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Chroniques régulières

La Cause Littéraire -1

Ecrit par Christian Massé , le Mardi, 08 Mars 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques

La notion de "cause" définit la vie littéraire, l'oriente, lui donne une raison d'être, une assise. C'est la notion même de combat, de « au service de ... ». La littérature traduit autre chose qu'elle-même. Madame Bovary. Le journal d’un curé de campagne ne relate pas que le sacerdoce d'un prêtre. Le très-bas ne raconte pas seulement une conversion à la sainteté ... Ces livres sont portés par une langue. Une langue émancipatrice qui nous emmène dans le creuset de la Normandie, au coeur des pâturages ruisselants du Pas-de-Calais et sur les routes d'Assise. Ces trois cas de figure nous poussent au bout du bout de nous-mêmes. Quelque part où gîte une vérité faite pour à la fois mettre un terme à un doute, susciter l'espérance d'une certitude, sans ne jamais poser de point final. Le littéraire s'auto-alimente d'un élan vital, irrévocable, d'un chemin d'où il est impossible de faire demi-tour. Tout au plus, lui tourner le dos. Ce qui est écrit est  posé en acte défini en connaissance de cause. Ce n'est pas qu'une simple histoire de femme frustrée.

La notion de cause (cause à défendre ?) suggère une certaine dualité de l'écrivain : être solitaire, être solidaire. Gustave Flaubert, l'ours de Croisset, solidaire d'Emma Bovary.

Libanostalgies

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Mardi, 08 Mars 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Chronique régulière

Je ne crois pas aux coïncidences.  « La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a », nous dit un vers de Prévert, mais en ce début de décembre je cherche à savoir pourquoi le destin a laissé pour la fin de l’année la plus belle de mes découvertes : le Liban.

De retour au pays, dans le train qui traverse la plaine moldave couverte de neige, un livre d’Amin Maalouf à la main [1], je regarde le soleil qui se couche derrière les Carpates et je pense à la douceur du soir  à Byblos, où le même astre répandait tout son sang dans la Méditerranée.

Coïncidence ou pas, un voyage professionnel à l’Ecole des Traducteurs et Interprètes de Beyrouth (ETIB) de l’Université Saint-Joseph m’a servi de tremplin pour une initiation que j’attendais depuis longtemps : l’Orient. Bien avant moi, le Roumain Panait Istrati – cet incorrigible voyageur dans  l’Empire Ottoman et le pourtour méditerranéen – s’était laissé séduire par la beauté de cet espace.

Chronique du sel et du soufre (mars 2011)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 23 Février 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Chronique du sel et du soufre

 

MORIN, MAURIAC, SZASZ, QUELLE VOIE ?

 

Le dernier livre d’Edgar Morin, La Voie (1) est sans doute  l’ultime tentative de cet étrange vieillard indiscipliné pour tenter d’énoncer pour tous et de synthétiser sa pensée sur la mondialisation actuelle au cœur de laquelle il identifie le pire et le meilleur. Pour Morin, le pire n’est pas sûr, car, ainsi que le dit Hölderlin « Là où croit le péril, croît aussi ce qui sauve ».

Soulignant que désormais tout est interdépendant, mais « en même temps séparé », Edgar Morin tente dans cet essai foisonnant (parfois trop ?)  de réunir le dispersé, de ne jamais abandonner un certain principe universaliste, de saluer la richesse humaine des diversités culturelles tout en maintenant l’éloge de la « Terre-patrie » qui permet de défricher une communauté de destin.