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Chroniques régulières

Paul Fort à la faveur de Brassens

Ecrit par Jean Bogdelin , le Lundi, 07 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Malbrouck, dont le château se trouve à la jonction de trois frontières, dans le nord-est, était-il un personnage mythique, surgissant goguenard d’une comptine composée pour le Dauphin de France ? Comptine devenue ensuite chant de marche des armées du Roi, puis chanson enfantine dans nos écoles.

 

Malbrouck s’en va-t-en guerre

Mironton, mironton, mirontaine

Malbrouck s’en va-t-en guerre

Ne sait quand reviendra

Souffles - Arche de livres et le Déluge !

Ecrit par Amin Zaoui , le Samedi, 05 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le déluge ! Chaque temps a son déluge ! Chaque pays aussi. Les Livres sacrés ont tous conté la même histoire du déluge, celui de Noé, à chacun son édition rajoutée.

Je ne vous parle pas de ce déluge rapporté par Moïse, par Jésus ou par Mohamed (que le salut soit sur les trois frères ennemis !). Je vous parle du déluge algérien. Et parce que l’heure de chaque déluge est prescrite par le Ciel. Annoncée à travers des signaux célestes. En Algérie l’heure de déluge s’approche.

En signe de cette Heure, les algériens, tous les algériens, regardent leurs montres et hâtent le pas vers nulle part. En bon citoyen, qui aime son pays et apprend par cœur Kassamane, moi aussi j’ai regardé ma montre. Et j’ai remarqué que ses aiguilles avancent dans le sens inverse. Marchent de droite à gauche. Comme dans le sens de l’écriture arabe ! (Juste rappeler aux roumis que l’arabe s’écrit de droite à gauche). Et leur rappeler aussi que  la langue arabe est la langue de l’au-delà. Même Barack Obama, Moshe Dayan, Mao Tsé-toung, Hemingway, Bokassa, De Gaulle et même Abdelmalek Sellal… parleront un jour, le jour dernier, l’arabe. Langue d’Allah.

Le scalp en feu - V

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 25 Septembre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Poésie Ô lapsus », Robert Desnos

Le Scalp en feu est une chronique irrégulière et intermittente dont le seul sujet, en raison du manque et de l’urgence, est la poésie. Elle ouvre un nombre indéterminé de fenêtres de tir sur le poète et son poème. Selon le temps, l’humeur, les nécessités de l’instant ou du jour, ces fenêtres changeront de forme et de format, mais leur auteur, un cynique sans scrupules, s’engage à ne pas dépasser les dix pages pour l’ensemble de l’édifice. Lecteur, ne sois sûr de rien, sinon de ce que le petit bonhomme, là-haut, ne lèvera jamais son chapeau à ton passage car, fraîchement scalpé, il craint les courants d’air.

Enfin, Le Scalp en feu sera, à partir de ce 5e numéro, publié simultanément sur les sites de Recours au poème et de La Cause Littéraire / Septembre 2013.

Le manifeste de ma langue

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 19 Septembre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Prenez une langue et jetez la dans la rue (pour paraphraser Mao), elle deviendra vivante. Enfermez-la dans un livre et un temple, elle meurt et tue les gens autour d’elle. Prenez une langue, ajoutez lui une armée et un Pouvoir, elle devient une langue officielle. Ajoutez lui une religion ou un prophète, elle devient langue sacrée.

C’est vous dire l’essentiel : ce qui vous disent que l’algérien comme langue du pays n’existe pas, vous disent simplement que vous n’existez pas : on enlève le droit de répondre à un peuple quand on lui enlève sa langue, qu’on la ridiculise, qu’on la réduise à la marge et à l’étable et au langage des serfs. On enlève à un peuple le droit sur sa terre quand on lui impose une langue qui lui impose le silence. Si on vous dit que l’arabe est une langue supérieure, c’est qu’on vous inculque l’idée que vous êtes un être inférieur.

Aujourd’hui en Algérie deux castes parlent arabe, langue morte, aux Algériens, peuple vivant : les élites politiques et les élites religieuses. Les deux puisant dans la sacralité, l’argument de leur légitimité. Comme les prêtres et les rois des moyen-âge de l’Occident. Du coup, ceux qui s’élèvent contre eux, s’élèvent contre les martyrs et contre Dieu. Ceux qui disent que l’arabe est une langue morte, menacent la domination de la caste et ses intérêts.

La chronique du sel et du soufre - septembre 2013

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 17 Septembre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

UN ROMAN EXCEPTIONNEL : LE LIVRE DES SOURCES

 

A l’heure où la question primordiale des journalistes littéraires semble de savoir si Yann Moix gagnera le Renaudot ou le Goncourt avec son roman-fleuve Naissance (1), à moins qu’Etienne de Montéty, avec La Route du salut (2)…, nous préférons vanter cet insolite roman de Gérard Pfister de plus de 400 pages, exceptionnel, mystique, apocalyptique et inspiré, Le Livre des sources (3) qui est à nos yeux la bonne surprise de l’automne !

Le poète Gérard Pfister, qui a créé et  dirige les éditions ARFUYEN depuis belle lurette, réussit ici son « œuvre au rouge ».  Son roman historique, bien architecturé, impeccablement écrit, « ressuscite » avec brio cette énigmatique « Communauté du Haut-Pays » et interroge alors la haute spiritualité de Maître  Eckhart quand il  affirme : « Pourquoi chercher Dieu au ciel ou je ne sais où ? Il est en vous ! » la confrontant étrangement avec la doctrine d’Adolf Hitler s’exclamant : « Nous voulons des hommes libres, qui savent et qui sentent que Dieu est en eux ».