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Ciel sans nom (1/2)

Ecrit par Jean-Claude de Miras 22.10.14 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Ciel sans nom (1/2)

 

 

 

-I-

 

bientôt je me trouverai bien au-delà

et mon amour connaîtra enfin son aboutissement

et les nouvelles beautés créeront mon invraisemblable biographie

dont je ne peux encore parler parce que je viens de renaître

 

je commence à voir mon antique apparence prétentieuse

alors que béat je reviens à moi

et que j’amorce l’évocation de mes souffrances antérieures

qui se dissolvent dans mes doigts fous qui courent

maintenant tout peut donc avoir une fin

autrefois ma vie m’empêchait de rêver

si bien que je n’avais que des miettes d’espoir dans les mains

autrefois épuisé je m’éloignais de ce double qui m’apostrophait

 

c’est le moment de cette lumière que je ne dois pas manquer

c’est l’extase de mon innombrable découverte

dont le personnage nouveau rédigera la traduction

un jour quand il se consacrera à l’ouvrage des chemins futurs

 

j’accélère mon allure car l’ombre fidèle me pousse

à dépasser les bornes et à choquer l’entendement

la méfiance pour l’amour m’est devenue étrangère

car je suis enfin le lecteur de moi-même

 

doucement je suis monté très haut

vers la nouvelle géométrie mon choix étant fait

et je suis devenu l’inexplicable auteur de mon esprit inédit

qui ne peut plus se lamenter sur la vie sournoise

 

l’irréel paysage commence à me scruter

parce que je serai innocent désormais

mon corps exultant ne macère plus dans l’humidité de ses doutes

puisqu’il guette les potentielles évasions

 

mes vers que j’aime vont alors perdurer

m’éloignant de l’astre aux peuplades ignobles

quand la force de la poétique se poursuit

toute question devient alors superflue

 

rien ne peut plus arriver la brutalité est disgraciée

c’est le salut je ne connais plus la satiété de l’ignorant

et je ne trahis plus les formes que je diffuse

m’engageant dans le passage qui aboutit à la pureté

 

je ne chante que ce que à quoi je suis heureux de renoncer

je ne chante que ce monde à dénoncer et qui se défait

et comme je ne subirai plus le viol de l’innocent

il ne me reste plus qu’à produire la synthèse de mes intuitions

 

je ne peux plus me localiser vraiment

et cette douleur à l’estomac comme si mon nom était interdit

en cette heure silencieuse où mes pensées me torturent

que je ne peux dissoudre parce qu’elles se multiplient

 

je sais que mon regard est trompeur et ne laisse pas supposer

que mon esprit incendiaire ourdit la destruction

des preuves de mon immense et ridicule tristesse

qui était devenue avec l’âge un suicide permanent

 

maintenant l’ouragan violent vient rénover mon territoire

sans hésiter sans pitié comme il se doit

tandis que des fanfares assourdissantes se lèvent à l’horizon

et que les fleurs effrayées se courbent de honte

 

et mes demeures nouvelles et colossales s’érigeant

le nombre de mes vies postérieures et différentes

sera visible à l’œil nu dans un moment

lorsque mon entendement rééditera ma nature

 

je jette dans le vide comme une ordure ce double qui me haïssait

je ne bafouille plus ni ne vomis mes tentatives

le choix de la définition de mon nom est vital

car mes lèvres ne tremblent plus de chagrin

 

Jean-Claude de Miras


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A propos du rédacteur

Jean-Claude de Miras

 

auteur de deux romans : L'élu et le diable (Editions le Manuscrit), Le rêve d'à côté (Edifree), d'un recueil de nouvelles: Les intermittences de la réalité, d'un long poème: Route Poésie-Express et d'un ouvrage de poèmes Les métamorphoses de la matière (ces trois livres étant publiés chez Edilivre).