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Chroniques régulières

Pourquoi cette animosité envers nos écrivains ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Vendredi, 20 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Souffles...

 

L’écrivain détient sa propre logique. Elle est à lui seul. Sa peau. Même dans le mensonge, la logique de l’écrivain est prophétique, juste. Elle est autre que celles dont disposent les autres menteurs. L’écrivain adore prendre la folie en compagnie. Cette compagnie, cette folie, n’est que sa bougie pour voir clair, détecter la brume et traverser l’obscurité qui règne autour de lui.

Boualem Sansal, écrivain talentueux, le silence, la rigueur et la plume. Le défi et la douceur ! Il ne recule pas ! Fidèle à la mémoire de son ami le romancier Rachid Mimouni. L’encre d’écrivain est équivalente au sang du martyr. Comme Kateb Yacine, Boualem Sansal n’est pas aimé dans ce pays. Rejeté par les siens. Pas tous. Pourquoi on maudit les créateurs. Dieu les a créés à son Image Sublime. En 1978, encore étudiant à l’université d’Es-Sénia d’Oran, j’ai eu la chance de rencontrer Kateb Yacine. Écouter en tête à tête Kateb Yacine. Cela s’est passé à Ténira, petit village agricole dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès. C’était un beau jour de printemps, en avril. Assis, Kateb et moi, à même le trottoir, devant le seuil de sa petite maison rurale, il m’a offert une tasse de café.

La mère Michel a lu (6) Une odyssée intérieure, Elie-Charles Flamand

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 19 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED


Le Troisième souffle, Élie-Charles Flamand, poèmes, 90 pp., 2010, La Lucarne ovale, 20 €

Ciseaux en liberté, Élie-Charles Flamand, poèmes & Illustrations de l’auteur, 20 pp., 2010, La Mezzanine dans l’Ether, 13 €

Les Amis de la Lucarne Ovale, 21 rue Chante-Merle 77720 Saint-Ouen-en-Brie


C’est entendu, Élie-Charles Flamand est un poète que la fusée de l’existence transporta de Lyon à Paris, de la lointaine et néanmoins proche planète où vécurent Maurice Scève et Pernette du Guillet, aux surréalistes contrées qu’arpenta André Breton, dont il fut proche et resta l’ami fidèle en dépit d’un éloignement du groupe pour cause d’incompatibilité génétique : les préoccupations spirituelles et métaphysiques d’Élie-Charles Flamand s’harmonisaient mal, on le suppose, avec les mécanismes de l’automaticité scripturale, les exquisités cadavériques, les anathèmes, les excommunications et l’athéisme revendiqué de ses remuants compagnons. Tout cela est quelque chose comme une histoire extérieure, événementielle.

Chronique du sel et du soufre (janvier 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 18 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

A quoi sert le savoir ?


Les Presses Universitaires de France ont fêté l’an dernier leurs quatre-vingt dix ans. À cette belle occasion, l’équipe des dirigeants a proposé, comme publicité « intelligente » (la chose est suffisamment rare pour être mise en valeur !) un ouvrage gratuit intitulé « À quoi sert le savoir ? ». L’éditeur a chargé les libraires de  distribuer ce livre de poche aux lecteurs fidèles des collections des P.U.F. Jadis, ce type d’opération était assez banal. Et je me souviens notamment d’un ouvrage qui était proposé ainsi aux lecteurs des éditions Seghers en 1977 (« Trésor des poètes »), lequel m’avait notamment fait connaître Henry Bauchau, Rouben Mélik et André Velter…

Afin de  rendre hommage au travail remarquable des P.U.F, soixante-douze intellectuels de notre pays se sont donc exprimés en 2011. Ceux-ci ont réussi à répondre, en général avec originalité, aux interrogations multiples suscitées par leurs positions de philosophes, de sociologues, d’anthropologues, de politologues même. Choisissant au hasard quelques articles ad hoc,  attardons-nous sur les avis de Jacques André (psychanalyste), Chantal Delsol (philosophe), Jean-Luc Marion, l’académicien (professeur à la Sorbonne) et Jean-François Sirinelli (historien).

Chemins de lectures (10) : Houellebecq, la possibilité d'un écrivain

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 14 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Chronique

Rappelez-vous, c’était il y a un peu plus d’un an. On en a eu plein les colonnes des medias du dernier Houellebecq. Pendant des mois, avant, après le Goncourt 2010, le déferlement a été d’une rare intensité !

Cette agitation mondaine autour d’un événement littéraire se situe à mille lieues des livres et des écrivains que nous aimons, de leur sobriété, de leur discrétion. Je n’en citerai aucun, pour ne pas en oublier, mais ils sont quelques-uns, essentiels et (parfois trop ?) modestes.

C’est donc avec une prévention massive que je me suis décidé à lire « La Carte et le Territoire », avec un préjugé franchement négatif bien qu’il me soit arrivé de lire de bons Houellebecq. L’avant-dernier par exemple, « La possibilité d’une île ».

Et puis, livre en main, tout est loin d’être simple. Je suis resté collé à la lecture de bout en bout, sans un instant d’agacement, de rejet ou même de difficulté. Il s’est donc passé quelque chose, il me faut en convenir. En fait rien n’est simple avec ce livre. A commencer par la question rituelle : est-ce un « bon » livre ?

"L'enlèvement de Sabina" de Felicia Mihali (janvier 2012)

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Lundi, 09 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Un roman au carrefour des légendes et des cultures


Un roman au carrefour des légendes et des cultures : L’enlèvement de Sabina de Felicia Mihali (XYZ Editeur, Montréal, 2011, 284 p. )

Pour donner une épouse aux nombreux célibataires du village, les Comans invitent à la fête des Moutons – qui annonce la fin de l’été et le début de la gestation hivernale – les Slavins, leurs voisins, accompagnés de leurs femmes et surtout de leurs files. Sous prétexte d’hospitalité, ils font boire à leurs invités tant de vin que ceux-ci ne pourront pas défendre les seize vierges enlevées lorsque la fête sera rompue. Deux jours plus tard, ces filles - belles ou laides, intelligentes ou pas très malines, calmes ou nerveuses, bonnes ménagères ou paresseuses - deviendront des épouses pas plus fortunées que celles du village d’accueil ou bien du reste du monde. Une vie nouvelle commencera pour Kira, Nafina, Minodora, Flora, Gostana, Sarda, Efstratia, Aspasia, Assana, Teodora, Rada, Olimpia, Vava, Vergina, Zaza et Pantana, qui n’auront d’autre choix que de faire comme toute femme mariée : procréer ; s’occuper du mari, de la maison et de la ferme et, parfois, même des beaux-parents.