classements thématiques, mais pour mettre en évidence le long continuum des expressions diverses, par des instants fragmentés, donnant une « photographie » d’ensemble de ce qu’a été l’assimilation par les différentes pratiques artistiques occidentales, pour en révéler les intentions majeures d’aspiration à la beauté, à la nouveauté, à la liberté : un éventail de tous les sens du japonisme qui se déploie sous nos yeux, comme un paravent de nos fantasmes, une soierie de nos désirs, flottant sur les corps de nos contradictions !

Notes de chevet, Sei Shōnagon

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Samedi, 17 Janvier 2015. , dans Côté Arts, Les Chroniques, La Une CED

Notes de chevet, Sei Shōnagon, illustrées par Hokusai, éd. Citadelles & Mazenod, coll. Littérature illustrée, 300 ill. couleur, reliure japonaise, sous coffret, octobre 2014, 352 pages, 179 €

« Un bateau dont la voile est hissée.

L’âge des gens.

Le printemps, l’été, l’automne et l’hiver ».

Note 132 : Choses qui ne font que passer, in. Notes de chevet, de Sei Shōnagon

Nées en 1936, les éditions Mazenod ont développé pendant une vingtaine d’années une exceptionnelle collection monographique, « La Galerie des hommes célèbres », dirigée par des hommes comme Raymond Queneau, Maurice Merleau-Ponty. En 1984, François de Waresquiel fait suite à Lucien Mazenod à la tête des éditions, rebaptisées quelques années plus tard Citadelles & Mazenod. La maison compte aujourd’hui une douzaine de collections, parmi lesquelles Les Phares, Livres exceptionnels, L’art et les grandes civilisations, Art et Nature… Il faut rendre hommage à la vision du monde et des arts des éditions Citadelles & Mazenod, qui témoigne d’un souci continu de qualité et d’exigence. A ce titre, voici encore un magnifique titre, paru dans la collection « Littérature illustrée », les Notes de chevet, relié à la japonaise, appelé aussi Ito Kagari Toji au Japon.

Maryan, artiste rescapé

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Samedi, 10 Janvier 2015. , dans Côté Arts, Les Chroniques, La Une CED

 

Il n’y a pas de difficulté [pour la lumière]. L’une, c’était notre lumière. L’autre, c’était la lumière [le feu] de l’enfer.

Le Talmud, traité Pessahim, chap. IV, 54a

 

La galerie Polad-Hardouin organise une exposition historique de travaux posthumes d’artistes, tous disparus assez jeunes et avec des destinées assez diverses : Marcel Pouget (1923-1985), Michel Macréau (1935-1995), Jacques Grinberg (1941-2011) et Maryan. L’on peut qualifier de prime abord un aspect commun à tous, peut-être une source d’inspiration expressionniste, plus cubiste pour Grinberg. Des courants et des façons y sont exprimés. L’on y trouve bien avant leur existence, le style qui a sans doute influencé R. Combas, H. Di Rosa, F. Boisrond, le street art, les graffiti de rue. De même le mouvement de la « Figuration libre », qui alliait les codes de l’art brut à l’imagerie populaire africaine, arabe, le Punk, dont les homologues américains sont K. Haring, J.-M. Basquiat, etc. : avec l’aplatissement des formes, pas de perspective réelle, des contours très marqués dérivant jusqu’à l’ellipse, le tag, signifiant l’agressivité, l’agression de la société contre l’individu et ses mythes personnels.