Identification

Chroniques régulières

Chronique du sel et du soufre (janvier 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 18 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

A quoi sert le savoir ?


Les Presses Universitaires de France ont fêté l’an dernier leurs quatre-vingt dix ans. À cette belle occasion, l’équipe des dirigeants a proposé, comme publicité « intelligente » (la chose est suffisamment rare pour être mise en valeur !) un ouvrage gratuit intitulé « À quoi sert le savoir ? ». L’éditeur a chargé les libraires de  distribuer ce livre de poche aux lecteurs fidèles des collections des P.U.F. Jadis, ce type d’opération était assez banal. Et je me souviens notamment d’un ouvrage qui était proposé ainsi aux lecteurs des éditions Seghers en 1977 (« Trésor des poètes »), lequel m’avait notamment fait connaître Henry Bauchau, Rouben Mélik et André Velter…

Afin de  rendre hommage au travail remarquable des P.U.F, soixante-douze intellectuels de notre pays se sont donc exprimés en 2011. Ceux-ci ont réussi à répondre, en général avec originalité, aux interrogations multiples suscitées par leurs positions de philosophes, de sociologues, d’anthropologues, de politologues même. Choisissant au hasard quelques articles ad hoc,  attardons-nous sur les avis de Jacques André (psychanalyste), Chantal Delsol (philosophe), Jean-Luc Marion, l’académicien (professeur à la Sorbonne) et Jean-François Sirinelli (historien).

Chemins de lectures (10) : Houellebecq, la possibilité d'un écrivain

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 14 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Chronique

Rappelez-vous, c’était il y a un peu plus d’un an. On en a eu plein les colonnes des medias du dernier Houellebecq. Pendant des mois, avant, après le Goncourt 2010, le déferlement a été d’une rare intensité !

Cette agitation mondaine autour d’un événement littéraire se situe à mille lieues des livres et des écrivains que nous aimons, de leur sobriété, de leur discrétion. Je n’en citerai aucun, pour ne pas en oublier, mais ils sont quelques-uns, essentiels et (parfois trop ?) modestes.

C’est donc avec une prévention massive que je me suis décidé à lire « La Carte et le Territoire », avec un préjugé franchement négatif bien qu’il me soit arrivé de lire de bons Houellebecq. L’avant-dernier par exemple, « La possibilité d’une île ».

Et puis, livre en main, tout est loin d’être simple. Je suis resté collé à la lecture de bout en bout, sans un instant d’agacement, de rejet ou même de difficulté. Il s’est donc passé quelque chose, il me faut en convenir. En fait rien n’est simple avec ce livre. A commencer par la question rituelle : est-ce un « bon » livre ?

"L'enlèvement de Sabina" de Felicia Mihali (janvier 2012)

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Lundi, 09 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Un roman au carrefour des légendes et des cultures


Un roman au carrefour des légendes et des cultures : L’enlèvement de Sabina de Felicia Mihali (XYZ Editeur, Montréal, 2011, 284 p. )

Pour donner une épouse aux nombreux célibataires du village, les Comans invitent à la fête des Moutons – qui annonce la fin de l’été et le début de la gestation hivernale – les Slavins, leurs voisins, accompagnés de leurs femmes et surtout de leurs files. Sous prétexte d’hospitalité, ils font boire à leurs invités tant de vin que ceux-ci ne pourront pas défendre les seize vierges enlevées lorsque la fête sera rompue. Deux jours plus tard, ces filles - belles ou laides, intelligentes ou pas très malines, calmes ou nerveuses, bonnes ménagères ou paresseuses - deviendront des épouses pas plus fortunées que celles du village d’accueil ou bien du reste du monde. Une vie nouvelle commencera pour Kira, Nafina, Minodora, Flora, Gostana, Sarda, Efstratia, Aspasia, Assana, Teodora, Rada, Olimpia, Vava, Vergina, Zaza et Pantana, qui n’auront d’autre choix que de faire comme toute femme mariée : procréer ; s’occuper du mari, de la maison et de la ferme et, parfois, même des beaux-parents.

Carnets d'un fou - XIV, Michel HOST

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 05 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 27 décembre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

___________________________________________________________

 

On croit toucher la surface des choses

et c’est déjà l’intime.

La peau

c’est déjà l’intime.


Jean-Louis Giovannoni, L’immobile est un geste

________________________________________

Voies de traverse (1) : Joseph Delteil, chrétien et païen

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 04 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Jeanne d’Arc, Ludmilla, la Poilue et les Poilus… autant de figures terriennes, sensuelles et ouvrant à une forme de spiritualité ancrée dans le réel, dans le quotidien le plus anodin. Autant de figures subversives et scandaleuses qui valent à Delteil un succès fulgurant dans les années 20, mais aussi des animosités farouches. Il abandonnera la scène littéraire en 1937, en rupture avec les surréalistes et se décidera à l’isolement le plus complet dans son Sud natal.

Considéré comme l’un des grands lyriques du XXe siècle, Delteil en est aussi l’un des grands oubliés. La maison Grasset, grâce au travail de Robert Briatte, réédite notamment dans ses Cahiers rouges, les œuvres de cet écrivain atypique et libre.

Delteil détonne, Delteil surprend et fascine. Sa sincérité est totale. Sa prose poétique, charnelle et violente rebutera les amateurs de sobriété. Delteil, en effet, est un être gourmand, un styliste luxuriant, un « homme de cœur » ainsi qu’il se définit dans la préface des Poilus.

Dans son premier roman Sur le fleuve amour (1922), il déploie une voix d’une puissance incroyable, aux accents baroques et terriens. Ce récit de guerre distillant un érotisme cru dévoile une vision politique frôlant le récit d’anticipation. Les hordes de l’Est dépoitraillées ou revêtues d’uniformes divers se lancent à l’assaut de l’empire des tsars. Les scènes de combat sont remplacées par des scènes d’amour, des visions d’enlacements barbares ou raffinés.