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Chroniques régulières

Voies de traverse (8) - Comment attirer le wombat, Will Cuppy

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Comment attirer le wombat, Will Cuppy, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frédéric Brument, How to Attract the Wombat, Editions Wombat, octobre 2012, 208 pages, 18 €

 

Will Cuppy fut un original, un exilé parmi les autres hommes, un critique de talent et un humoriste hors pair. Sa vision du monde oscille entre mélancolie et lucidité féroce. Acharné de recherches exhaustives, d’archives et de détails insolites, il s’est lancé, en moraliste moderne, dans une œuvre incroyable : une galerie animalière présentée sous la forme de courtes vignettes au ton singulier, surprenant, inégalé. Les éditions Wombat nous présentent le troisième volet de cette œuvre, consacrée à leur animal totémique : le wombat. Bien malin, celui qui saurait dire, aujourd’hui comme hier, ce qu’il sait de cet amical marsupial si mystérieux… La superbe première de couverture nous dévoile un être charmant porteur de charentaises ‒ l’exotisme dans un fauteuil en somme ‒ et la quatrième la silhouette des autres protagonistes : L’opossum, L’oie, Le kiwi, L’escargot… Mais laissons Cuppy cingler notre vaste incurie en la matière et prenons conscience de ce fait essentiel.

Le roman battra-t-il le livre religieux ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 24 Octobre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Souffles... (In "Liberté")

 

Pourquoi est-ce que le lecteur algérien se réconcilie, de plus en plus, avec le roman ? Un nouveau vent souffle dans le ciel des amies et des amis des lettres.

Appuyé sur les restes de quelques traditions de la classe moyenne, le roman algérien en langue française a un certain lectorat. Ainsi, dans le milieu de ce groupe socioculturel, même modeste, le roman constitue une sorte d’attente littéraire, une curiosité intellectuelle. Mais ce qui est nouveau et remarquable, ces derniers temps, c’est ce bon accueil réservé au roman algérien de langue arabe. Cette lecture arabophone montante d’un côté, s’est vue suivie d’une chute de la lecture du livre religieux propagandiste de l’autre côté. Sociologiquement parlant ce comportement livresque est un phénomène historique. La vérité est dans le roman. La vérité littéraire est philosophique, si vérité y existe. Si la vérité mensongère du roman est libératrice pour l’imaginaire, la vérité historique est proportionnelle et moralisante. Parce que le livre historique proposé à nos lecteurs, dans nos écoles et dans nos universités, n’est que le miroir renvoyant l’image de l’idéologie dominante du système depuis cinquante ans, les Algériens se libèrent dans le roman. Se réfugient, de plus en plus, dans le bon roman.

La chronique du sel et du soufre (Octobre 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 17 Octobre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Sachons lire et écrire

 

In memoriam en arabe et en français ? En juin 1939, lors d’une enquête effectuée en Kabylie, Albert Camus écrivait : « Il n’est pas de spectacle plus désespéré que cette misère au milieu du plus beau pays du monde ». En effet. J’ai songé à cette phrase, à cette clef, en lisant avec émotion les récits d’Algérie de Dominique Dussidour (1) que le Service de Presse bien inspiré des éditions de La Table Ronde vient de m’adresser.

Chemin faisant, je me suis demandé – logique du raisonnement – ce qui faisait qu’un journal de voyage était frappant ou non. Quelle alchimie secrète faisait qu’un cahier d’observations soit bouleversant ou sans grand intérêt, selon les mots et les images, et non point seulement selon les idées. Alors, j’ai repris l’œuvre de Camus, encore lui, quand il souligne qu’il faut être deux lorsqu’on écrit pour toucher au cœur et que le grand problème devient en littérature française la bonne traduction de ce que l’on sent en ce qu’on veut faire sentir au lecteur. Et Camus de préciser : « Nous appelons mauvais écrivain celui qui s’exprime en tenant compte d’un contexte intérieur que le lecteur ne peut connaître ». L’auteur médiocre, par là, est amené à dire tout ce qui lui plaît. La grande règle de l’artiste, au contraire, est de s’oublier à moitié au profit d’une expression communicable (nous soulignons à dessein la seconde partie de la phrase).

La Cause Buissonnière (8) : Bonbek

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 14 Octobre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Aaaaaah », « Grrrrrr », « Beurk »… voilà à quoi vous vous exposez cet automne avec le dernier numéro de la revue Bonbek, « la revue pour enfants qui rend jaloux les parents » ! Vos enfants vont hurler de peur et de rire en se saisissant de cet objet de convoitise qui renvoie au placard les publications bêtifiantes et les « jolies histoires ».

Au programme de ce numéro totalement déjanté, il y a des MAXi-plantes et des MAXi-frousses, un Monstrorama, des Monstres à dessiner et à habiller, d’horribles et succulentes recettes, un jeu d’ombres chinoises à vous faire frissonner dans vos chaumières, une BD, une petite histoire et une grande en version bilingue, qui font peur bien entendu… Les dessins et illustrations regorgent de créatures terrifiantes et bizarres. Le design et la réalisation technique de la revue sont tout simplement parfaits. Plein d’humour et de jeux de mots, Bonbek décoiffe et offre à ses lecteurs un cocktail très réussi : leurs goûts, leurs thèmes favoris s’y trouvent mis en valeur avec une exigence rare et un refus total du conformisme ; ainsi la rubrique Demande à ta mère :

La Mère Michel a lu (12) - L'an dernier à Jérusalem de Myriam Sâr

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 11 Octobre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

« La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte ».

 

L’An dernier à Jérusalem

par Myriam Sâr / Sarah Vajda

160 pages

Prix : 16 €