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Chroniques régulières

Nomade d'avoir parcouru le monde : "Chaman" de Galsan Tschinag

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 23 Novembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

« Aussi je l’avoue : je ne sais toujours pas qui je suis ».

 

Le dernier roman de Galsan Tschinag n’est peut-être qu’un rêve. Un « rêve opiniâtre », dit-il. Celui d’un chef du peuple Touva en Mongolie qui après avoir parcouru le monde décide de revenir sur les terres de son enfance. Et quand c’est à moi de parcourir les pistes qui traversent les immensités mongoles, je crois aussi rêver.

« Regarde le ciel. La steppe. Le fleuve. Et le rocher abrupt, là. Les montagnes, de l’autre côté, et celles qui sont plus loin à droite et à gauche ».

La mère Michel a lu (13) - Rire et colère d'un incroyant

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 21 Novembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

« La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte ».

 

RIRE ET COLÈRE D’UN INCROYANT

De René POMMIER

Essai, 96 pp., 13 €, Éditions KIMÉ, 2012

 

Des fabuleux monothéismes en usage

La théologie : « Comme on sait, elle traite avec une minutieuse exactitude de l’inconnaissable ».

Anatole France

La chronique du sel et du soufre (Novembre 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 20 Novembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Des communions émotionnelles

 

Le dernier essai de Michel Maffesoli Homo eroticus (1), justement sous-titré en toute pertinence Des communions émotionnelles, défend avec brio l’idée que la « mue des temps » nous a fait redécouvrir récemment ce qu’il appelle justement « les communions émotionnelles ». L’objet de sa réflexion d’Éros philosophe est bien là. N’oubliant pas que « l’érotisme social repose sur l’intensité » (sic), notre sociologue observe, par delà les holismes antiques ou du New Age, que c’est toujours sur la ré-émergence des mythes que se fonde « le soubassement de la socialité postmoderne ». Mais au delà de l’idéal communautaire, il en arrive peu à peu à définir le rôle capital de l’émotionnel, de l’affectuel, de la passion toujours à l’ordre du jour pour montrer (« monstrer ») la vitalité et les conséquences d’une société en « véritable grouillement culturel, comme cela se produit lors des changements d’époque ».

La cause Buissonnière (9) - Des classiques réinventés (1)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 13 Novembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Les classiques demeurent une source inépuisable pour notre imaginaire. Les auteurs s’en emparent et recréent, parodient, transcendent leur objet, métamorphosent leur forme ou bien leur offrent simplement une nouvelle vie en les réinterprétant. Lire un classique consiste également pour le lecteur à réinventer des trames connues ou à en découvrir certaines méconnues. Dans notre panier de classiques du jour, un roman sur l’amitié, un Roman de Renart fidèle aux origines, des Fables sublimement illustrées et un melting-pot de contes déjantés.

 

La Forêt des cœurs glacés présente une histoire d’amitié authentique et touchante revisitant le conte La Reine des neiges d’Andersen ‒ et le bien connu Narnia du même coup. Le récit emporte son lecteur dans son rythme trépidant et révèle ses secrets avec finesse. Rosalind Elland-Goldsmith nous fait accéder à l’écriture d’Anne Ursu, précise sans être pesante, faite d’images sensibles et d’une réelle consistance, une belle langue où il fait bon se laisser prendre.

Sur une symphonie d'Oleg Ermakov, fuyons en Sibérie !

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Pastorale transsibérienne, Oleg Ermakov, Editions Jacqueline Chambon, 2004, 304 pages, 20 €

 

« La proximité de la nature pouvait-elle apporter la liberté ? »

Oleg Ermakov fut forestier dans une réserve naturelle du lac Baïkal avant d’avoir à réaliser son service militaire. Devenu écrivain, dans sa Pastorale sibérienne il lance son personnage dans une fuite que rien ne semble pouvoir arrêter. Mais, au juste, à quoi veut-il échapper ? Comme c’est en marchant qu’il tentera de répondre à ces questions, à sa suite, je longe le lac Baïkal jusqu’à la réserve de Baikalo-Lenskiy, je regarde un lac différent tous les matins et pars sur les traces de Daniel Menchikov.

« La taïga descend en vagues verdoyantes. Au loin, elle se confond avec la mer, il faudrait être idiot pour dire le lac ».