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Chroniques régulières

Comment peut-on écrire dans une langue autre que celle de notre maman ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 28 Novembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Chroniques "Souffles" in "Liberté"

Pourquoi est-ce que j’imagine l’Algérie au pluriel : Algéries ? Tout simplement parce qu’elle est capable de parler les langues des oiseaux. Peut-être, parce qu’elle est le pays qui a donné le premier romancier dans l’histoire de la littérature universelle, le Berbère Apulée de Madaure (né vers 125), auteur de L’âne d’or. Parce qu’elle est le pays qui a enfanté saint Augustin (354-430), fils de Souk Ahras (Taghaste) auteur de La Cité de Dieu. Et peut-être parce qu’elle est aussi la terre qui a engendré Si Mohand Ou M’hand (1840-1905), “Amokrane Achchouaâra”, le prince des poètes, Rimbaud Imazighen. Et parce qu’elle est, également, le sol qui a enfanté Kateb Yacine, auteur de Nedjma. Parce que c’est aussi le pays qui a donné le poète Moufdi Zakaria, poète de Qassaman, l’hymne national, décédé en exil chassé par le pouvoir de Boumediene. De tamazight au latin, de l’arabe au français aux dialectes algériens, des mémoires, des textes et des imaginaires consciemment ou inconsciemment traversent l’Algérie puis s’installent dans l’écriture d’aujourd’hui. Dans toutes ces langues des oiseaux, nous sommes propriétaires, locataires, voyageurs, casseurs et joueurs.

La mère Michel a lu (4) Faim de vie, Marie-Florence Ehret

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 25 Novembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

 

Faim de vie, de Marie-Florence Ehret. Roman, 227 pp., 2011. Oscar éditeur (www.oskarediteur.com), prix non indiqué.

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N’ayant jamais connu l’état de préadolescente, la Mère Michel ne se lance pas si souvent dans la lecture de romans pour la jeunesse, moins encore dans ceux qui mettent en scène des jeunes filles de 15 à 18 ans, à moins qu’une annonce, en première de couverture, lui en donne l’envie soudaine. Celle-ci par exemple : « En mai 68, les voitures brûlent et les cœurs aussi… » ! Les voitures, admettons… mais quel gâchis ! La Mère Michel aime les bolides sur roues et n’admet pas qu’on les détruise pour un oui pour un non. Pour les cœurs, ma foi, il y a d’excellents cardiologues… bref, lire ce que l’on peut écrire pour la jeunesse d’aujourd’hui à propos de ce fabuleux moment de pantomime révolutionnaire de mai 68 qui, pour appartenir à la préhistoire, n’en a pas moins laissé des traces profondes dans notre vie sociale et nos mœurs, voilà qui peut éveiller un peu plus que de l’intérêt, une vraie curiosité, le goût de savoir…

Chemins de lectures (9) : Jack London et son double

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 22 Novembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED, USA

Il y a 95 ans aujourd’hui, le 22 novembre 1916, mourait Jack London. Son ombre immense plane encore et toujours sur la littérature, sur les littératures, partout présente, source universelle des chemins d’écriture, de Gorki à Hemingway, d’Arto Paasilinna à Jim Harrison. Entre mille autres.

Il est d'usage de considérer qu'il y a « deux » Jack London. Toute étude sur l’œuvre distingue le Jack London « d’aventures » et le Jack London « socialiste » !

Le premier, celui de notre enfance, le dévoreur d'espaces glacés et infinis, avec ses chiens héroïques et féroces, ses hommes endurcis et solitaires, ses interminables voyages en traîneaux chargés de peaux d'élans, ses tempêtes de neige silencieuses et létales. Un Jack London aventurier, reporter d'un monde à la fois cruel et profondément humain, glacial et chaleureux. Buck, le seul vrai héros de « L'Appel de la Forêt », a été le premier héros romanesque de mes « chemins de lectures », avant D'Artagnan, Jean Valjean, Ivanhoe. Mon premier héros, et j'imagine celui de bon nombre de gens de ma génération, est un chien ! Et la lecture, beaucoup plus tardive, de « Construire un Feu » m'a peut-être révélé l'origine de cette fascination pour les chiens de London : pour n'avoir pas complètement pris la mesure de la férocité de la nature, dans cette sublime nouvelle, le héros humain meurt, de froid. Pas le chien. Parce que les chiens de London ont une perception surhumaine de la nature et quand on est gamin, on aime bien le surhumain, les super-héros. Et tant pis si c'est « Superdog » plutôt que « Superman » !

Carnets d'un fou - XIII, Michel HOST

, le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED


Le 17 novembre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité


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« Écrire rappelle les détournements de mineurs : il n’y a pas une idée qui soit à maturité au moment qu’on la fixe. »

Aragon, Le Libertinage


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Chronique du sel et du soufre (Novembre 2011)

, le Lundi, 07 Novembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

L'homme précaire et la littérature

 

« L’homme précaire et la littérature »… Ce titre somptueux me rappelle quelque chose. En effet. Vous avez raison. Mais il ne s’agit pas de plagiat, je vous rassure ! J’emprunte ouvertement ce titre à André Malraux (1) et j’en profite pour vous conseiller une relecture de l’œuvre complète de l’ancien ministre de la Culture du général de Gaulle (2) non point parce qu’il repose au Panthéon depuis 1996 ou parce qu’il connut lui aussi la gloire de se voir attribuer le prestigieux Prix Goncourt (en 1933 pour La Condition humaine) comme Alexis Jenni (3) cette saison !

En réalité, comme tout à chacun, chaque année, début novembre, je me demande ce qui restera dans deux ou trois ans du lauréat du Goncourt, qu’il soit édité ou non par Gallimard d’ailleurs… L’énorme roman d’Alexis Jenni L’Art français de la guerre est promis à une vente dépassant largement les 150 000 exemplaires, d’autant que le visage souriant et sympathique du Jenni en question rappelle irrésistiblement celui de Le Clezio, notre Nobel de Littérature, quand il était jeune…