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Chroniques régulières

La mère Michel a lu (8), le captif de Mabrouka d'El Hassane Aït Moh

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 05 Mars 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

LE CAPTIF DE MABROUKA, roman, 150 pp., éditions de L’Harmattan, collection Lettres du monde arabe, 2010. 14,50 €.

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De deux nouvelles, la bonne et la moins bonne, les héros des séries policières souvent choisissent de révéler la seconde en premier lieu, réservant la première pour après. Héroïquement, imitons-les.

Il n’est pas bon qu’un éditeur quel qu’il soit «fabrique »  - c’est le terme consacré -  des livres dans lesquels l’inexistant travail de relecture place le lecteur dans de pénibles perplexités : coquilles en nombre suffisant pour être remarquées, orthographe ici ou là aléatoire, modes et aspects des verbes sujets à variations mal explicables et au manque de cohérence… tout cela diminue l’agrément de la lecture, c’est-à-dire sa facilité. Son mouvement naturel vers l’avant en est freiné et tout le monde en pâtit, le lecteur bien entendu, l’auteur qui s’en trouve desservi, l’éditeur enfin dont le sérieux est mis en doute. Pour en finir avec le sujet, ceci : tous ceux qui actuellement traînent leurs guêtres chez les éditeurs savent que le travail très délicat et spécialisé du correcteur d’édition n’est plus qu’exceptionnellement confié à de véritables professionnels, mais la plupart du temps à des stagiaires, à des novices par conséquent, que l’on paye à peine ou pas du tout. C’est d’ailleurs la raison.

Voies de traverse (2) : Chéribibi N°007

, le Dimanche, 04 Mars 2012. , dans Chroniques régulières, La Une CED

 

A l’image de son saint patron, le ChériBibi a une trogne qui ne revient pas aux honnêtes gens, il parle depuis la rue, hante les lieux malfamés, s’écrit sans soutien, sans compromis, le bagout aux lèvres, la plume persuasive et le trait acéré. Rappelons son hymne scandé depuis les tréfonds des bagnes : « Qui qui fait sauter tout l’fourbi ? C’est Chéri-Bibi ! C’est Chéri-Bibi ! ».


Pour cet « Automne érotique », la revue réaffirme avec force sa formule 100 % culture populaire en un format conséquent et dense, fête ses quarante… enfin vingt ans révolus et enjoint ses lecteurs à créer leur propre presse. Musique, littérature, cinéma, bd, illustrations, nouvelles et critiques détonantes de tout poil se pressent dans ce numéro féroce et tentateur où l’on annonce de la « fiction pulpeuse », de la « culture copulaire », « du sexe ! du sang ! de la dialectique ! ».


Ames sensibles s’abstenir, le ChériBibi ne mâche pas ses mots et affiche ses coups de cœur et coups de gueule… sans fausse pudeur. S’avèrent particulièrement savoureuses les chroniques sur Musidora/Irma Vep, l’œuvre de Clovis Trouille, la chanson paillarde en Jamaïque, les films de Lina Wertmüller ou l’analyse des « rape and revenge films ».

A contre courant (1) : Philip Roth

Ecrit par Loredana Kahn , le Vendredi, 24 Février 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

S’il semble difficile de parler de Philip Roth tant sa notoriété est grande, les travaux sur son œuvre innombrables, et sa grandeur quasi intouchable, que dire alors d’une approche qui se permettrait des réserves – venant qui plus est d’une modeste (mais régulière) lectrice ! A 78 ans, on lui a accordé tous les éloges littéraires, il est adulé par des générations de lecteurs et, comme il se doit des vrais « monstres littéraires », détesté par quelques-uns. Il ne lui manque que « son » Nobel (celui-qu’il-mérite-depuis-si-longtemps), annoncé chaque année …

Mais quelle que soit la grandeur reconnue – et incontestable - de Roth comme écrivain, son importance réelle mérite un regard critique, une sorte d’évaluation « post opus » en quelque sorte, le maître étant (il nous l’a assez dit depuis des années dans ses derniers romans) en fin de parcours. Et, comme il se doit d’un regard critique, nous nous attacherons aux manques et imperfections, aux défauts osons le dire, qu’on peut avoir ignorés (ou voulu ignorer) dans nos passions de lecteurs. Dans le cas de Roth, une figure obligée s’impose : alors que son œuvre est immense et diverse, tout regard analytique sur son travail doit commencer par Portnoy et son Complexe, le livre qui a fondé sa notoriété et dont l’ombre sensuelle, lascive hante encore aujourd’hui beaucoup des romans de l'écrivain âgé, ainsi que ceux de ses jeunes « disciples », qu’ils soient américains, français, de partout dans le monde.

Carnets d'un fou - XV

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 18 Février 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 10 février 2012


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

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"[...] le visage de l'imposteur, de celui qui, pour subsister, cherche à plaire à l'insignifiance."

Martin Melkonian, Le Clairparlant

 

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Chronique du sel et du soufre (Février 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Jeudi, 09 Février 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Éloge d’un mousquetaire de la langue

Depuis déjà longtemps, l’écrivain Philippe Barthelet, avec un esprit bien français et un style digne du Grand Prix de l’essai  que l’Académie française lui décerna en 2007, tient  une chronique de défense de la langue française dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. Chaque semaine, il réussit  à tenir en haleine ses fidèles lecteurs avec la pudeur de l’écureuil, le savoir-faire du grand professionnel et la grâce de l’artiste.

Du panache, Barthelet n’en manque assurément  pas. Non seulement il se fait militant infatigable de la langue française non sans audace ni courage, mais encore il se refuse toujours à mettre « la littérature à rude épreuve » et n’hésite pas à se moquer du « langage automatisé que préconisent les ministères », surtout en cette  période d’élections présidentielles où les plus prestigieux de nos candidats à l’Elysée ruent volontiers dans les brancards du style académique…

Nous aimons l’ironie de Philippe Barthelet et son sens inné de la poésie. Pour un magazine comme Valeurs Actuelles, bénéficier de la collaboration fidèle d’un tel essayiste est une permanente aubaine !  Pour cet expert, « le français ne s’apprend pas, il se conquiert » et « le langage est la signature de l’être ».