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Chroniques régulières

Un air de liberté (3) - Vous avez dit populaire ?

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 05 Avril 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Le roman policier, alias rompol, plus connu sous le pseudonyme de polar, est un genre qui ne se démode pas. Sur tous les continents, dans tous les pays, son public est vaste. Très vaste. Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Scandinavie, Afrique du Sud, Tunisie, Japon, Argentine, Australie et j’en omets. Le polar a des auteurs dans chaque pays, chaque continent et se décline en diverses variantes, du thriller au roman noir, en passant par le roman policier historique ou de science-fiction. Le phénomène est planétaire, all around the world. Il s’en publie chaque année des millions. Accueillis à bras ouverts par toutes les étagères, de toutes les librairies, du kiosque de gare à la surface commerciale, de la station service aux shopping centers des aéroports ou du bar-tabac aux offices des postes. Le polar règne en maître sur le monde du livre.

Un seul bémol à cette suprématie, absolument dirimant, sans appel : le polar ne saurait faire partie de la grande famille appelée « littérature ». Trop populaire, trop simple. La trame, l’histoire, passe encore, mais le style, la forme, le vocabulaire, sont très éloignés de la vraie littérature. Mode oblige. Il est de bon ton, aujourd’hui, de s’interroger sur soi-même, sur ses relations à autrui, au monde environnant et de prendre le lecteur par la main pour lui faire partager une aventure personnelle, authentique, vraie, celle qui, par son contenu, tant sur la forme que sur le fond, s’apparente parfois à un traité de psychologie appliqué mais, à se trop pencher sur soi-même, il est vrai que le risque de glisser vers le néant est grand.

La cause buissonnière (11) : Allô docteur Ludo, comédie médicale

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Mars 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Allô docteur Ludo, écrit, composé et chanté par olive et moi, raconté par François Morel et illustré par Arnaud Boutin, Actes Sud Junior/tôt Ou tard, novembre 2012, 48 pages, 19,80 €

 

Difficile de rester objective devant les créations d’olive et moi à qui était déjà consacrée pour partie la Cause buissonnière « Drôles de zoos »*. Ce drôle de bonhomme écrit, compose et chante de délirants contes musicaux, des zopéras rock pour enfants, de haute voltige. Du grand art enfantesque. Dans ce troisième opus, il se consacre à une « comédie médicale » illustrée par le talentueux Arnaud Boutin et racontée par son complice François Morel dont on ne saurait saluer trop bas les multiples talents. Or, ici, il donne la pleine mesure de sa voix protéiforme jusqu’à nous faire peur dans la peau du Médiataure…

Mais commençons par le commencement : le docteur Ludo est un « doudoutologue » (diplômé en Bobologie de la Diafoirus Académie), il soigne les doudous malades, les jouets cassés, les poupées qui craquent et… de ce fait, indirectement, les maux des enfants… Mais n’allons pas trop vite.

"Sanctuaire du coeur" : dans les bordels d'Indochine

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 22 Mars 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

« Seuls les enfants qui sont malheureux dans leur vie de tous les jours quittent leur maison. Seuls ceux qui se croient dans une impasse quant à leur avenir se lancent dans des actes aussi téméraires et imbéciles ».

A ces mots, je me suis dit que j’avais trouvé là un bon compagnon de voyage mais j’aurais mieux fait de laisser Than dans son sanctuaire. Il s’était fait la malle parce qu’il avait surpris son père coucher avec sa fille adoptive dont, en plus, il était amoureux. Et puisqu’à ses yeux l’amour ne pouvait être sincère, il serait vénal. D’une manière comme une autre de gagner sa vie, Than me proposait de faire le tour des bordels du Sud du Vietnam.

Nos écrivains ont peur d'écrire leurs autobiographies

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 07 Mars 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Souffles

 

Pourquoi est-ce que les écrivains algériens, maghrébins et arabes n’ont pas le courage d’écrire leurs autobiographies ? Pourquoi n’osent-ils pas écrire leurs miroirs ? N’osent-ils pas se regarder en face, fouiller dans la mémoire sans la trahir ? Ecrire son autobiographie, une autobiographie digne de cette appellation, exige un risque intellectuel et culturel exceptionnel.

Dans notre culture marquée par le poids du communautaire où l’auto, le moi, le un, l’individu ou l’individuel est banni ou mal-vu, l’écriture de l’autobiographie devient un défi ! Une provocation ! Y-a-t-il parmi ceux qui se prétendent écrivains et producteurs de sens et de la beauté quelqu’un qui a osé commettre un livre à l’image des confessions de Jean-Jacques Rousseau ? Pourquoi est-ce que les maîtres de la littérature maghrébine et arabe n’ont pas écrit leurs autobiographies ? Ni Moufdi Zakariya, ni Mohamed Dib, ni Kateb Yacine, ni Malek Haddad, ni Abdelhamid Benhadouga, ni Mouloud Mammeri, ni Mouloud Feraoun… aucun d’eux ne s’est aventuré dans les chemins labyrinthiques de son autobiographie.

Un air de liberté (2) - Tout est comédie, Michel Galabru

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 02 Mars 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Tout est comédie : abécédaire du théâtre et autres fantaisies, Michel Galabru, propos recueillis par Sophie Galabru, Editions Le Cherche Midi, février 2013, 243 pages, 17 €

 

Pas d’autobiographie mais une « vision du monde » de la part de Michel Galabru, comédien, qui, sous forme d’abécédaire, exprime la vie, sous toutes ses coutures, et finit par nous convaincre que « tout est théâtre ». Michel Galabru sait évoquer des sujets graves avec une certaine « légèreté » et sans tabou. Le théâtre est sa vie. Il en connaît toutes les ficelles et il sème des petits cailloux tout au long de son abécédaire.

Michel Galabru est un grand observateur. Rien ne lui échappe. Il analyse. Il écoute et surtout, il ne s’ennuie jamais : « Je suis fait d’un bizarre mélange d’optimisme béat, ou plutôt d’une vitalité joyeuse, suivi de grands moments de mélancolie. Je ne m’ennuie jamais avec moi-même et pas tant que cela avec les autres, car tout le monde m’intéresse ».